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La situation au nord-est de la Région de Kidal est entrée dans une nouvelle phase avec les attaques perpétrées en fin de semaine dernière par des bandes armées. C’est pour donner la bonne information sur ces événements à la communauté internationale, que le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Moctar Ouane, a rencontré hier dans les locaux de son département les ambassadeurs accrédités dans notre pays.

L’objectif était donc d’expliquer à ceux-ci la situation qui prévaut depuis le 19 mars dernier dans le nord-est de Kidal, plus exactement aux environs de Tinzaouatène à la lisière de la frontière algéro-malienne.

Dans une déclaration liminaire, le ministre Ouane a rappelé que les 19 et 20 mars derniers, la bande à Ibrahim Ag Bahanga, appuyée par d’autres hommes armés venus de pays voisins, a attaqué des convois militaires de ravitaillement et posé des mines, occasionnant mort d’hommes et de nombreux blessés civils et militaires, ainsi que la destruction de véhicules civils et militaires. Face à cette situation, « le gouvernement, a-t-il souligné, tient à préciser que les actes ainsi posés par la bande à Ibrahim Ag Bahanga constituent une rupture unilatérale de la trêve observée depuis plusieurs mois suite à d’intenses efforts des autorités, de notables de la communauté touarègue et de personnes de bonne volonté« .

« Le gouvernement estime aussi que l’attaque perpétrée par la bande à Ibrahim Ag Bahanga le 21 mars passé contre des véhicules et le personnel du Comité international de la Croix rouge (CICR), au cours de laquelle furent enlevés des militaires blessés, constitue une violation flagrante et grave de la convention de Genève du 12 août 1949 sur le droit international humanitaire« , a souligné le chef de la diplomatie malienne en faisant remarquer que cette attaque est aussi une violation manifeste de l’engagement de Ibrahim Ag Bahanga.

Moctar Ouane a fait savoir que « le gouvernement condamne avec la plus grande fermeté cette violation de la légalité internationale et de la convention d’Ottawa sur les mines antipersonnel« . Tout comme il condamne les actes de violence perpétrés contre les paisibles populations civiles et les forces armées et de sécurité.

Attachement à l’accord d’Alger

Le ministre Ouane a réaffirmé la poursuite de la politique de dialogue et de paix initiée par le président de la République, Amadou Toumani Touré dès le début de la crise afin d’éviter l’escalade pouvant conduire à une guerre fratricide. Il a annoncé que seront assurées la sauvegarde ainsi que la défense de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de notre pays.

Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale a rappelé ensuite que la mise en œuvre intégrale de l’Accord d’Alger du 4 juillet 2006 ainsi que des recommandations issues du Forum de Kidal des 23 et 24 mars 2007 sont et demeurent les seules bases d’une solution durable et définitive de l’ensemble des préoccupations concernant les populations des régions du Nord. « La libération des blessés détenus par la bande à Ibrahim Ag Bahanga relève d’un ordre de priorité nationale, et le gouvernement s’attachera à y parvenir avec tous les moyens nécessaires« , a laissé entendre Moctar Ouane.

Évoquant par ailleurs la libération des otages précédemment détenus par le même groupe de Ibrahim Ag Bahanga, il a salué le concours du président algérien Abdelaziz Bouteflika et du Guide de la Grande Jamahiriya arabe libyenne et socialiste, Muammar El Khadafi. Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale a estimé que les actes posés par nos compatriotes ayant pris les armes contre leur pays, s’inscrivent en droite ligne des défis sécuritaires auxquels sont confrontés les pays de la bande sahélo-saharienne. Ces défis vont au-delà des frontières nationales et menacent la sécurité collective de la région.

Afin de trouver une solution durable à cette situation, Moctar Ouane a rappelé l’initiative du président de la République d’organiser dans notre pays, dans les toutes prochaines semaines, une conférence sur la paix, la sécurité et le développement dans la bande sahélo-saharienne. Cette conférence, dira-t-il, permettra d’arrêter une stratégie commune qui garantira durablement la création de conditions propices à la stabilité, à la paix et au développement dans la région.

Le ministre Ouane n’a pas manqué d’aborder devant les diplomates la question des otages autrichiens enlevés en Tunisie par un groupe armé se réclamant d’Al Qaïda au Maghreb, et qui se trouveraient présentement dans notre pays. Il a tenu à préciser que jusqu’à présent la présence de ces otages sur notre territoire n’est pas confirmée par les services compétents, avant d’annoncer que les recherches sur le terrain se poursuivent activement. A ce propos, Moctar Ouane a confirmé qu’à la demande du président autrichien, Amadou Toumani Touré a reçu un émissaire dans le cadre des efforts en cours pour obtenir la libération des otages.

Les questions des diplomates étaient relatives au nombre des blessés retenus en otage et la raison de la rupture de la trêve immédiatement après la libération des otages précédemment retenus. Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, sans insister sur la question relative au nombre des blessés retenus en otage, dira que c’est la bande à Ibrahim Ag Bahanga qui peut expliquer la raison de la rupture de la trêve.

Il a promis d’informer régulièrement les diplomates sur l’évolution de la situation.

M. KEITA – L’Essor

25 Mars 2008.