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Si notre armée n’est pas encore à Kidal, quelque part, ce n’est pas la faute à la France, mais à la lâcheté de nos dirigeants qui sont indécis et incapables de s’assumer». C’est en ces termes que le président de la Copam, Younouss Hamèye Dicko crachait son venin sur le gouvernement de la transition. C’était face aux journalistes le lundi passé à la Maison de la presse de Mali, en présence du porte-parole, de la Copam, M. Tabouré et de M. Boré de Yèrèwoloton.

Dans la déclaration luminaire, le porte-parole de la Copam a dénoncé les décisions unilatérales du président de la transition Dioncounda Traoré sur le sort des Maliens. «Il a décrété tout seul : sa Commission dialogue et réconciliation qui a soulevé un tollé sans précédent, avec des protestations venant de toutes les couches et groupements populaires ; sa Cdr qui se voit dotée par le président d’un faramineux budget en 4×4 et autres privilèges à coût de milliards est nommée par les Maliens «Commission festin», confirmant en tous points l’avis de la Copam qui a vu en elle une entreprise de distribution de prébendes électorales pour le Fdr», a martelé Tabouré, très en colère. Tout cela, a-t-il poursuivi, s’est tramé sur fond de torpillage de toute possibilité pour les Maliens de décider de leur avenir.

Pour sa part, le président de la Copam, Younouss Hamèye Dicko a fustigé l’indécision de Dioncounda Traoré et son gouvernement face à la situation de Kidal. «Pas question d’organiser des élections avant la libération de l’ensemble du territoire. Monsieur le président de la République par intérim, la Copam vous demande d’ordonner à l’armée l’assaut final sur Kidal et de déclarer la fin du dialogue avec le Mnla», a-t-il lancé.

Si le Pr. Dicko reconnaît que la France a été aux côtés du Mali pendant les premières heures du conflit contre les jihadistes, il n’en demeure pas moins qu’elle gêne aujourd’hui l’action du Mali à Kidal. «Quoi qu’on dise, la France est en train de protéger le Mnla ; elle est en campagne avec eux et elle se bat pour eux. Si la France qui a clairement laissé entendre qu’elle venait aider notre pays à récupérer l’intégrité de son territoire, au début de l’opération Serval, il est perceptible aujourd’hui qu’elle empêche le Mali d’entrer en possession d’une partie de son territoire. Cela est inacceptable», a-t-il chantonné.

Et d’ajouter : «Quelque part, ce n’est pas la faute de la France, mais la lâcheté de nos dirigeants. Nous, à la Copam, avons maintes fois demandé au président par intérim d’ordonner l’armer de rentrer à Kidal, mais il n’a jamais voulu. Or, cela aurait permis au peuple malien d’apprécier si la France allait accepter de tirer sur les troupes maliennes, au profit du Mnla»,explique le Pr. Dicko.

En tout cas, à la Copam, les positions ont toujours été précises: «Pas d’élection sans la libération de Kidal. Et ne pas désarmer le Mnla avant les élections, c’est donner à ses éléments le temps de se repositionner, de se renforcer», a estimé le conférencier.

Sur la question de dialogue qui se mène actuellement à Ouagadougou entre les groupes armés du Nord et le médiateur Tiébilé Dramé, la Copam pense que ce n’est ni plus ni moins qu’un folklore pour amuser la galerie.

Bakary M. COULIBALY

Source: Notre Printemps | 12 juin 2013