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Le cercle de Kéniéba fait partie aujourd’hui des zones du Mali où les ressources minières sont beaucoup convoitées par les grandes sociétés d’exploitation de mines du monde. Mais, malgré l’existence de cette richesse dans son sous-sol qui peut donner un coup d’accélérateur au développement de la contrée, le cercle demeure presqu’à la queue des plus reculés du pays.

Kéniéba manque de routes dignes de ce nom pour rallier Kayes, Bamako ainsi que les pays avec qui il fait frontière (Sénégal, Guinée). L’électri-cité et l’eau y font défaut. A entendre parler des deux mines d’or de Kéniéba (Tabacoto et Loulo), on croirait que toutes les conditions sont réunies autour des populations afin qu’elles profitent de l’exploitation de cette richesse.

Pas du tout, ce cercle situé à 245 km de Kayes est confronté à d’énormes difficultés. Ils ont entre autres trait à la route, l’eau, l’électricité, l’antenne relais de télévision, etc. Ce qui suppose que Kéniéba ne profite pas de la richesse de son sous-sol.

D’abord, bien qu’il y aura une route internationale qui ira de Bamako à Saraya (Sénégal) en passant par Kita, Kéniéba, les Kéniébiens sont restés sur leur faim quant à la rénovation du tronçon Kayes-Kéniéba qui n’est pas encore bitumé. Et pourtant sur ce trajet, se trouvent deux autres mines d’or : Sadiola et Yatéla. Le non bitumage de cette voie compromet les perspectives de développement de la zone.

«Ne pas bitumer la route Kayes-Kéniéba longue de 245 km, vu la richesse que tirent les différentes sociétés minières de Sadiola, Yatéla, Tabacoto, Loulo, sera la plus grosse injustice que vont commettre nos autorités à l’égard des habitants de cette voie. Car après les projets, la dégradation de la route va reprendre. Et on retournera à la case de départ», a déclaré avec insistance Fodé Sissoko un ressortissant de Kayes et tailleur exerçant à Tabacoto.

Le projet de la route Bamako-Kita,-Manantali-Kéniéba semble aussi être abandonné dans les tiroirs au profit de la construction de la nouvelle route internationale qui ne verra pas le jour aujourd’hui bien que les travaux ont démarré.

Sur ce tronçon, le trajet Koundian-Kassama est dégradé. Entre ces deux villages, long de moins de 100 km, le car fait plus de quatre heures. Cela à cause des eaux de ruissellement qui creusent des trous au beau milieu de la route et causent des stagnations de boue provoquant des embourbements successifs.

Cela fait que les passagers passent des moments de calvaire avec des pertes financières énormes pour les transporteurs parce que souvent obligés de donner à manger aux passagers. Après la fin des travaux de la route Bamako-Kita (longue de 182 km) une baisse considérable a été constaté sur le tarif des billets qui est passé de 12 500 à 10 000 F CFA.

De leur point de vue, tout cela sera couronné de succès, si les autorités trouvaient une solution à cette partie de route qui est plus rapide que par Kayes en quittant Bamako. D’ailleurs la voie sera bientôt non praticable. Car en plein hivernage, les affluents de la Falemé se remplissent à tel point que les ponts sont submergés.

En plus de l’inexistence de route bitumée pour facilement se rendre à Kéniéba, les populations sont confrontés à des coupures de robinets et presque l’inexistence d’électricité dans la ville. Le problème d’eau, rappelle les années 1985, 86, 87 où les gens passaient toute la nuit devant les puits pour se procurer de l’eau.

Les pompes qui avaient été laissées au profit du robinet sont les plus sollicitées actuellement par les gens. Les fontaines ne viennent que tard dans la nuit. “L’arrivée du robinet avait donné un réel espoir de développement de la commune pour les populations. Mais aujourd’hui, c’est le recul, on trouve difficilement l’eau du robinet.

C’est pourquoi, nous partons vers les pompes qui n’ont pas été supprimées et les puits pour nous approvisionner”, a fait savoir avec désespoir, M F, un commerçant résidant à Kénièba.

Comme pour le robinet, l’installation d’un groupe électrogène récemment avait suscité un petit espoir chez les populations pour l’électrification de la ville. Mais cette joie fût de courte durée. Depuis la fin du festival de Konkodougou qui s’est déroulée du 25 au 28 mai dernier, les populations ne reçoivent plus de lumière.

«C’est à la veille du festival, que ce groupe a été installé. Il y avait de la lumière. Mais depuis la fin du festival, l’on se demande ce qui se passe avec le groupe. Présen-tement, l’obscurité comme autrefois retrouve tout son droit.», a expliqué avec colère M. Barry, un vieux éleveur.

En plus de ces difficultés dont souffrent les populations de Konkodou-gou, vient s’ajouter celle de la télévision. En effet, Kéniéba dispose d’une antenne de télévision. Des constats faits par les gens, cette antenne ne couvre qu’un petit rayon. La plupart des arrondissements et villages ne reçoivent pas les images de la télévision malienne.

Surtout ceux qui sont sur les montagnes. Une antenne relais sur la colline de Kéniéba serait la bienvenue pour les villages qui sont en haut de Kéniéba pour recevoir les images de la télé. Le cercle de Kéniéba regorge d’importantes ressources minières.

Cela fait qu’il donne plusieurs milliards de F Cfa à l’Etat. Il est donc important que les autorités du pays pour récompenser le cercle de ces efforts constatés par les voyageurs à travers son sous-sol, trouvent une solution définitive aux questions de route, d’électricité, d’eau et d’antenne relais pour le cercle.

Des facteurs qui sont incontournables pour le développement de toute commune. Sans cela, même l’uranium qui est pressenti dans l’arrondissement de Faléa (85 km de Kéniéba), sera difficilement exploité à cause de l’enclavement de la zone.

Hadama B. Fofana

27 Juin 2008