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L’annonce faite par le Mouvement national de Libération de l’Azawad (MNLA) de rendre au gouvernement des lieux «stratégiques» à Kidal, comme la radio et le gouvernement, a été accueillie dans l’opinion publique malienne comme une ultime humiliation. « Ainsi, a-t-il fallu que le MNLA accepte de donner au gouvernement sur un plateau d’argent, ces symboles de l’Etat et de la souveraineté nationale. On peut aussi s’attendre à ce qu’il revienne comme à leur habitude, sur cette décision », commente un responsable d’association de la société civile, qui a gardé l’anonymat. Pour lui c’est encore de la poudre aux yeux que le MNLA prépare pour le président IBK, après avoir humilié le Mali et la communauté internationale. Qu’en est-il ?

C’est à la faveur de la libération des régions nord du pays en janvier et février 2013, par les interventions militaires françaises et africaines, que le MNLA qui avait été bouffé par les Jihadistes, dans cette ville a fait son come back, en s’empressant d’occuper les lieux stratégiques qui symbolisent le pouvoir, comme le gouvernorat, la station régionale de la radiotélévision. C’est dans ce contexte que le mouvement rebelle s’est rendu maître de la ville de l’Adrar, et continue de régner en maître sans partage, pendant que des actes d’extrême gravité comme l’assassinat des journalistes y sont commis dans l’impunité totale.

Pendant ce temps un accord signé entre le gouvernement malien et les groupes armés du nord dont le MNLA et le Haut Conseil de l’Unité de l’Azawad (HCUA) prévoit le cantonnement et le désarmement de ces rebelles, n’a jamais été mise en œuvre, encore moins le redéploiement de l’armée et de l’administration malienne dans cette région. Alors qu’ils y ont chassé trois ministres du gouvernement élu, le MNLA redevient subitement magnanime en annonçant la restitution au gouvernement malien les sièges du gouvernorat et de la radio, ce 14 novembre. Ce après une fusion intervenue à Ouaga entre le MNLA, le HCUA et le MAA (Mouvement arabe de l’Azawad). Le lundi 4 novembre dernier à Ouagadougou Bilal Ag Acharif (secrétaire général du MNLA), Alghabass Ag Intalah (secrétaire général du HCUA) et Mohamed Lamine Ould Sidatti (secrétaire général du MAA) ont annoncé la fusion de leurs mouvements « dans un délai de 45 jours » sur la base d’un « projet de société », qui est une « plateforme revendicative commune ».

Le pouvoir attentiste d’IBK

« Nous avons décidé de procéder à la remise officielle en présence des responsables de la Minusma », a expliqué à la presse Mossa ag Attaher, le porte-parole du MNLA, confirmant la date du 14 novembre pour la remise du gouvernorat et du local de la radiotélévision à Kidal. Bamako attend de voir. En contrepartie de ces « gestes forts et importants », il s’attend à des « arrangements sécuritaires » dans les meilleurs délais.

Mais le MNLA n’entend pas pour autant se retirer totalement des locaux de la radio, encore moins de sa gestion. Mossa ag Attaher soutient qu’il a été convenu avec la Minusma, de la mise en place d’une commission dans laquelle siègeront des représentants des mouvements et des représentants de l’Etat, « parce que la radio diffuse des messages qui concernent directement la population de Kidal ».

Toutefois pour cet évènement prévu à Kidal ce 14 novembre, il est prévu selon nos informations, que le numéro 2 de la MINUSMA, ainsi que des responsables du MNLA basés à Ouaga se rendraient à Kidal pour y participer. Ces responsables du MNLA y viendraient pour une mission de sensibilisation. Mais selon nos sources à Kidal, certains combattants du MNLA sont opposés à l’arrivée du n2 de la MINUSMA, ainsi que de l’Etat malien à Kidal. Sous l’égide du MNLA, la radio aurait diffusé en boucle, un appel aux populations de Kidal et environnant, à venir manifester et à occuper la place publique de la ville qu’il faut transformer en place ‘’Tahrir’’. Que veulent-ils réellement ? Dans un tel climat personne ne sait ce que réserve encore le MNLA. Que prévoit la MNUSMA face à la situation? Nous avons joint le chargé de communication de la MINUSMA aux fins d’avoir l’avis du porte-parole Olivier SALGADO. Mais ce dernier n’a pas réagi jusqu’à notre bouclage.

B. Daou

Le Républicain du 14 Novembre 2013