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C’est ce samedi 8 mars, journée internationale de la femme, que nos compatriotes ont appris, par un communiqué de la présidence de la République, la libération, intervenue dans la soirée de la veille, des 22 derniers soldats qui demeuraient otages de la bande à Bahanga. Cette dernière vague de libération, qui parachève le processus entamé le 30 décembre 2007 avec la libération d’un premier groupe de dix otages, suivie de celle de quatre soldats, constitue l’épilogue heureux de cette affaire qui, depuis 8 mois, a tenu en haleine les citoyens maliens, en particulier les autorités militaires plusieurs fois mises en cause par la mauvaise humeur nationale relative à la question. Il faut noter qu’avant cette série, un premier groupe de 8 otages dont des membres d’une mission de lutte anti-acridienne et les éléments de leur escorte militaire, avaient été élargis.

Tout était parti d’août 2007 quand, violant les accords d’Alger signés le 4 juillet de la même année entre le gouvernement du Mali et l’Alliance démocratique du 23 mai pour le changement, Ibrahim Ag Bahanga s’empare, dans sa désertion, d’otages civils et militaires, non sans poser sur son sillage des mines anti-personnelles pour empêcher l’armée régulière de le poursuivre. Depuis, les pauvres séquestrés ont été, sans doute pour parer à toute possibilité de libération forcée, disséminés à travers le Sahara, vaste de quelques 7 000 km2. Certains d’entre eux auraient même été déportés hors des frontières du Mali.
Les négociations engagées pour leur libération ont été des plus ardues. Outre leur dispersion à travers tout le désert, il y avait à ménager les humeurs fluctuantes du bandit Ibrahim Ag Bahanga qui, dans le coup, avait prouvé de réelles capacités de nuisance en utilisant, fait nouveau dans notre pays, des mines anti-personnelles. A cela s’ajoutent les enjeux géostratégiques inavoués que constitue la zone concernée de notre pays pour certaines puissances (proches ou éloignées) et sur lesquels le Mali n’a pas de prise absolue.

Mais le président Amadou Toumani Touré a eu beau jeu d’user de patience et de tact tout en se prémunissant d’un faisceau de précautions à même d’assurer la discrétion des contacts. Ce qui lui a inspiré de s’attacher viscéralement à l’accord d’Alger, seul cadre de dialogue approprié et légitime à ses yeux, âprement discuté et accepté, par ailleurs, par l’ensemble des parties, dont le facilitateur algérien. Il peut donc avoir le sourire large aujourd’hui dans une victoire à laquelle il associera l’Alliance démocratique du 23 mai 2006 pour le changement restée légaliste à ses côtés jusqu’à la fin.

Le communiqué de la présidence de la République, qui a informé de la libération des 22 derniers soldats, a exprimé la reconnaissance de la nation malienne au Guide de la Grande Jamahiriya Arabe Libyenne, Mouammar Kadhafi, pour son action fraternelle qui a largement contribué à cette sortie de crise. Il a aussi rappelé le salut à l’aide précieuse du président de la République algérienne démocratique, M. Abdelaziz Boutéflika, laquelle aide avait été déterminante dans l’amorce de la décrispation. Le communiqué de la présidence de la République n’a pas non plus oublié de souligner l’implication, dès les premières heures de la crise, des notables de Kidal et de nombreux autres Maliens de bonne volonté en faveur de la libération des prisonniers.

Amadou N’Fa Diallo

L’Aube

9 mars 2008