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Le président sortant plaide pour une élection des députés de l’UEMOA au suffrage universel direct

Le Comité interparlementaire de l’Uemoa (CIP-UEMOA) tient, depuis hier mardi 24 mars, à l’hôtel Radisson, les travaux de sa 23ème session ordinaire. La cérémonie d’ouverture a été marquée par la présence du ministre des Maliens de l’extérieur et de l’intégration africaine, Dr Badara Alou Macalou, aux côtés du président de la Commission de l’UEMOA, Soumaïla Cissé et du président du CIP, Mélégué Traoré. Les députés membres du CIP venant des huit pays membres de l’UEMOA sont au grand complet pour cette session qui doit élire un nouveau bureau, demain dans l’après-midi.

Face à la crise financière et économique, approfondissons l’intégration», «construisons notre espace communautaire avec la participation des peuples à travers leurs élus». Tels sont les deux messages-clés que les membres du CIP ont voulu partager en marge des travaux de cette 23ème session ordinaire à travers deux géants banderoles géantes exposées dans la salle Baobab de l’hôtel Radisson.

En effet, cette session se tient dans un contexte marqué par la crise mondiale face à laquelle l’intégration est l’une des alternatives pour notre sous-région pour y résister.

La présente rencontre de Bamako doit alors consolider l’engagement des pays membres de l’Union à accorder une place de choix au CIP, qui, mis en place en 1998, est la première institution parlementaire d’une organisation d’intégration à avoir fonctionné en Afrique. Depuis lors, beaucoup d’autres organisations parlementaires ont emboîté le pas.

Cependant, le président du bureau sortant du CIP, le Burkinabé Mélégué Traoré n’a pas manqué la cérémonie d’ouverture pour exprimer sa conviction, selon laquelle «le CIP comme organe parlementaire de nature consultative avait fait beaucoup en quelques années, mais que de toute évidence, il avait atteint ses limites».

Il dira que dès à présent, s’instaure une réflexion qui ne porterait pas seulement sur le passage institutionnel au parlementaire, mais qui prend en compte la perspective d’élire les députés de l’UEMOA au suffrage universel direct dans les prochaines années. «L’UEMOA ne pourra pas longtemps échapper à cette mutation que la CEMAC, à l’instar de la CEDEAO, a engagée», a-t-il ajouté.

La session qui se déroulera jusqu’au 31 mars sera maquée par l’exposé du président de la Commission de l’UEMOA, Soumaïla Cissé, sur le rôle et le fonctionnement de l’Union.

L’agenda de la rencontre prévoit également les exposés des commissaires, les traditionnels travaux de sous-comités et surtout le renouvellement du bureau qui interviendra le jeudi 26 mars.

Sur ce dernier point, le président sortant, Mélégué Traoré, s’est félicité du fait que l’organisation n’a jamais connu de tiraillements dans ce domaine. Et a tenu à rassurer, à l’avance, le nouveau bureau de toute sa disponibilité pour l’accompagner.

Il a de même tenu à souligner qu’au cours de son mandat, l’une de ses priorités a été l’amélioration constante des rapports avec la Commission, notamment son président.

Il s’agissait d’approfondir et de rendre fluide le dialogue et la franche collaboration entre le CIP et la Commission. «Cela a été possible, avec la disponibilité constante et la compréhension dont a fait preuve Soumaïla Cissé et les Commissaires chargés des transports et celui des politiques fiscales et douanières», a soutenu Mélégué Traoré.

Autre action menée par le bureau sortant, le fonctionnement intense et de son action dans le cadre d’un esprit de famille typique au Comité interparlementaire.

Il est convaincu que les innovations introduites dans l’organisation et le fonctionnement du CIP étaient indispensables et qu’il faut aller plus loin, à l’instar du parlement de la CEDEAO en instaurant un système de saisine du CIP par les organes de l’Union aux fins de recueillir leur avis consultatif afin de donner un contenu plus effectif à sa nature actuelle.

Le bureau sortant a aussi souligné l’importance de la formation sur des thématiques comme le rôle des parlements dans la gestion des migrations, la place des assemblées parlementaires dans le processus d’intégration, la diplomatie parlementaire, l’observation des élections, les accords de partenariats économiques….

Chahana TAKIOU

25 Mars 2009