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Profitant des troubles politiques, socio-économiques que traverse le Mali, des commerçants détaillants de Kolokani se livrent à une spéculation sur les céréales sans précédent.

Le marché céréalier à Kolokani est soumis aujourd’hui à une spéculation jamais égalée auparavant. En effet, les prix des céréales ont pris l’ascenseur en un temps record. Ainsi le kilogramme du petit mil, naguère cédé à 240 F CFA, est vendu aujourd’hui à 350 F CFA. Le kilo du riz oscille entre 350 F CFA et 425 F CFA. Le sorgho est vendu à 275 F CFA le kilo et le maïs à 270 F CFA. Pis, il est devenu quasiment impossible, pour les consommateurs, de se procurer de la céréale en détail.

Et pour cause. Les commerçants ont décidé de ne vendre que des sacs de 100 kg. Pour justifier cette décision, ils affirment que les quantités qu’ils reçoivent des fournisseurs n’atteignent pas les 100 kg. « Nous avons remarqué que la plupart des sacs de 100 kg ne contiennent que 98 ou 97, voire 95 kg pour certains sacs. S’il faut vendre de telles quantités au détail, nous sortons perdants. Car nous, nous achetons tous les sacs au prix unique de 100 kg. Quand on prend par exemple un sac contenant 97 kg, lorsque vous enlevez 50 kg que vous vendez à un client, il ne restera plus que 47 kg. Donc nous nous trouvons dans l’obligation de compléter cela à 50 kg pour pouvoir le vendre. Ce qui fait déjà une perte de 3 kg sur ce sac. Dans de telles situations, nous ne nous en sortirons pas, sans quoi, nous n’avons pas pris cette décision de gaieté de cœur », s’est défendu un commerçant.

Interpellé par les populations, le bureau local du Haut conseil islamique a, à son tour, approché les leaders de l’Association des vendeurs de céréales. Ces derniers ont fait part au HCI des raisons qui ont motivé leur décision. Au cours des échanges, il a été instruit aux commerçants de recommencer à vendre des sacs de 50 kg.

Pour ce faire, le sac de « 100 kg » sera divisé en deux parts égales et quelle que soit le contenu, chaque part sera cédée au prix de 50 kg. Cela revient aux consommateurs de payer par exemple un sac de 47 kg au prix de 50 kg. Dans un Etat de droit, le HCI est-il habilité à prendre une telle décision ?

Le Conseil national des prix (CNP) ainsi que les autorités compétentes en la matière sont interpellés pour mettre un terme à cette pratique illégale qui constitue un calvaire pour les populations de la Capitale du Bélédougou, qui, depuis un certain temps, ressentent de plein fouet les conséquences de la mauvaise campagne agricole due à la mauvaise pluviométrie.

Diakaridia Sanogo

(correspondant local)

15 Mai 2012