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Soixante-douze heures après les graves événements survenus à Kidal, le Conseil de sécurité de l’ONU a convoqué une «réunion d’urgence» au cours de laquelle le ministre des affaires étrangères, de la coopération internationale et de l’intégration africaine du Mali, Abdoulaye Diop, n’a pas mâché ses mots pour souligner la «nécessité du respect de l’intégrité territoriale et de l’unité du Mali».

Pour voir l’intervention du ministre malien en ligne : http://webtv.un.org/watch/mali-security-council-7179th-meeting/3578336411001/ ou au bas de cet article.

«Les groupes armés ont fait le choix de déclarer la guerre à l’Etat du Mali». Le chef de la diplomatie malienne resitue les faits dans leur contexte : le premier ministre et sa délégation se rendait à Kidal pour une visite administrative normale. La situation militaire née de cette visite est, selon lui, de la responsabilité «du mnla et de ses acolytes». Selon le ministre, les insignes d’Aqmi et d’Ançar Eddine «flottaient sur les véhicules des agresseurs à côté de ceux du mouvement national de libération de l’azawad (mnla)». Ce qui établi bien la collision du groupe indépendantiste avec les groupes terroristes. Une situation qui «doit être rejetée et condamnée par [le] conseil».

Le premier ministre, Moussa Mara, en sa qualité de chef de l’administration malienne avait entrepris une visite dans les régions nord du pays. La délégation gouvernementale qui comprenait également une dizaine de ministres avait pour mission, entre autres, de s’assurer du redéploiement progressif des services de l’Etat et évaluer sur le terrain les avancées et les lacunes du processus de normalisation. «Accueillis chaleureusement à Gao et à Tombouctou, le premier ministre et sa délégation ont été malheureusement reçus à Kidal sous les balles et les tirs à l’arme lourde de groupes armés en collusion avec le terrorisme international, faisant des dizaines de morts et de blessés», s’est indigné le chef de la diplomatie malienne, montrant des images de personnes victimes d’exécution sommaire. «Ces crimes sont des crimes contre l’humanité et votre conseil doit prendre des actes forts», a-t-il souligné avec force, lors de la vidéo-conférence depuis Gao avec le siège de l’ONU, où étaient réunis les membres du Conseil de sécurité, à New York. Le gouvernement malien qualifie cette attaque «d’acte crapuleux, de violation flagrante, délibérée et préméditée de tous les engagements antérieurs, y compris les pertinentes résolutions du conseil de sécurité».

Cette réunion du Conseil de sécurité intervient moins d’un mois après une énième rencontre d’évaluation du processus de paix au Mali. Si les groupes armés sont accusés d’agression, les autorités maliennes ont également des griefs contre la mission onusienne (Minusma) présente au Mali dans le cadre de ce processus de paix.

«Nous faisons le constat que la délégation gouvernementale du Mali n’a pas bénéficié du soutien et de la protection qu’elle était en droit d’attendre en cette circonstance. Cette situation aurait pu conduire à des développements beaucoup plus dramatiques. Le peu de troupes des forces armées maliennes présentent sur le terrain – peu parce que voulu par l’accord de Ouagadougou respecté par la partie malienne – a du faire, avec les moyens du bord, face à des hordes de narco-terroristes lourdement armés», a-t-il dénoncé.

Tirant les leçons de ce qui s’est passé le 17 mai à Kidal et exigeant le désarmement de tous les groupes armés, dont surtout le mnla, le gouvernement réclame «un mandat beaucoup plus robuste sous le chapitre VII de la charte des nations unies» pour la Minusma.

«Kidal, monsieur le président fait partie du nord du Mali et du Mali, de façon général. Kidal a toujours été et demeurera partie intégrante de la République du Mali. Il n’y a aucune raison que les hautes autorités maliennes ne puissent pas se rendre à Kidal», a martelé le ministre Abdoulaye Diop.

Aujourd’hui, l’armée malienne a renforcé son dispositif à Kidal et, selon le ministre, elle y «restera et se déploiera pour s’assurer que l’autorité de l’Etat s’exerce sur chaque centimètre de notre territoire national». «Kidal n’est pas différent de Tombouctou ou de Kayes. Je souhaite que votre conseil prenne note de cela», a-t-il assené.

Notons qu’au moment de publier cet article, des tirs à l’arme lourde retentissaient à Kidal ce mercredi 21 mai, aux environs de 10h00. Notre armée a pris position dans cette ville dès 8h00.

Vive un Mali Un et Indivisible.

Seydou Coulibaly

© AFRIBONE

Le 21 Mai 2014


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