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La coupe du bois de vaine ou « guéni », une espèce protégée qui se faisait par la corruption d’une partie de la population par une société chinoise a détruit la forêt de la Commune rurale de Boudefo et du village de Djelikeba Fata dans le cercle de Kita, suscitant la colère de la population contre les autorités locales et les Chinois.

La Coalition pour la gestion du patrimoine génétique en Afrique a fait une rencontre avec la population de Kita pour la bonne gouvernance et pour la meilleure construction du cercle de Kita. La rencontre, qui n’avait aucun but politique, a fait comprendre aux populations le danger de la coupe du bois de vaine sur l’écosystème. Pour bannir la coupe des arbres appelés Ptercarpus erinaceus pour les scientifiques et « guéni » pour les Bambaras, et tout ce qui concerne la nature.

La corruption d’une partie de la population qui cherche de quoi vivre en prenant de l’argent aux Chinois a fait que personne n’a pu lever le petit doigt jusqu’au jour où certains ont su que c’était le bois de vaine qui était concerné.

Pour M. Famory Jean Kamissoko de la Coalition, « la rencontre porte sur la bonne gouvernance et la conservation de la nature afin de bannir la coupe des arbres et de tous ce qui tourne autour de la nature ». Selon lui, « si la population veut que les Chinois viennent couper les arbres c’est qu’il y a une bonne route pour faire un aller-retour plus facile dans la région », avant d’ajouter que « si cette coupe se faisait pour le bonheur de la population du cercle de Kita, elle n’allait pas réagir ».

Le gouvernement doit signer d’abord un plan d’aménagement avant qu’un tel contrat soit signé. « Notre rencontre n’est pas politique, nous sommes venus pour nous faire comprendre dans la paix et dans la dignité, pour la bonne protection de la nature », a précisé M. Kamissoko. Ce n’est que le début du commencement pour leur projet de lutte contre la désertification, a-t-il ajouté car, selon lui, il faut construire l’avenir des enfants du cercle de Kita qui sont leurs enfants et ceux du Mali.

Selon Mme Assétou Samaké, professeur de biologie et membre de la Coalition pour la gestion du patrimoine génétique en Afrique, la rencontre visait à faire le point de la coupe du bois qui a été dénoncée par la presse privée. Elle a déclaré avoir fait des recherches qui l’ont amenée jusqu’à Galé dans un village de Kita.

Les membres de la Coalition ont effectué le déplacement pour savoir combien d’arbres il faut couper et s’ils doivent servir à la population de Kita. « La récolte ne peut pas être bonne sans la pluie et la pluie ne tombe pas sans les arbres. C’est pourquoi nous devons conserver ce qui nous est propre » a souligné Mme Samaké. Elle a fait constater que « le ministre a déclaré d’arrêter le contrat des Chinois, mais le contrat doit être déchiré et jeté à la poubelle. Dans le contrat, il est prévu de couper 30 000 pieds pour la première année et le même nombre pour la deuxième année et 60 000 pour la troisième année ».

Sékou Diarra a déclaré que la nature, l’eau et la terre sont des éléments qui vont de pair. « Si notre nature se vend aujourd’hui, nous devrons savoir le pourquoi. Le gouvernement devrait autoriser les autorités locales et les chefs coutumiers de signer les contrats de leur propre gré, mais ça se fait sans leur consentement », a déploré M. Diarra.

Sètè Traoré

(stagiaire, envoyée spéciale)

21 avril 2008.