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La déclaration du Porte parole du Quai d’Orsay, du lundi 3 juin, a eu l’avantage d’être précis sur deux points : à savoir qu’il se passe des exactions à Kidal, et qui est le fait des groupes armés sur les populations songhai, peul et bella, d’une part. Et que la France, pays des droits de l’homme ne cautionne pas, mais condamne, d’autre part. Au Mali, le Parena, le parti présidé par Tiebilé Dramé, l’émissaire du président pour les négociations avec les groupes armés a exprimé « sa très vive préoccupation » face à cette situation, avant de la condamner.

Selon la déclaration du Quai d’Orsay, « des informations font état d’arrestations et de violences, dans la localité de Kidal au nord du Mali, contre des personnes issues notamment des communautés songhaï, peul et bella, fondées sur la couleur de leur peau. La France condamne ces violences et ces arrestations extra-judiciaires et demande la libération des personnes concernées ». A travers le porte-parole du Quai d’Orsay, la France a rappelé son attachement à ce qu’une solution négociée soit trouvée sur la situation à Kidal. En outre « La France réitère son soutien à la médiation conduite par Tiébilé Dramé, qui tend notamment à parvenir à un accord sur la tenue de l’élection présidentielle sur l’ensemble du territoire malien, Kidal y compris. Nous appelons toutes les parties à la retenue et au respect des droits de l’homme », selon le Quai d’Orsay.

Des germes à l’escalade

Réagissant à la situation qui prévaut à Kidal (devenu le nœud gordien de la crise malienne), le Parena à travers un communiqué de presse en date du 3 juin, signé de son secrétaire général, a déclaré que ces « arrestations des personnes issues des communautés songhaï, peul et bella, donc fondées exclusivement sur la couleur de leur peau, dans la région de Kidal, portent gravement atteinte aux droits humains fondamentaux et sont de nature à créer une escalade sur toute l’étendue de la République du Mali ».

Soutien la médiation conduite par Tiébilé Dramé

Le Parena a exprimé sa « très vive préoccupation devant cette situation et condamne avec la dernière rigueur ces arrestations et ces violences ». Le PARENA apporte également son soutien conséquent à la médiation conduite par Tiébilé Dramé, qui tend à parvenir à un accord permettant la tenue de l’élection présidentielle sur toute l’étendue du territoire national. Pour le Parena, « Chaque centimètre carré du territoire malien appartient à tous les enfants du Mali ! ».

Double piège de l’amalgame et du génocide

De son côté, le Collectif des Ressortissants du Nord du Mali (COREN) a décrié « une véritable chasse à l’homme…noir », qui est organisée dans la ville de Kidal. « Le MNLA est en train de procéder à une sorte d’épuration ethnique de la ville de Kidal en obligeant les « Noirs » et tous ceux qui se réclament républicains à quitter les lieux. Ceux qui résistent sont arrêtés et déportés, une situation qui oblige le plus grand nombre à se cacher », indique une déclaration du (COREN) déposée à notre rédaction. Le COREN attire l’attention de toutes les populations maliennes à ne pas tomber dans le double piège de l’amalgame et du génocide programmés par le MNLA.

B. Daou

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COMMUNIQUE DE PRESSE

Les arrestations des personnes issues des communautés songhaï, peul et bella, donc fondées exclusivement sur la couleur de leur peau, dans la région de Kidal, portent gravement atteinte aux droits humains fondamentaux et sont de nature à créer une escalade sur toute l’étendue de la République du Mali.

Le PARENA exprime sa très vive préoccupation devant cette situation et condamne avec la dernière rigueur ces arrestations et ces violences.

Le PARENA apporte son soutien conséquent à la médiation conduite par Monsieur Tiébilé Dramé qui tend à parvenir à un accord permettant la tenue de l’élection présidentielle sur toute l’étendue du territoire national.

Chaque centimètre carré du territoire malien appartient à tous les enfants du Mali !

Bamako, le 3 juin 2013

Le Républicain du 4 Juin 2013