Partager

Les hommes du MNLA et leur allié du HCUA continuent leurs exactions contre les populations dans la Région de Kidal. Et ce, malgré l’accord préliminaire signé à Ouagadougou le 18 juin dernier, entre le gouvernement et eux. En fin de semaine dernière, ils ont de nouveau ciblé la communauté noire, tuant, pillant des boutiques et saccageant des domiciles. Les habitants victimes de ces exactions sont ceux qui restent fidèles au Mali.

Au moins quatre personnes ont ainsi été tuées et plusieurs autres blessées dans la nuit de jeudi à vendredi. « J’ai vu le corps ensanglanté d’un jeune homme de moins de 30 ans. Il a été atteint à l’abdomen, sur le flanc gauche. J’ai vu aussi beaucoup de blessés. Des véhicules et des biens de personnes se réclamant du Mali ont été détruits », a indiqué un agent de santé sous couvert de l’anonymat. Celui-ci explique qu’il ne sait pas si la victime dont il parle a été tuée par une arme à feu ou une arme blanche. Une autre source assure que cette victime a été abattue à bout portant par un jeune homme se réclamant du MNLA. Le ministère de la Défense et des Anciens combattants annonce quatre morts (lire communiqué dans cette même page).

Selon une source contactée sur place, les affrontements entre les citoyens honnêtes et une minorité manipulée par le MNLA ont commencé vers 21 heures. Elle explique que des coups de feu ont été entendus à trois reprises à cette heure-là. Les forces onusiennes et françaises ont mis du temps avant de venir disperser les protagonistes en procédant à des tirs en l’air et à des arrestations. Vendredi matin, les parents d’une des victimes sont allés « présenter » son corps aux militaires français. Sur le chemin de retour, ils ont été pris à partie par des jeunes favorables au MNLA.

Les militaires de l’armée nationale informés des exactions sont descendus en ville pour protéger la population. Les forces onusiennes sont intervenues plus tard, mais le mal était déjà fait.

Des victimes que nous avons pu contacter par téléphone ne décolèrent pas contre la France et les forces onusiennes qu’ils accusent de « partialité » et « d’indifférence » face aux exactions du MNLA. « Si la France ne peut pas assurer notre sécurité, qu’elle nous laisse au moins nous défendre nous-mêmes », a clamé un commerçant dont la boutique a été pillée et brûlée.

L’armée a pris position aux alentours du marché de la ville alors que le gouverneur qui s’est installé seulement la semaine dernière et ainsi que son staff, chargés d’organiser les élections dans la région sont confinés dans la cour de la mairie. Les bureaux du gouvernorat étant toujours occupés par les groupes armés.

« Nous craignons que ce genre d’incident se répète entre les communautés qui vivaient en symbiose depuis longtemps. Dans une même ville, la sécurité ne saurait être assurée par deux armées », s’insurge un élu de Kidal qui dit craindre que la situation dégénère. Le calme est revenu avec les patrouilles organisées par l’armée nationale.

A. DIARRA


Tessalit : Libération des otages

Les 5 otages maliens, des agents électoraux de la CENI ainsi que le maire adjoint de Tessalit ont été libérés. L’information a été confirmée hier par le préfet du cercle de la circonscription. Ils ont été retrouvés par des militaires français. « On ignore encore dans quelles circonstances ces citoyens avaient été pris en otage et comment ils ont été retrouvés. Mais je peux vous assurer qu’ils sont maintenant libres ».

Selon des témoignages, les victimes ont été enlevées à Tessalit à un check-point tenu par des éléments du MNLA. « Ceux qui avaient été enlevés se sentaient menacés depuis des jours. Ils passaient donc la nuit au camp militaire d’Amachach, situé à 7 km de la ville. Samedi matin, quand ils sont arrivés en ville, ils ont été kidnappés par des éléments armés du MNLA. L’objectif de cet enlèvement était de saboter l’élection présidentielle », dénonce le préfet, ajoutant que le MNLA est farouchement contre l’organisation de l’élection présidentielle à Tessalit, comme dans le reste de la Région de Kidal.

Selon l’administrateur, les hommes du MNLA ont convoqué la population à une réunion. Au cours de cette rencontre, ils ont menacé de représailles tous ceux qui iront voter. Ils ont violemment pris à partie les membres de la CENI. Le préfet de Tessalit lui-même avait échappé de peu à un enlèvement le 20 septembre 2011. L’opération crapuleuse ratée s’était déroulée à 25 km de la localité.

Hier en fin d’après-midi, l’on apprenait qu’un des organisateurs de l’enlèvement avait été arrêté par les militaires français. Un élu de Kidal dénonce le fait que les hommes armés du MNLA se pavanent dans les villes de Kidal et Tessalit sous « le regard complaisant des armées étrangères » au mépris des dispositions de l’accord préliminaire de Ouagadougou. « Dans quel pays du monde avez-vous vu les forces loyalistes et des rebelles cohabiter dans la même ville ? », interroge l’élu en colère.

A. D

Essor du 22 Juillet 2013