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De nouveau la déflagration à Kidal. En effet depuis hier mercredi 21 mai 2014, l’armée régulière malienne est entrée en guerre contre le MNLA pour la reprise du gouvernorat et de toute la ville. Alors, ce qu’on redoutait après les événements des 17 et 18 mai est en train de se concrétiser.

Pouvait-il en être autrement, quand on sait que Bamako, à travers le Premier ministre Moussa Mara et même le président Ibrahim Boubacar Keita, n’avait pas caché son intention de laver cet énième affront contre l’autorité de l’Etat malien ?

On se rappelle que le week-end dernier, le chef du gouvernement avait été la cible, lui et toute sa délégation, de tirs nourris lors d’une visite, la première du genre, à Kidal ; un séjour controversé dans la ville rebelle qui a tourné en affrontements armés.

Bilan de ces combats entre forces loyalistes et insurgés touaregs : 36 morts du côté des Forces maliennes et l’enlèvement d’une trentaine de fonctionnaires par le MNLA, remis mardi à la Mission des Nations unies au Mali (MINUSMA) ; pire, six officiels, soient deux préfets et quatre sous-préfets, ont été froidement assassinés, toujours par des éléments de la rébellion touarègue.

En un mot comme en mille, ces accrochages sonnaient comme une roquette tirée sur le fragile cessez-le feu entre le gouvernement malien et le mouvement séparatiste.

Les autorités maliennes, qui n’entendent pas marchander, et là pas du tout, leur présence à Kidal et encore moins l’intégrité territoriale de leur Etat, ont décidé de le faire savoir en envoyant 1500 hommes supplémentaires pour mater cette rébellion qui n’en finit pas de les défier.

Par suite de la reprise des combats d’hier, la France s’est vue obligée d’envoyer une centaine de soldats pour renforcer le restant de ses effectifs toujours sur place dans le cadre de l’opération Serval.

Mais que peut bien faire cette France-là, et même la MINUSMA, accusées par le gouvernement, dans le meilleur des cas, de ne rien faire pour désarmer les combattants touaregs et, dans le pire des cas, d’entretenir des relations de complicité avec les hommes bleus ?

C’est pourquoi ce dernier affrontement sonne comme une manière pour IBK de reprendre en toute souveraineté les choses en mains. Dans ce cas, acceptera-t-il d’entendre les nombreux appels à un autre cessez- le-feu ou à une reprise du dialogue ? Les jours à venir nous situeront.

Quel que soit ce qu’il en sera, une chose est de vouloir se venger d’une bravade et une autre est d’en avoir les moyens. C’est le moins qu’on puisse dire quand on sait que le MNLA, qui a pactisé avec les groupes islamistes terroristes, a fait, lui aussi, de la guerre asymétrique la meilleure des stratégies.

Au moment où nous bouclions la présente édition, l’expédition de l’armée malienne sur Kidal semblait en effet avoir tourné à la débâcle. Kidal serait toujours sous contrôle du MNLA. Pire, plusieurs soldats loyalistes auraient été tués ou faits prisonniers.

Si toutes ces informations de dernières minutes venaient à être confirmées, elles traduiraient toute l’impréparation de cette offensive contre les rebelles et l’état de déliquescence matérielle et opérationnelle des Forces armées maliennes (FAMA), qui vont de déconvenue en déconvenue.

Moumouni Simporé

Mise à jour le Mercredi, 21 Mai 2014 23:24

Source: L’observatuer Palaaga