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Après avoir échoué à se faire chasser du Parena, Konimba Sidibé a fini par claquer la porte, créer son parti et se lancer dans la course. Vocation tardive ou baroud d’honneur ? Voire…

Le Baninko était content d’avoir un de ses fils dans la course pour la présidentielle. Mais, il ne le lui rendra pas, car son score n’était pas des meilleurs, même chez lui.

Très peu de Maliens ont pu lire Konimba Sidibé. Il a été le seul (officiellement en tout cas), à s’opposer au projet de fusion Adéma-Parena et à tous les autres projets du parti, menaçant à chaque fois de claquer la porte. En fait, il a cherché la confrontation, la radiation, mais le parti a esquivé, louvoyé et cédé. En désespoir de cause, Konimba a démissionné.

A 57 ans (il est né le 18 octobre 1956 à N’Djiballa, dans le cercle de Dioïla), Konimba Sidibé, abandonne les seconds rôles pour voler de ses propres ailes. Il lance le Mouvement pour un destin commun (Modec) et se lance dans la course pour Koulouba. La liste des « départs« de Konimba est parmi les plus longues : Cnid, Parena et maintenant Modec. Il a un credo assez évocateur : « faire la politique autrement et exercer le pouvoir politique autrement« .

Une générosité sujette à caution

Logiquement, il ne passe pas le cap du 1er tour et se retrouve à soutenir… logiquement IBK. Logiquement, puisque, le Parena étant de l’autre côté, la logique lui impose le côté opposé. Konimba Sidibé peut arguer des années de militantisme avec IBK au sein de la Fédération des étudiants d’Afrique noire en France (FEANF) ou encore à l’Association des étudiants et stagiaires maliens en France (AESMF).

Ancien ministre chargé du Contrôle général de l’Etat, député élu à Dioïla, Konimba a quitté le Parena en avril, fondé son parti pour être candidat, le tout en l’intervalle de 3 mois.

Visiblement, l’honorable se découvre, un peu sur le tard, un destin de leader qu’il aura du mal à déployer. En bon économiste, les habitants de son Baninko natal lui reprochent déjà d’être « trop près de ses sous« . Or, diriger un parti politique équivaut d’être à même de pouvoir offrir des emplois, des perspectives. Les militants ne vivent pas que de promesses. Ils veulent du concret, et ne sont pas prêts à accompagner lors des traversées du désert.

Konimba aurait du rester au Parena, où tout était possible pour lui. En partant, il a à déployer des efforts surhumains pour imposer son parti, garder son fauteuil et se creuser son sillon.

Alexis Kalambry

Les Echos du 27 Août 2013