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Les militaires français ont décidé de nettoyer les régions Nord du Mali en les débarrassant des nids d’Aqmi. Ce travail a commencé par la région de Tombouctou où il porte ses fruits. Sauf que la région de Kidal est en train d’accueillir les blessés et autres éléments qui ont échappé aux attaques de l’armée française.

La tension monte à Kidal, qui reste le fief des rebelles du Mnla. Même si, aujourd’hui, les militaires de la Minusma haussent le ton en affirmant qu’il n’y aura aucune différence de traitement entre le Mnla et les éléments d’Aqmi.

De fait, avec l’arrivée des deux contingents tchadiens, il fait chaud dans la ville. En effet, les Tchadiens ont tracé de nouvelles démarcations à ne pas franchir, sous peine d’ouvrer le feu. D’autant qu’ils ne veulent pas être victimes d’attentat-suicide ou de voitures piégées. Ce qui fait qu’aujourd’hui à Kidal, ça ne sent pas bon entre la Minusma et les bandes armées. Un clash est presqu’inévitable car les soldats des Nations unies pensent avoir fait trop de concessions aux éléments des groupes armés, au péril de leurs vies.

Les Tchadiens qui sont arrivés, veulent mettre de l’ordre et affirment ne faire aucun distinguo entre les terroristes et le Mnla. «C’est vraiment le même turban», soutiennent-ils. Ainsi, ils veulent mettre fin aux actes racistes des jeunes kidalois qui dessinent des singes ou des bananes qu’ils leur jettent ou les collent sur les murs des forces de la Minusma. En sus des injures grossières de toutes sortes.

Pour les militaires de la Minusma, la récréation est ainsi terminée. Selon nos sources, c’est cette semaine que les policiers maliens devraient prendre fonction, tout comme la gendarmerie. Pour cela, il faut assurer un véritable nettoyage dans la ville. «Les policiers et militaires maliens auront des responsabilités à jouer à l’intérieur des villes dont les alentours seront sécurisés par les militaires maliens et certains de la Minusma», a-t-on appris.

Et face aux nouvelles dispositions envisagées, les anciens maîtres des lieux s’abonnent à toutes sortes de manœuvres, allant jusqu’à inciter certains jeunes à la révolte. «Les quelques rares responsables du Mnla et du Hcua qui sont à Kidal sont en train de pousser les populations à se révolter, alors que les militaires maliens et ceux de la Minusma ne veulent plus accepter le désordre», affirme notre source. Ceci qui explique peut-être cela, hier, des rumeurs d’attentat contre le camp II de Kidal ont couru toute la ville.

Kassim TRAORE

Le Reporter du 26 Décembre 2013