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A la tête d’une forte délégation du parti, le président du CNID, Me Mountaga Tall, a été triomphalement accueilli, le vendredi 25 juin, dans l’après-midi, à Kayes, ville natale de N’Diaye Bah, son adversaire juré.

C’est en effet, à 3 km de la Cité des rails que les militantes et militants du CNID sont massivement sortis pour accueillir leur leader, malgré le travail de sape que le ministre N’Diaye Bah y a mené.

Le lendemain, Me Tall a tenu sa conférence de section, dans la salle de réunion archicomble du conseil de cercle. Devant ce grand monde, l’hôte de Kayes s’est exprimé dans en « Bamanan » clair et limpide.

Durant deux longues heures, il a fait l’historique de la crise actuelle, sans oublier de révéler les fausses promesses de son ex-Secrétaire général. Celui-ci, selon Me Tall, avait pris, lors des élections de 2007, des motos à son propre compte auprès des opérateurs économiques pour les distribuer à certaines sections du parti. Il a ensuite refusé de régler la facture et a dirigé les commerçants vers le CNID.

Finalement, le parti s’est engagé à éponger la dette. De plus, il a promis au parti 50 millions de nos francs pour les besoins de la campagne électorale de 2007. Malheureusement, il n’a déboursé aucun Kopek. Alors qu’il était, pendant huit bonnes années, en mission du CNID au gouvernement. En clair, Me Tall a laissé entendre que la présence de N’Diaye Bah au gouvernement a beaucoup desservi le parti, au lieu de le servir.

Le leader du CNID rassure malgré tout : « Nous avons tourné la page de N’Diaye Bah. Nous nous occupons du parti et non des partants ». Nous y reviendrons dans notre prochaine parution.

Pierre Foo Medjo, envoyé spécial à Kayes

Le 22 Septembre du 28 Juin 2010.

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A propos des démissions au CNID-FYT : Ce que maitre Mountaga tall a dit

Il y a longtemps que Maitre Mountaga Tall, Président du CNID-FYT ne s’était rassemblé publiquement avec ses militants de Ségou d’où toutes les arguties que ses pourfendeurs lui lancent pour justifier leur désamour avec sa politique. Au bénéfice d’une vague de démissions qui a pris corps dans le parti, (le CNID n’a plus de Maire dans son fief emblématique qu’est Ségou), Maitre Tall fut contraint ce 20 Juin dans la Salle Meruba de Ségou de parer au plus pressé pour arrêter l’hémorragie en décidant de mieux communiquer et surtout de prêcher la bonne parole. Nous vous livrons in extenso ses propos recueillis en bambara et traduits par notre rédaction en français.

« Dieu soit loué et que la Paix soit sur le prophète Mahomet (PSL). Permettez-moi d’adresser mes salutations et remerciements sincères à nos chefs. Il s’agit de nos chefs de villages et de quartiers, nos chefs religieux, nos imams et l’ensemble de la population de Ségou. Merci Ségou pour hier, Merci Ségou aujourd’hui et que Dieu nous accorde longue vie pour un Ségou meilleur de demain. Je dois remercier nos griots de Ségou qui m’ont accompagné ce matin depuis ma famille natale jusque dans la salle de conférence.

Cela est une tradition que nous allons respecter et renforcer. Depuis 1990 à nos jours, avec la démocratisation de notre pays, j’ai toujours été avec Ségou pendant des moments difficiles. Aujourd’hui, nous assistons aux compétions mondiales de football en Afrique du Sud et le symbole de ce mondial est la flûte. Je viens de me rendre compte que nous avons des gens chez nous qui maîtrisent bien cet instrument de musique mieux que les Sud africains .Je leurs remercie beaucoup sans oublier tous les organisateurs de cette rencontre.

Je remercie toute la délégation venue de Bamako notamment l’Honorable Hadi Niangadou représentant l’ensemble des députés CNID ici, Ibrahima N’Diaye dit Vieux chef de la délégation du Comité Directeur, Modibo N’Diaye aussi membre du Comité Directeur, la représente des femmes Madame Raïs Aïcha, le représentant des jeunes Mohamed Coulibaly.

Ousmane Thera est ici à deux titres, d’abord au nom du parti et ensuite représentant Madame Maïga Sina Damba Ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille. Le souhait de tous les membres du Comité Directeur, de tous les députés était d’être ce matin à Ségou.

Mais des rencontres similaires à celle de ce matin se tiennent un peu partout au Mali et les gens sont repartis entre les différentes localités. Ils vous adressent leurs sincères remerciements. Nos remerciements s’adressent à l’ensemble des représentants des 30 communes.

Le CNID contrôle-t-il la mairie de Sakoiba ?

Le Maire de Sakoïba, Bakary Diarra vient de parler. J’aimerai m’arrêter ici pour donner quelques informations à son sujet. En 2004, au sortir des élections communales, il était le plus jeune maire de la République du Mali. Quand j’ai reçu la lettre des démissionnaires, le nom de Bakary Diarra y figurait. Je lui ai téléphoné pour lui demander. Il m’a dit ceci « Moi ! Baba, moi ! ? Je préfère ne pas vous répondre mais je vous prouverai par des actes que c’est faux. » Et voilà la preuve qu’il vient de montrer ce matin en apportant un démenti public aux mensonges que l’on avait fabriqués contre lui. La rencontre d’aujourd’hui porte sur quoi ? Elle porte sur la conférence de Section CNID de Ségou. Mais on a l’habitude de dire que l’imprévu peut souvent s’infiltrer dans ce qui est programmé.

Aujourd’hui, beaucoup de rumeurs minent notre parti, beaucoup de questions m’ont été posés. Si je ne parle pas ce matin, on dira que j’accorde peu d’importance aux autres ou on dira que j’ai tort et c’est pourquoi je refuse de parler. Mais d’ores et déjà, je vous assure que nous sommes dans une rencontre politique. Et pourquoi nous faisons la politique ? Chacun de vous a laissé des occupations pour être ici.

Nous parlons de parti politique. Quiconque parle de parti politique parle d’une œuvre de construction du pays. Si la confiance des Hommes fait de nous des responsables du parti, des députés, il ne s’agit pas de faire le porte à porte ou de distribuer un bien matériel aux gens. Il s’agit de faire en sorte que nous menons des activités ensemble qui assurent l’épanouissement de tous en allégeant les souffrances des populations.

J’aimerai rappeler quelques réalisations de ces quelques dernières années. En 2007, nous étions en campagne ici lors de l’élection présidentielle. Nous nous sommes retrouvés dans le Stade Amary Daou. C’est le lieu de rendre un grand hommage à cet homme qui fut un des piliers du CNID.

« Nos chantiers »

Quand on m’a donné la parole au nom de la population de Ségou, j’ai dit au Président de la République en campagne que Ségou connaît et respecte le pouvoir. A Ségou, un sujet nous préoccupe qui est la multiplication des accidents de circulation sur la route Ségou- Bamako. Nous aimerions que cette route soit faite en autoroute.

Quand le Président a pris la parole, il a dit qu’il va le faire et les travaux ont démarré déjà. Je suis allé aux USA avec le même Président. La convention relative à la création d’une usine de fabrication de sucre qui va donner du travail à 2 000 jeunes de Ségou a été signée en ma présence.

Concernant l’Université de Ségou, c’est nous, députés élus à Ségou, qui avons soumis la question au gouvernement qui l’a acceptée. Je ne parlerai pas de la construction de notre nouvelle mosquée car tout le monde a été édifié à ce sujet. Quant à la question du code des personnes et de la famille, je pense que nous avons pleinement joué notre rôle. Voilà les raisons pour les quelles nous faisons la Politique. Et nous ne voyons pas la politique autrement que de cette façon. Il s’agit de cimenter les relations sociales et de gérer les affaires quotidiennes.

Cependant à Ségou ici, c’est nous qui sommes venus au monde ici, c’est nous qui avons grandi ensemble ici, alors la politique ne doit jamais être une source de division, de mépris des uns envers les autres. Je ne voudrais pas que l’on condamne son parent, son ami parce qu’il n’est pas ou parce qu’il n’est plus du même bord politique que vous. Prions Dieu pour que ceux qui n’ont pas encore compris puissent bien le comprendre .

Le CNID ne va condamner qui que ce soit pour ses choix politiques, mais nous aimons notre Parti et nous travaillerons à le renforcer, à le protéger. Un parti politique est comme un véhicule qui fait plusieurs marchés. Au moment où certains descendent, d’autres montent. Si vous dites que personnes ne descend, le véhicule peut être plein et en cas de crevaison, il peut plus bouger. Alors faisons en sorte que ceux qui partent ne soient pas plus nombreux que ceux qui viennent.

Des questions m’ont été posées. Si le sujet ne tenait qu’à moi, je n’allais pas parler car je sais que ce n’est qu’un vent passager. Néanmoins, je vais apporter des réponses aux différentes questions qui me sont adressées. En répondant à ces questions, je demande assistance à Dieu pour que je ne prononce pas de mot qui vise à salir un Homme dans sa dignité.

En disant également la vérité, on peut être amené à faire des déclarations dures, même là aussi, je demande à Dieu de me donner la meilleure façon de le dire. Quand les Hommes s’associent, ils doivent tout faire pour ne pas se séparer. Et s’ils doivent se séparer par la manifestation de Satan, ils ne doivent pas ignorer le passé et oublier l’avenir. Car certains propos peuvent être tristes même après la séparation. Cela ne grandit pas.

Les démissionnaires

La première question qu’on m’a posée est de savoir qui sont les démissionnaires. Il ne s’agit pas de leur nom, mais de ce qu’ils faisaient au sein du parti. Notre parti, il se peut que nous n’ayons pas eu une grande place dans la gestion du pouvoir, il se peut que nous n’ayons pas eu d’abord ce que nous aimerions avoir, je dis bien d’abord car Dieu fait ce qu’il veut.

Le peu que nous avons eu, nous l’avons donné à des gens parmi nous. Il y a des gens qui sont placés même au dessus des autres membres du parti qui aujourd’hui et qui ont quitté le Parti. Ceux-ci ne représentent même pas le dixième de ceux à qui nous avons confié des responsabilités. Ils ont des postes de ministres, d’ambassadeurs, de directeurs…

A Ségou, nous ne connaissons pas un fait qui est de bien manger un repas, laver la main et cracher sur ce plat pour enfin dire qu’il n’est pas délicieux. Parmi ces gens, il n’y a aucun député, aucun conseiller national ou municipal. Aucun d’eux n’a sollicité le suffrage des populations. Tout ce qu’ils ont eu, leur a été gracieusement offert.

En partant, ils ont trompé des gens. Partout où ils sont passés, ils ont dit qu’ils ont vidé le CNID, que tous ses membres sont avec eux et qu’ils vont dans un autre parti. Ils ont établi une liste sur laquelle ils ont mis les noms des gens en fonction de leur réflexion. La vérité est que notre Comité Directeur comprend 74 membres. Ils ont dit que 15 membres du Comité Directeur ont démissionné. Le même jour, 3 personnes ont démenti cette déclaration.

Il s’agit de Hamata El Ansari, vous le connaît, il est à Pelengana ici, Madame Kamaté Awa Diassana, Jean Claude Sidibé. Parmi les démissionnaires, 7 travaillent au Ministère de l’Artisanat et du Tourisme. Au niveau des Députés, des conseillers nationaux, il n’y a aucune démission. Sur 50 Maires, ils ont parlé de 4 démissions.

Alors que seul le Maire de la commune urbaine de Ségou a confirmé sa démission, celui de Sakoïba a démenti, Diamou et Kalana observent. Au niveau du conseil des sages, sur 50 membres, aucune démission, du côté du Mouvement des Femmes, sur 46, il y a 3 démissionnaires dont 2 sont au cabinet du Ministère de l’Artisanat et du Tourisme et la 3ème est la sœur de lait de N’Diaye Bah. Dans le Mouvement des jeunes, sur 40, un seul démissionnaire qui est ex agent du Ministère de l’Artisanat et du Tourisme.

Sur 55 sections, aucune section n’a démissionnée. A Bamako, sur plusieurs milliers, 3 démissions annoncées et deux sont du Ministère de l’Artisanat et du Tourisme. A Kayes, sur plusieurs milliers, 2 démissions annoncées, 8 démenties, 4 démissions confirmées et 6 à vérifier. A Koulikoro, sur plusieurs milliers, 2 démissions annoncées, 1 confirmée et 1 à vérifier.

A Sikasso, sur plusieurs milliers, 6 démissions annoncées, 1 démission démentie, 4 démissions confirmées, 1 démission à vérifier. A Ségou, 9 démissions ont effectivement été enregistrées. Nous leur disons « A NOUW FO ». A Mopti, sur plusieurs milliers, 1 démission annoncée, 1 démission confirmée. Il est Conseiller au Ministère de l’Artisanat et du Tourisme. A Gao, Tombouctou et Kidal sur plusieurs milliers, aucune démission annoncée.

Les démissions individuelles sont très souvent fausses. A Ségou, les signatures sont achetées à 50.000 FCFA plus un sac de riz et de sucre. Cela est resté sans résultats probants. Le Comité Directeur ne souhaite plus continuer à se laisser distraire et a décidé de ne plus réagir aux faux documents des démissionnaires. Le Comité Directeur s’occupe du Parti et non des partants. Pour nous la crise est terminée.

La version d’ATT

La deuxième question que vous m’avez posée est de savoir si les démissionnaires sont aidés dans leur opération par le Président de la République. Je vous dis que le samedi dernier, les députés se sont rendus à Koulouba.

Ils lui ont fait savoir que le Président sait ce qui se passe et qu’ils veulent l’écouter car c’est mieux de savoir auprès de celui qui est cité. Le Président nous a dit : « Honorables Députés, je vous assure de trois choses : d’abord, personne ne m’a informé de son intention de trahir son parti, ensuite je n’ai dit à personne de trahir son parti et enfin je ne vais soutenir personne dans la trahison de son parti ».

Nous avons quitté avec cette déclaration. Qu’est ce que nous avons constaté ? Ces gens qui disaient qu’ils sont avec le Président, qu’ils ont le verbe, l’argent et la générosité ont déclaré dans un journal qu’ils n’ont jamais employé le nom du président. Ils ont menti.

Les raisons d’une démission

La question suivante est de savoir pourquoi ils ont quitté le parti. Les démissionnaires ont avancé des arguments. Ils ont dit que le parti est mal géré. Cela peut être vrai car aucun homme n’est parfait. Mais, dans notre parti le secrétaire général a trois missions. Il assure l’administration générale du parti, supervise la collecte de toutes les informations, s’occupe de l’organisation et du fonctionnement interne du parti et exécute les décisions prises par le Comité Directeur.

C’est comme le Premier Ministre d’un gouvernement. Par exemple, c’est comme si le PM disait aujourd’hui que le gouvernement du Mali travaille mal. C’est une grande déclaration. Alors, pendant 15 ans, que faisait le Secrétaire Général ?

Pendant ces 15 années, il dormait peut être. On dit que je nomme ou fait nommer qui je veux. Cela est bien possible. Mais les responsables des démissionnaires qui sont ministres, directeur ou qui furent ambassadeur, comment ils ont accédé à ces postes ? Je veux savoir si c’est par la dictature de Mountaga ou si c’est par voie démocratique C’est eux qui ont eu les meilleurs postes. Je vous laisse le soin de qualifier de telle personne. Ils ont également dit que je gère seul les fonds du parti. Quand votre ennemi est un lapin, vous devez reconnaître qu’il sait courir sinon les Hommes ne vous feront pas confiance.

Ce que ces gens disent est loin de la réalité. Je suis entré dans la politique jeune, avec mon argent, contrairement à beaucoup d’Hommes politiques. Et la situation que j’avais en 1990 est différente de ma situation actuelle. Je préfère ne pas rentrer dans ces détails. Dans notre parti, c’est le Comité Directeur qui statue pour dégager l’utilisation du montant avant même son acquisition. L’argent est domicilié dans une banque. Ma signature ne permet pas de faire un retrait.

C’est la signature du Vice Président et du Secrétaire Général qui permet de faire les opérations bancaires. Je ne vais pas mentir sur eux. Ils ne faisaient pas de retrait et l’argent restait bloqué. Je ne pouvais pas le toucher et eux aussi ne pouvaient parce qu’on ne peut pas faire du n’importe quoi, même si on est signataire. C’est le Comité Directeur qui décide.

Ce n’est pas bon qu’on se dise des mensonges car nous avons tous des enfants, des parents et des beaux parents. Celui qui ne peut pas me remercier par rapport à mes efforts financiers dans le parti, doit se taire. Ils ont dit que je refuse de convoquer le congrès. Mais le congrès a lieu chaque trois ans.

Le dernier congrès a eu lieu en 2007 et cette année 2010 est l’année du congrès qui va avoir lieu s’il plait à Dieu. Où est le problème ? Qu’est ce qui a accéléré leur départ ? Je vais vous faire une confidence. Cette crise était devenue interminable et la solution que nous avons trouvée était d’écarter les ennemis cachés car un ennemi déclaré vaut mieux qu’un ennemi caché. Vous savez qu’il y a des gens qui sont de vrais rapporteurs. Nous avons dit à ces agents que nous avons les moyens d’organiser maintenant le congrès dont l’organisation avoisine les 40 millions de FCA. Immédiatement, ils ont été informés. Conscients de leur faiblesse sur le terrain, ils ont démarché l’ADEMA –PASJ qui a refusé de les accueillir.

Alors, ils ont fait la politique du bélier. Quand le bélier fait marche arrière, ce n’est pas pour mettre fin au combat mais c’est pour tenter de revenir avec force à l’attaque. Des gens qui ont présenté auparavant des excuses ont décidé de reprendre les hostilités avant de quitter le parti.»

« Le cas de mon frère »

Pourquoi mon frère est parmi les démissionnaires ? Il est passé me déclarer son désir de devenir Ministre. Je lui ai fait savoir qu’il en a les capacités intellectuelles mais que cela n’était pas bon pour le parti car l’on n’hésitera pas à dire que c’est une affaire de famille puisque tu es mon frère. Le même frère est allé voir N’Diaye Bah, à qui on avait signifié qu’il sera remplacé lors du prochain remaniement ministériel. Cela lui avait été dit dès le départ. Alors le frère a dit à N’Diaye Bah que Mountaga veut te faire partir pour que je te remplace dans le gouvernement. C’est ainsi que N’Diaye Bah a pris la décision de partir, et en partant, il veut détruire ce qu’il pourra. Je me suis rendu compte que dans notre pays, beaucoup de gens tiennent encore à leur dignité, tout ne se vend pas et tout ne s’achète pas. Vous qui êtes venus de vos différentes communes, désormais quand on passe vous voir pour vous demander de quitter votre parti, dites leur « vous avez décidé de quitter le parti mais nous, nous sommes avec notre parti. On ne peut pas faire chemin avec vous ». Je vous remercie.

Le Titre et les Intertitres sont de la Rédaction

Le Procès Verbal du 28 Juin 2010.

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Le président du CNID défie N’Diaye Bah à la conférence de section du parti à Kayes : « Nous nous occupons du parti et non des partants », dixit Me Tall

C’est à un grand déballage et à une véritable démonstration de force qu’on assisté ce week-end à Kayes à travers la tenue, le samedi 26 juin, dans la Capitale des Rails, de la Conférence de section du CNID. Alors que le chef de file des démissionnaires, l’ex-Secrétaire général du parti, le ministre N’Diaye Bah, était dans la localité, 48 heures plus tôt, pour démobiliser les troupes.

Ce qui n’a point empêché le président du CNID, Me Mountaga Tall de remplir la salle de conférence du Conseil de Cercle de la ville pour y dire ses quatre vérités. « Les départs enregistrés ont apporté un souffle nouveau au parti. C’est du parti que nous nous occupons et non des partants », a-t-il lancé

Arrivée dans la Cité des rails dans l’après-midi du vendredi 25 juin, la délégation du CNID-Faso Yiriwa Ton, conduite par le président du parti, Me Mountaga Tall, avait fait une importante escale à Koniakary (chez l’ex- Secrétaire politique du parti, Oumar Soumaré, Chef de Cabinet du ministre N’Diaye Bah, démissionnaire) pour rencontrer les responsables locaux du parti. Ici, les démissionnaires ont laissé comme consigne, lors de leur passage 24 heures plus tôt, « ne le recevez pas ! ».

Consigne qui n’a point été suivie puisque, depuis la mosquée, jusqu’à la place publique, le bain de foule était important. Pour les uns et les autres, il fallait montrer au président du CNID et à sa délégation que les démissionnaires n’ont pas grande emprise sur les militants.

La délégation sera ensuite accueillie par plusieurs centaines de jeunes et de cadres habillés aux couleurs du parti du soleil levant, des T shirts avec l’effigie du président du parti, Me Mountaga Tall. Ce fut un long cortège qui s’est ébranlé depuis l’entrée de la ville de Kayes, pour, avec klaxon et ovations, accueillir le président du CNID et les membres du Comité directeur du parti. L’Hôtel Bouna servira de base à la délégation durant son séjour.

Vraies fausses démissions…

La conférence de section s’est ouverte dans la mi-journée du samedi 26 juin dans la salle de conférence du Conseil de Cercle de Kayes. Dans son intervention où le premier responsable n’a pas hésité à faire le grand déballage par rapport aux démissionnaires dont le désormais ministre Mouvement Citoyen N’Diaye Bah. Me Tall a expliqué à l’assistance ce qui apparaît désormais comme une série de «vraies fausses démissions en cascades au sein du parti». Il a présenté certtains responsables du parti que les partants ont annoncé comme étant démissionnaires.

Il y avait, en effet, au présidium le maire de Diamou, précédemment annoncé comme démissionnaire et d’autres cadres du parti à Kayes à qui on avait prêté des intentions de potentiels démissionnaires. Et Me Tall de rappeler que ces intoxications sur ces «vraies fausses démissions sont simplement ridicules». «Les dernières en date, a-t-il indiqué, sont celles concernant la «démission imaginaire» de la section de Koulikoro». Il a alors fait l’état des lieux, chiffre à l’appui, des démissions dont les principaux concernés au sein du Comité directeur du parti sont des cadres du ministère de l’Artisanat et du tourisme .

Des pressions pour débaucher et casser le parti

A ce propos, le président du parti du soleil levant a salué le refus de certains cadres à suivre N’Diaye Bah malgré les pressions qui sont exercées sur eux. Tel est le cas de Sanoussi Diop, le président de la section du parti à Kayes et non moins représentant régional de l’Office Malien du Tourisme et de l’Hotellerie (OMATHO) dans la Cité des Rails. Il a refusé de céder aux pressions exercées par N’Diaye Bah sur lui au risque de perdre son poste.

Parlant de la gestion du parti par l’ex-Secrétaire général, le président du CNID a expliqué qu’elle n’a pas été des plus orthodoxe (c’est un euphémisme). Le ministre N’Diaye Bah qui est Secrétaire général du parti et qui a d’importantes prérogatives pour l’organiser, se complaït toujours de critiques stériles sur son mauvais fonctionnement.

«Conformément aux textes du parti, le Secrétaire général est comme un Chef du Gouvernement. Lorsque le Premier ministre vient crier que son Gouvernement ne fonctionne pas bien et qu’il démissionne pour cela, vous comprenez qu’il y a problème ! En entrant au Gouvernement, N’Diaye Bah avait 5 mois d’arriérés de cotisation mensuelle de 5000 F CFA (du militant du CNID) à laquelle il s’était engagé.

Il a acheté des motos qu’il a offertes à ses amis en son nom personnel et dont il a transmis les factures au parti pour payement. Des frais que le parti est en train de payer jusqu’à présent. Par ailleurs, pour soutenir le parti à l’occasion des campagnes lors des élections législatives de 2007, l’ex-Secrétaire général s’était engagé à donner 50 000 000 F CFA. Jusqu’ à aujourd’hui, il n’a rien donné», a expliqué Me Tall dans un bambara soutenu.

Evoquant la gestion financière du parti, et parlant des supposés détournements des fonds du parti dont l’accablent N’Diaye Bah et ses amis démissionnaires, Me Mountaga Tall a dit clairement que le retrait des fonds du parti ne peut se faire que grâce aux signatures du Secrétaire général et du Premier vice-président du parti. Lui, le président ne pouvait le faire. Et Me Tall de se demander comment, dans ces conditions, il pouvait détourner les fonds du parti.

Le président du parti a rappelé, en quelques mots son parcours politique pour faire comprendre aux Kayésiens que la gestion autocratique du parti que ses adversaires démissionnaires d’aujourd’hui lui reprochent est à mille lieues de sa lutte politique. «S’il y a quelque chose que j’ai toujours combattue dans mon parcours politique, c’est bien l’autocratie. C’est ce qui m’a conduit à refuser des avantages auxquels je pouvais légitimement prétendre et laisser des cadres du parti bénéficier de ces avantages».

Il a rappelé que plusieurs responsables d’associations ont été membres du Comité de Transition pour le Salut du Peuple (CTSP). Il a été pratiquement le seul qui a refusé de rentrer dans le CTSP avec le souci de promouvoir d’autres responsables du CNID association. Il n’a pas manqué de rappeler l’épisode de 1994 durant lequel le président Alpha Oumar Konaré l’a sollicité de rentrer dans le Gouvernement.

Là également , il a préféré y faire entrer trois hauts cadres du parti d’alors : Me Amidou Diabaté, Yoro Diakité et Abdoulaye Diop. Et de dire que le président Alpha a testé pendant longtemps sa résistance à ne pas courir derrière les postes ministériels ou d’autres avantages ou encore simplement «sa vision altruiste de la politique et non le tout pour moi seul comme certains veulent le faire croire».

Revenant sur le cas des démissions, le président du parti du soleil levant a indiqué qu’il n’a jamais souhaité le départ de ces cadres du parti. Il a mis un accent sur le cas d’Oumar Soumaré(Chef du Cabinet du ministre de l’Artisanat et du tourisme), l’ex-Secrétaire politique qui s’était, pendant un moment, opposé à la reconduction de N’Diaye Bah comme ministre CNID et qui, aujourd’hui, est un des alliés de l’ex-Secrétaire général du parti dans «sa rebellion contre le parti».

Pour Me Tall, il est temps que les responsables du CNID se donnent la main pour travailler à la cohésion et à l’unité du parti à Kayes et sur toute l’étendue du territoire. Il a salué la présence remarquable des représentants des autres formations politiques à cette rencontre.

Avant l’intervention du président du parti, le président de la section de Kayes, Sanoussi Diop a déclaré que l’événement du jour est la manifestation de l’attachement des militants et responsables au parti, malgré les difficultés à surmonter et les sacrifices à consentir. «Nous sommes aujourd’hui parmi les premiers partis politiques parmi la dizaine censée animer la vie politique dans le Cercle de Kayes.

La preuve est que le CNID Faso Yiriwa Ton compte aujourd’hui dans ses rangs 80 élus municipaux dont 2 maires, des adjoints au maire, des conseillers de Cercle. Le bilan est, certes, éloquent, voire performant mais on pouvait mieux faire si toutes les conditions avaient été réunies», a-t-il précisé.

M. Diop, qui a par ailleurs présenté deux poèmes rendant hommage au président national du parti, Me Mountaga Tall, a souhaité à la fin de son intervention que «le parti sorte plus grand, plus uni, pour lui permettre de continuer à jouer un rôle de plus en plus déterminant dans le renforcement de la démocratie, du développement et de la solidarité dans notre cher pays».

Pour sa part, le 2 è vice-président de la section CNID de Kayes, Cheick Oumar Diallo, a affirmé que le départ du ministre N’Diaye Bah est salutaire pour l’avenir du parti. Car, a-t-il précisé, «la présence de l’ex-Secrétaire général et son travail qui consistait à polluer l’environnement militant et des élus était un handicap pour l’épanouissement du parti du soleil levant. Il a créé des clans au niveau de toutes les structures du parti».

Retrousser les manches pour renforcer le parti

Le Conseiller municipal à la mairie de Kayes, Djibril Diallo, tête de liste du parti dans la Cité des rails, s’est voulu très optimiste qaunt à la capacité du CNID à remobiliser ses troupes dans toute la région de Kayes pour surpasser la crise que les démissionnaires essaient de provoquer au sein du parti. «Nous devons maintenant retrousser nos manches pour prouver à nos adversaires que nous n’avons rien perdu. Les militants sont encore majoritairement avec nous», a-t-il déclaré.

Précisons que les démissionnaires, avec à leur tête, le ministre N’Diaye Bah, après une tournée dans dans plusieurs sous-section du CNID, notamment à Koniakary et à Ségala, promettait une vague de démissions de plusieurs élus au sein du parti de Me Tall.

Il devrait tenir un meeting hier dimanche dans un stade de la ville de Kayes pour brandir son trophée constitué par plusieurs élus démissionnaires. Nous n’avons pas pu assister à cette manifestation.

Bruno Djito SEGBEDJI

Envoyé spécial à Kayes

L’Indépendant du 28 Juin 2010.