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Malgré la nouvelle de l’avancée au-delà de Douentza, les populations de Konna et Mopti restent sereines. Sécurisés par des militaires prêts à se battre avec un arsenal de guerre impressionnant, les habitants disent qu’il n’y a pas lieu de paniquer. Un bon présage pour l’armée à la veille de la reconquête des régions du Nord.

Depuis l’annonce de la fin de l’offre de cessation des hostilités d’Ançar Eddine, synonyme de « déclaration de guerre », la semaine dernière, des craintes d’une descente des terroristes vers le Sud du pays avaient commencé à gagner certaines populations de Mopti.

Le lundi 7 janvier, « la frayeur » a gagné en intensité avec l’annonce de la progression des combattants d’Iyad Ag Ghaly, aperçus en mouvement vers la localité de Boré. Dans cette petite bourgade, distante d’une cinquantaine de kilomètres de Konna, les islamistes en grand nombre ont rendu visite à l’imam et lui ont signifié les raisons de leur présence dans le village.

« Nous sommes venus vous enseigner l’islam ». Première mesure, « ils ont exigé à tous les hommes de couper leurs pantalons. Et aux femmes de couvrir sérieusement leur tête à défaut mettre le voile », selon un transporteur.

Dernière ville avant Douentza, Konna, situé à une cinquantaine de kilomètres de Sévaré, abrite une base importante de l’armée malienne était sur le qui-vive. Les informations véhiculées par RFI avaient commencé à créer une psychose chez les populations qui, malgré tout, ont vaqué à leurs occupations comme si rien n’était. Selon un personnel de santé joint au téléphone, les boutiques, les petits commerces ont ouvert. Les élèves ont continué à étudier. En un mot : le trafic était dense.

Des tirs de sommation

Pour un élu municipal de Konna, la ville n’avait rien d’anormal. « Aucune autorité, aucun habitant n’a plié bagage pour une autre localité. Cela prouve à suffisance que les populations croient en leur armée », commente un directeur d’école. Pour lui, pour plus de sécurité, les directeurs ont laissé partir les élèves à la maison à cause des tirs de sommation de l’armée.

La sérénité retrouvée des populations est due à l’arsenal impressionnant déployé par l’armée malienne avec des militaires prêts à se battre. « Ils nous ont donné confiance et on croit en eux, ce qui fait qu’on leur porte tout notre crédit », dit un pompiste joint également au téléphone hier matin. A Sévaré, QG de l’armée, c’était aussi le calme. Les populations, comme à Konna allaient et venaient tranquillement.

Une source militaire, basée à Sévaré, affirme la détermination de l’armée malienne à en finir avec les groupes armés qui n’a jamais été aussi claire qu’aujourd’hui. Pour s’enquérir de la mise en place du dispositif à Konna, il nous revient que la hiérarchie militaire y a fait le déplacement. Ce qui a davantage réconforté la troupe.

Amadou Sidibé

Les Echos du 9 Janvier 2013