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L’infrastructure est bien en-deçà des espérances à la l’origine de sa création

L’abattoir frigorifique de Koutiala a été inauguré le 29 juin 1998 et il a été financé par le Fond japonais (KRD). Il a été construit sur une superficie d’un hectare à trois kilomètres du centre ville sur la route de San. Il emploie 16 travailleurs permanents dont un gardien, sous l’autorité d’un administrateur provisoire en la personne de Sinaly Dembélé. A son inauguration, la capacité d’abattage était estimée à 20 bovins et de 120 caprins par jour.

jpg_une-648.jpgLes populations étaient très enthousiastes en voyant cet édifice qui faisait leur fierté. La mission première de l’abattoir de Koutiala est de fournir à la population de la viande dans des conditions sanitaires qui répondent aux normes hygiéniques. Ce qui constitue un facteur de santé, donc de développement. La gestion de l’abattoir est confiée à une administration provisoire, placée sous l’autorité de la Direction nationale des productions et des industries animales (DNPIA) et la supervision d’un Comité de pilotage. Aujourd’hui, force est de reconnaître que l’infrastructure est bien en deçà des espérances qui ont été à la l’origine de sa construction. La capacité d’abattage est actuellement de 14 bovins et de 55 caprins par jour pour 64 bouchers.

Cette quantité est très insuffisante pour les besoins des populations. Ceci veut dire que ce n’est pas chaque boucher qui a la possibilité d’abattre 01 animal par jour ; donc ils s’associent pour le faire. Le marché est mal fourni en raison aussi des abattages clandestins contre lesquels se battent le service vétérinaire. L’abattoir ne produit pas seulement de la viande pour la consommation des populations. Il produit également les sous produits comme : la peau, le sang, les cornes, les sabots, la bouse et les brisures d’os. Alors que font les gens avec ces produits dérivés ? Ibrahim Bah, hygiéniste et Tiompé Coulibaly tous jardiniers utilisent les sabots, les cornes et le sang, le tout mélangé pour obtenir de la fumure organique. C’est à l’abattoir qu’ils se ravitaillent. Selon eux la quantité est très faible pour satisfaire leurs besoins.

Néanmoins ils travaillent en étroite collaboration avec le personnel de l’abattoir. Moussa Ouédraogo, spécialisé dans le commerce des peaux est du même avis quant à l’insuffisance des sous produits. Dans le temps il pouvait se procurer 90 à 100 peaux par jour : mais aujourd’hui avec 12 ou 14 peaux par jour, il tourne au ralenti. Le souhait de Moussa est de pouvoir vendre les cuirs non seulement au Mali, mais aussi avoir la possibilité de les exporter hors du pays. Son travail devient encore plus difficile dans la mesure où il lui faut préfinancer les bouchers pour obtenir la peau de l’animal qu’ils abattent. Ce qui nécessite assez de fonds. Les aviculteurs trouvent aussi leur compte dans l’utilisation des sous-produits de l’abattage. C’est le cas de Bréhima Koné, travailleur de la Mairie à la retraite. Il travaille dans le domaine.

Quand il a été conseillé de se ravitailler en bouse de vache et en brisures d’os à l’abattoir, il ne savait pas comment. Ceux qui se trouvaient dans le métier lui ont appris les techniques de base. De nos jours il ne se plaint pas. Il récupère régulièrement à l’abattoir de la bouse de vache et de la poudre d’os pour alimenter ses poulets. A son humble avis l’élevage des poules nourrit son homme. Cependant, il se plaint de ne pas avoir la quantité dont il a besoin. Bréhima Koné va plus loin en invitant les populations à consommer plus de viande pour que l’abattoir soit en mesure d’abattre assez d’animaux ; condition sine quoi non pour obtenir plus de sous-produits. Selon l’administrateur provisoire, Sinaly Dembélé, l’abattoir frigorifique de Koutiala a vieilli, le matériel est vétuste.

Ce qui constitue un handicap pour les travailleurs. Aussi il déplore la faible capacité du groupe électrogène qui alimente les installations, l’abattoir n’étant pas alimenté en électricité par l’EDM. L’adduction d’eau est assurée par un forage avec château. A tous ceux-ci il faut ajouter le manque de produits pour traiter le sang pour des besoins comestibles. Dans tous les cas l’abattoir mérite une attention particulière vu le rôle important qu’il joue dans le cercle, voire la sous région, a-t-il conclu. En effet l’abattoir frigorifique de Koutiala a une capacité de fournir de la viande saine aux populations de Koutiala, mais aussi de ravitailler toute la région de Sikasso, même de Ségou.

O. Dembélé (AMAP-Koutiala)

L’Essor du 11 avril 2012