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A l’approche des élections du 23 décembre, l’enjeu agricole s’impose dans la campagne électorale en République démocratique du Congo dont les sous-sols regorgent de richesses en minerais mais où les terres sont souvent laissées en jachère. Quatre-vingt millions d’hectares de terres arables, dont 10% seulement seraient cultivées: la statistique se vérifie en tous cas à l’oeil nu quand l’avion se pose à Kinshasa, avec des terres limoneuses et souvent vierges le long des méandres du fleuve Congo. « Nos terres sont parmi les plus fertiles du monde », déclarait à l’autre bout du pays le gouverneur du Tanganyika (sud-est) en recevant des journalistes en mars dernier. Et pourtant, le pays est aujourd’hui un importateur net de denrées alimentaires. Et six à sept millions de Congolais ne mangent pas à leur faim, selon des sources humanitaires. Le candidat de la majorité, Emmanuel Ramazani Shadary, a promis de faire de l’agriculture un des piliers de la diversification de l’économie avec le tourisme.Un de ses principaux rivaux de l’opposition, Martin Fayulu, s’est engagé à « décréter l’État d’urgence agricole pour que plus aucun Congolais ne meurre de faim dans un an ». Pour sortir de la petite agriculture de subsistance, l’actuel pouvoir du président Joseph Kabila a tenté la carte de l’agro-industrie en inaugurant en 2014 le parc de Bukanga Lonzo, à 220 km à l’est de Kinshasa. – « Tout coûte très cher » – Ce projet pilote sur 75.000 hectares devait être le premier d’une vingtaine dans le même genre, avec l’aide d’un partenaire sud-africain, Africom Commodities. Mais depuis, la production est au point mort. « Après un départ timide, ce parc renaît de ses cendres », a assuré en juin dernier la chaîne d’État RTNC dans un reportage niant toute fermeture. Africom a plié bagages l’an dernier et a saisi en juillet une « Cour internationale d’arbitrage de la Chambre de commerce internationale à Paris » pour réclamer au gouvernement congolais 20 millions de remboursement…AFP