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L’Epervier du Mandé, l’Inspecteur principal Papa Mambi Kéita, a enfin réussi à mettre le grappin sur Amadou Diallo, le chef du gang des coupeurs de route de Kassaro. C’était le mercredi 13 juin 2008, dans un hameau situé à trente kilomètres de Sikasso, vers la frontière du Burkina Faso, Kassaro.

Après un braquage survenu le 10 mai dernier et au cours duquel le gang des coupeurs de route de Kassaro a dépouillé de tous leurs biens, argent et bijoux, les membres d’un convoi, dont plusieurs responsables administratifs et politiques, qui revenaient d’une manifestation ayant eu lieu à Kassaro, mission avait été donnée à l’Epervier du Mandé de retrouver les coupables.

Lors d’une première descente sur les lieux, le limier du 3e arrondissement a cueilli, non sans peine, trois membres du gang et saisi une partie du butin emporté. Cependant, le chef de gang restait introuvable. Au cours d’une deuxième descente, l’Epervier du Mandé a manqué d’un cheveu Amadou Diallo, mais arrêté trois autres suspects, dont un jeune berger qui travaillait pour lui.

L’Epervier du Mandé était sous la pression de sa hiérarchie, qui n’était pas du tout satisfaite du résultat obtenu. Il lui fallait à tout prix prendre Amadou Diallo, un individu connu pour ses nombreuses évasions et déjà condamné cinq fois par contumace à perpétuité, qui s’était fait la belle de prison autant de fois.

Principal organisateur de l’évasion collective de la prison de Niafunké dans les années 90, il multipliait les braquages minutieusement planifiés sur les tronçons Sikasso – Bougouni – Bamako, Kolokani – Djiédéni et Sébékoro-Kassaro. Les membres de son gang ne sont autres que ses anciens amis, eux aussi évadés de prison. Fort de ses talismans, il avait la réputation d’être inattaquable.

Grâce à la coopération du jeune berger, l’Epervier du Mandé a pu organiser une troisième descente à Kassaro. C’est ainsi qu’il quittera Bamako aux environs de 22 heures, en compagnie de cinq de ses meilleurs éléments. Une fois sur les lieux, il a mit les repaires des bandits sous haute surveillance. C’est ainsi qu’il apprit qu’Amadou Diallo se trouvait dans la hutte de l’un de ses amis, à trente kilomètres de Sikasso, vers la frontière du Burkina Faso.

A cause du mauvais état de la route, l’Epervier du Mandé et les cinq éléments de la Brigade de recherches du 3e arrondissement durent louer des motos pour s’y rendre. Dans une opération spectaculaire, les policiers purent surprendre et maîtriser Amadou Diallo et son ami, qui s’est révélé être son complice par la suite.

Au moment de son arrestation, les policiers ont saisi sur Diallo une quantité importante de fétiches et autres talismans censés le rendre invulnérable. Les deux malfrats ont déjà été présentés devant le Procureur de la République du Tribunal de la Commune II.

Pierre Fo’o MEDJO

19 Juin 2008