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En période ordinaire, la ville de Kidal a tout l’air d’un gros souk. On y trouve tous les produits d’origine maghrébine notamment de l’Algérie.

Et d’ailleurs ironiquement, les populations qualifiaient l’Algérie comme étant le cordon ombilical de la capitale des Ifoghas.

Et pour preuve elle assure presque 90% des besoins de la ville sur tous les plans : carburants, vivres, gaz, articles électroménagers, etc.

Aujourd’hui, selon Souleymane Diallo, un commerçant de Kidal en séjour à Bamako : « la ville est au bord du gouffre« .

Avant, témoigne-t-il, « nous avons quotidiennement entre cinq à six camions qui proviennent de l’Algérie. Maintenant, nous n’avons qu’un camion tous les deux jours« .

Pour les populations de Kidal, avec cette situation, c’est comme si la frontière est fermée. Et du coup, les prix des produits de première nécessité ont pris l’ascenseur.

A titre d’illustration, le litre d’essence qui était vendu entre 400 et 500 FCFA est revenu à 600 FCFA ; le carton de lait qui était à 20 000 FCFA est vendu à 23 500 FCFA maintenant.

Pour les populations de Kidal l’origine de leur misère est connue : « ce sont l’ouverture du Consulat libyen et l’affaire Fagaga« .

S’agissant du consulat, dès le départ – Le Républicain N°2087 du 8 février 2006 – nous avons soulevé un certain nombre d’interrogations : Pourquoi ce Consulat ? Que veut Kaddafi ? Quels seront les rapports entre les libyens et certains ex – chefs rebelles des Mouvements et Fronts Unifiés de l’Azawad ?

Quelques jours après, les faits nous ont presque donné raison. Et pour des raisons non encore élucidées, les autorités algériennes ont presque « fermé le robinet » à Kidal pour asphyxier…économiquement la ville.

S’agissant de Hassane Fagaga, des sources dignes de foi nous apprennent qu’il est presque désavoué par les siens.

Car il y a quelques jours de cela, les parents des éléments qu’il a amenés avec lui dans le maquis ont envoyé des émissaires pour ramener leurs enfants. Un groupe important serait déjà de retour à Kidal.

« Fagaga ne représente plus un danger pour nous. C’est plutôt la fermeture de la frontière qui nous inquiète » a déclaré le jeune opérateur économique.

Toute chose qui ressemble à un cri d’alarme, de détresse de toute une population qui est en train de panser les plaies d’une longue blessure…

Et c’est une interpellation à l’endroit des hautes autorités. Il y va de l’avenir et de la quiétude dans cette partie du pays.

Almahady M. Cissé

02 mars 2006.