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Interdit par la Constitution de se représenter pour un troisième mandat à la présidence de la République et à moins d’être tenté de modifier celle-ci, comme l’Algérien Boutéflika l’a fait récemment et d’autres chefs d’Etats africains avant lui, le président ATT pourrait être tenté de jeter son dévolu sur son actuel Premier ministre pour lui succéder. Celui-ci a tout d’un présidentiable, mais son aptitude à être candidat est surtout lié à sa capacité à relever les défis majeurs inscrits dans le PDES et aux relations qu’il saura fructifier avec les formations politiques de la constellation pro ATT

Depuis le dernier congrès de l’Adema, parti dominant au Mali et le mieux représenté à l’Assemblée nationale, le nom du futur successeur du président Amadou Toumani Touré fait l’objet de supputations, de conjectures quand il n’alimente pas la chronique politique. Aucun fait et geste des principaux acteurs du landernau politique ne passe inaperçu. Tout est commenté et passé au peigne fin.

Dans l’imaginaire populaire, Soumaïla Cissé est connu comme étant le candidat naturel de son parti à la présidentielle prochaine. IBK est incontestablement le candidat de la formation politique qu’il préside, le RPM. A l’ADEMA, la double position de président du parti et de l’Assemblée nationale fait de Diouncounda Traoré le candidat potentiel le mieux placé de cette formation.

Quid de l’actuel Premier ministre Modibo Sidibé ? Personne ne peut dire avec certitude qu’il sera candidat pour succéder à ATT. Mais, il pourrait bien l’être à condition, d’abord, qu’il réussisse sa mission de chef du gouvernement et qu’il jouiisse d’une certaine longévité à ce poste.

Pour le moment, il semble bien parti avec l’opération « Initiative riz » qui est en passe d’être couronné de succès. Près de 1,6 million de tonnes de riz non décortiqué est attendu. Plusieurs fois, le Premier ministre Modibo Sidibé a fait le déplacement dans les zones paysannes pour s’imprégner des difficultés et y apporter les solutions idoines.

C’est ainsi qu’il a pu solutionner les débuts difficiles de cette opération marqués par l’insuffisance des semences et des engrais. Récemment encore, il est retourné auprès des paysans pour les derniers réglages de la récolte. Les multiples contacts de Modibo Sidibé avec les paysans cachent, aux yeux de certains observateurs, une arrière pensée pour Koulouba 2012.

L’autre signe apparent de cette éventualité est l’union sacrée, scellée la semaine dernière, par le Mouvement citoyen de Ahmed Diane Séméga et l’Alliance des Mouvements et Associations de soutien à ATT, dirigée par le bouillant Amadou Goïta, un ancien de l’AEEM (Association des Elèves et Etudiants du Mali).

Cette dernière entité militera désormais au sein du rassemblement qui a cru en ATT en 2002 et qui a largement contribué à son retour au pouvoir. Le Mouvement citoyen ne vit et n’existe que par le nom d’ATT. Il est en train de se réorganiser pour participer aux communales et pourquoi pas à la présidentielle de 2012. Or quand on sait que ATT ne sera sûrement pas candidat à sa propre succession, Modibo Sidibé apparaît comme celui à qui pourrait profiter cette nouvelle dynamique.

Le troisième aspect qui pourrait corroborer l’éventualité de la candidature de Modibo Sidibé en 2012 est la composition du Comité Exécutif de l’ADEMA. Sur ses 80 membres, une trentaine sont des directeurs nationaux ou des directeurs régionaux : Yacouba Diallo (ACI) Zoumana Mory Coulibaly (Bureau du pétrole de la Douane) Moussa Makan Sissoko (ANPE) Adama N. Diarra (Fonds de Solidarité) Alassane Ag Ahmed Moussa (Contrôle financier) Oumou Traoré (N°2 de l’ACI) Dramane Dembelé (directeur national de la Géologie et des Mines) Cheick Diaby (directeur régional de l’Agriculture à Mopti) Makan Aliou Tounkara (directeur des Eaux à l’EDM) Mohamed Ibrahim Cissé (directeur régional de l’Agriculture à Tombouctou)…

A ceux-ci s’ajoutent les cinq ministres ADEMA : Ibrahima N’Diaye, Sékou Diakité, Tiémogo Sangaré, Aghatan Ag Alassane, Fatoumata Guindo, les membres des Cabinets ministériels (Diala Dagnoko, Mme Zouré Fadimata Maïga, Lancéni Togola et autres) sans oublier ceux qui sont conseillers techniques à la présidence de la République. Amadou Sora, Attaher Ag Iknana, Harouna Cissé. Il y en a qui occupent des postes importants au sein de la haute administration à l’image de Soumeylou Boubèye Maïga, PCA de l’APEJ et de Marimanthia Diarra, PCA de la BCS.

Rares sont ceux parmi ces personnages qui peuvent se prévaloir d’une conviction politique. Ils tiennent à leurs postes comme à la prunelle de leurs yeux. Ils pourraient donc constituer le noyau dur d’un mouvement visant à mettre l’ADEMA au service d’un dessein présidentiel de Modibo, nonobstant la déclaration récente de Dioncounda Traoré indiquant que le candidat de ce parti ne viendra pas de l’extérieur. Comme ce fut le cas pour ATT en 2002, et surtout 2007. Ce noyau dur pourrait être renforcé par des élus (députés et maires, membres du Comité Exécutif) plus proche d’ATT que de leur propre parti.

L’URD de Soumaïla Cissé, le CNID de Me Mountaga Tall et des formations lilliputiennes telles l’US-RDA, le PSP, le PCR, le RDS, l’UDD (dont le leader Me Hassan Barry vient d’être nommé ambassadeur à Conakry) pourraient, eux aussi, connaître des schismes, voire pour les dernières, nommées, des ralliements purs et simples au profit d’une éventuelle candidature de Modibo Sidibé.

Ce qui est sûr, c’est que l’actuel chef du gouvernement a été préparé à la fonction présidentielle. En effet, depuis 1991, il évolue au sommet de l’Etat : directeur de cabinet du président du CTSP (Comité de Transition pour le Salut du Peuple) puis ministre de la Santé et des Affaires étrangères durant le double quinquennat du président Konaré. Ensuite, il sera secrétaire général de la présidence avec rang de ministre durant le premier mandat d’ATT avant d’être Premier ministre depuis septembre 2007.

C’est dire qu’il fait partie des personnes qui connaissent le mieux les rouages de l’administration et les hommes qui les animent et qu’il a de réelles chances de succéder à ATT s’il décidait de franchir le pas dans cette direction.

Côté horoscope, Modibo Sidibé, né le 7 novembre 1952, a comme signe astrologique le Scorpion. Le natif de ce signe, selon les astrologues, est très énergique et intelligent. C’est un être loyal qui n’accepte pas être dupé par les autres.

Il est difficile à cerner car il est secret et d’une nature complexe. C’est un idéaliste qui se dévoue corps et âme à une cause qu’il croit juste. Le signe zodiaque de Modibo Sidibé le dépeint comme suit : il est d’une nature gentille et généreuse mais peut aussi se révéler très dur, voire méchant s’il se sent attaqué ou bien trahi. Il aime être respecté et ne montre pas facilement ses sentiments.

Lorsqu’il a une idée en tête, le Scorpion ne la change pas ! Par ailleurs, il ne supporte pas la domination et demeure toujours totalement indépendant, ce qui ne l’empêche pas d’exercer un pouvoir autoritaire sur son entourage.

Chahana TAKIOU

17 Novembre 2008