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Ce 22 juin 2016, s’est tenue dans la salle «Union africaine» du Quartier général de la Minusma à Bamako, la cérémonie de remise officielle de kits d’éclairage domestique solaire au profit de ménages vulnérables des cercles de la région de Kidal. Brève mais hautement significative, cette cérémonie était présidée par le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations-Unies et chef de la Minusma, en présence de nombreuses autres personnalités, dont le gouverneur de la région de Kidal et l’ambassadeur du Canada au Mali.

Ce ne sont pas moins de 2000 foyers dit vulnérables, soit plusieurs milliers de personnes, qui vont bénéficier de ces kits d’éclairage domestique solaire, symboliquement remis par le chef de la Minusma, le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations-Unies, Mahamat Saleh Annadif, en présence de ses adjoints ; de l’ambassadeur du Canada au Mali ; des représentants des mouvements signataires de l’accord pour la paix et la réconciliation au Mali ainsi que du gouverneur de la région de Kidal, plusieurs maires de villes de la région de Kidal, le Secrétaire permanent du CNCA, les représentants des ONG.

Financé par la Minusma via le Trust funds et l’Ambassade du Canada, ce projet d’un montant total de près de 170 millions de Fcfa sera, à n’en point douter, utile aux habitants de la région de Kidal. Cela fait deux ans que les officiers de la Section « Médiation » de la Minusma travaillent sur ce projet.

Après échanges, les responsables des Organisations de la société civile et les élus de Kidal ont suggéré qu’un effort soit fait pour améliorer l’éclairage, indispensable à la sécurité des personnes et des biens. Toutefois, il fallait que ces lumières répondent à certains critères : « Quelque chose qui réponde aux critères environnementaux mais aussi à leur mode de vie. C’est-à-dire quelque chose d’assez mobile qui va pouvoir éclairer la nuit et leur permettre, en cas de besoin, de prendre cet équipement et aller dans leurs hameaux et y être éclairé», a ainsi expliqué Danilson Lopes Da Rosa, le chef de la Section « Médiation » de la Minusma lors de l’introduction de la cérémonie.

Le Représentant spécial a qualifié ce projet d’«occasion exceptionnelle» car destiné aux populations de Kidal, et plus particulièrement celles situées dans sa périphérie. Dans son intervention, le chef de la Minusma s’est fait l’écho de l’annonce de la réédition prochaine de l’opération, dans les régions de Gao et Tombouctou, en déclarant que tout ceci : «c’est une très bonne nouvelle. Elle survient durant ce mois de Ramadan. Elle survient également au moment où nous enregistrons des avancées très significatives dans le cadre de la mise en œuvre de l’Accord».

Se réjouissant de la présence de l’ensemble des mouvements signataires de l’accord à cette cérémonie, M. Annadif en a profité pour rappeler que «tout acte politique que nous posons doit d’abord être fait au profit de ces populations, parce que tout le monde parle au nom de ces populations, au nom du bien-être de ces populations». Pour lui, l’heure est donc venue de mettre fin à cette situation de «ni guerre-ni paix» qui prévaut à Kidal et qui, selon lui, «n’arrange pas les populations».

21 000 habitants de Kidal et de sa périphérie bénéficieront donc directement d’éclairage solaire, «surtout les populations vulnérables, constituées de femmes et de jeunes», a assuré le gouverneur de Kidal, Koina Ag Amadou, qui, dès sa prise de parole, a remercié le Représentant spécial pour l’avoir associé à cet événement. Et le premier fonctionnaire de la Région d’indiquer que «les impacts sont immenses. Ces équipements solaires permettront d’améliorer la sécurité dans la ville de Kidal et dans la campagne (…) Ils permettront d’améliorer l’accès aux services sociaux de base. Nos centres de santé seront éclairés, donc leur accès facilité ; certaines de nos écoles seront éclairées donc, nos enfants pourront étudier la nuit et bien d’autres possibilités qui n’étaient pas il y a quelques jours, quelques mois, évidentes».

Au-delà du bien-être que ces équipements vont apporter à leurs usagers, ils vont également créer des emplois. «Pour monter ces kits, plein de jeunes seront employés. Lorsque ces kits seront installés dans les rues, les places publiques, les petits commerces pourront se poursuivre longtemps nuitamment», a souligné Koina Ag Amadou. Qui n’a pas manqué de rappeler le soutien dont les populations de Kidal ont bénéficié de la part de la Minusma «durant toute la période de la crise. Je veux rappeler aussi que beaucoup de projets sont en cours, en passe d’être mis en œuvre». Des projets qui touchent en priorité aux services sociaux de base comme des réhabilitations d’écoles, des constructions de centres professionnels pour jeunes et femmes ou encore des aménagements hydro-agricoles…

«C’est là, une occasion pour moi de remercier la Minusma et tous les partenaires pour tous les efforts qui ont été consentis pour permettre la résilience de nos populations dans cette période difficile». Le gouverneur de Kidal a clos son intervention en assurant l’assistance qu’un bon usage sera fait de ces équipements. Pour mettre à disposition des populations ces 2000 kits d’éclairage solaire, 168 millions de Fcfa auront été nécessaires.

Ayant contribué pour plus de 50% au montant total de l’opération, le Canada était représenté à cette cérémonie par son Ambassadeur au Mali. Pour expliquer l’esprit de cette contribution canadienne, placée sous le chapitre des dividendes de la paix, « Sans façon », l’ambassadeur Marc-André Fredette a utilisé un ton cordial et des métaphores qui pouvaient sembler improbables : «Le nord du Mali me rappelle le Nord du Canada !» Même si d’un côté la température peut atteindre 50° et de l’autre -50°, pour le diplomate, il s’agit de deux zones éloignées des centres urbains et dont les populations ont des besoins et des modes de vie spécifiques.

«Il y a beaucoup de populations canadiennes qui vivent au nord du cercle polaire dans des zones très éloignées, souvent nomades, dans des petites communautés où il est bien sûr impossible d’amener un réseau électrique et donc, il y a un véritable parallèle. À part la température, on parle de populations vulnérables parce qu’elles sont éloignées de tout. Elles sont loin des centres politiques, loin des centres économiques et elles sont loin des centres logistiques : c’est très concret. Alors je pense à Kidal, je pense aussi à Iqaluit (dans le nord du Canada ndlr).» La conception et la mise en œuvre de ce projet aura duré deux ans. De nombreux mois durant lesquels, ce sont les populations de Kidal elles-mêmes qui ont identifié leurs besoins prioritaires. C’est là un aspect fondamental pour la Coopération canadienne. «Qui suis-je moi, un « toubabou », pour dire aux gens de Kidal leurs priorités ? Ce serait tout à fait anti-canadien même de se comporter d’une telle manière. On a voulu être à l’écoute pour répondre aux besoins exprimés par les populations elles-mêmes, c’est elles qui savent quelles sont leurs priorités», a déclaré Fredette, l’ambassadeur du Canada.

L’autre moteur de l’appui canadien est la dimension écologique et humaine du projet. Le Nord du Mali étant quasi permanemment ensoleillé, l’utilisation du solaire est un choix pragmatique évident. De plus, le matériel mis à disposition est mobile et adapté à des individus, des petits groupes, ce qui, selon Fredette, est «un dividende de la paix à niveau humain». Poétique, Son Excellence Fredette l’aura été jusqu’au terme de son intervention, en rappelant que «l’ennemi de la paix, c’est l’obscurité». Avant de souhaiter ceci : «Puisse la lumière, éclairer les foyers à Kidal, mais aussi les cœurs et les esprits».

La cérémonie a pris fin par la remise symbolique de kits au gouverneur de Kidal, par le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations-Unies, puis par l’ambassadeur du Canada au Mali.

Source : Minusma

Le Reporter du 28 Juin 2016