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Le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) s’était forgé la sympathie de la communauté internationale par les contrevérités. Le masque vient de tomber. L’opération Serval, donc la France officielle, vient de comprendre sa propension à se victimiser.

Le mouvement touareg fantoche créé de toutes pièces par d’anciens expatriés du Nord du Mali en Libye qui combattaient aux côtés de Mouammar Kadhafi jusqu’à sa chute justifiaient leur rébellion aux relents sécessionnistes par l’alibi d’ethnie minoritaire persécutée ou vivant dans la précarité et l’oubli de l’Etat central.

Chassé de Kidal, son fief par le Mujao, le « MNLA » est rentré dans les bagages de l’opération Serval dans l’Adrar des Ifoghas en janvier 2013 à la libération du Nord, précédemment occupé par des terroristes et jihadistes. Les bâtiments officiels (gouvernorat, station de l’ORTM), qu’il s’apprête à libérer demain, sont sous son contrôle depuis cette date.

La énième provocation vendredi 8 novembre 2013, à la foire hebdomadaire d’Egazargen dans le cercle de Ménaka, près de la frontière nigérienne est le dernier accrochage en date entre les combattants du MNLA et l’armée régulière. Au cours de cet incident, les responsables du MNLA, dans leur campagne de propagande et d’intox, ont « dénoncé l’exécution sommaire de trois civils touaregs « et l’attaque de leurs combattants par les Forces armées maliennes (Fam).

Ces informations dénuées de tout fondement ont été démenties 72 h après (le mardi 12 novembre) par le général Marc Foucauld, commandant de l’opération Serval, au micro de RFI.

Le « MNLA » a longtemps transgressé l’accord de Ouagadougou du 18 juin 2013 et la résolution 2100 de l’ONU, qui recommandent le cantonnement des groupes armés. Au même moment l’armée malienne est cantonnée et même empêchée de fouler le sol de Kidal jusque-là partie intégrante du Mali souverain et indépendant.

C’est dans ce contexte où tout lui est permis que le « MNLA » tue, pille les populations innocentes et attaque impunément l’armée malienne. Le massacre d’une centaine de militaires et civiles maliens aux mains nues au camp d’Aguelhok le 24 janvier 2012 par ses éléments est encore frais dans les mémoires. Ce crime odieux est jusque-là impuni quand bien même les faits sont rapportés à la CPI et à la communauté internationale.

Revers communicationnel

Le général Marc Foucault dont les éléments de l’opération Serval et de la Minusma ont suivi l’incident du vendredi dernier entre les deux parties et qui répondait aux questions de David Bachet de RFI hier, a reconnu que « c’est l’armée malienne qui a été prise à partie. Il n’y a pas eu d’exécutions sommaires« , ajoutant que les enquêtes sont en cours.

Un démenti courageux de la part d’un général de l’armée française présent sur le théâtre des opérations, même si elle est l’une des rares déclarations qu’on entend sur un média public français depuis le retour du « MNLA » à Kidal après la libération de cette ville en janvier 2013. Les propos du général français sont corroborés par des sources de la Minusma qui soutiennent que « l’armée malienne a répliqué à des tirs du MNLA« . Il fallu la présence des témoins neutres ceux-là même qui sont supposés les soutenir pour que la vérité éclate une fois au grand jour.

Le « MNLA » a toujours su jouer sur la corde sensible de l’Organisation des Nations unies et de l’Union européenne qui ne badinent pas avec l’« ethnie minoritaire« et le droit à l’auto-détermination des minorités ethniques et raciales. Le « MNLA« devenu l’enfant gâté de la France et de la communauté internationale, a surfé sur cela, menant des exactions et criant le premier.

Il est allé jusqu’à réclamer l’indépendance de « l’Azawad » sous le prétexte que le Nord est laissé à lui-même sans aucune initiative de développement. Les centaines de milliards de F CFA investis dans cette partie du territoire national, ces dix dernières années, et gérés par des responsables touaregs sont passées sous silence. Ils oublient que le Nord du Mali n’est pas moins développé que des régions comme Kayes, Koulikoro ou d’autres parties de l’Afrique.

La communauté internationale a intérêt à redescendre sur terre, à regarder la réalité en face et à comprendre que le « MNLA« est un ramassis de bandits armés, de trafiquants de drogues et d’otages qui profitent de sa couverture pour perpétuer une situation de non droit inacceptable dans un Etat démocratique et de droits de l’Homme. L’enlèvement et le double assassinat de Ghislaine Dupont et de Claude Verlon le 2 novembre 2013 à Kidal, au sortir d’une interview d’un responsable de leur mouvement en dit long sur le vrai visage du « MNLA ».

Ce mouvement hétéroclite qui change au gré de ses intérêts, tantôt en Aqmi, tantôt en Ançar Eddine parfois en Mujao, n’a de crédibilité qu’aux yeux de ceux qu’il avait réussi à rouler dans la farine de l’imposture.

Abdrahamane Dicko

Les Echos du 13 Novembre 2013