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La situation du nord du Mali divise profondément l’armée. Les soldats de la garnison de Kati ont choisi la journée de ce mercredi 21 mars pour manifester leur ras-le-bol. Débutée en fin de matinée, la mutinerie des militaires de Kati se poursuit toujours à cette heure (20h TU). La venue du ministre de la Défense et des Anciens combattants, le général Sadio Gassama, à la rencontre des militaires de Kati n’a pas apaisé les esprits. Cette entrevue a d’ailleurs pris fin prématurément.

Les revendications des soldats sont toujours les mêmes : ils veulent « recevoir des armes pour combattre les rebelles au nord », et dénoncent l’« incompétence » de certains « officiers supérieurs de l’armée».

La tension étant montée entre le ministre et ses hôtes, celui-ci a dû précipitamment quitter le camp avec l’aide de son garde du corps qui a procédé à un tir de semonce afin de pouvoir évacuer les lieux avec le représentant de l’état.

Après le départ du ministre, les soldats excédés se sont servis en armes avant de quitter la caserne. Ils ont encerclé la ville et fait part de leur programme : se réunir et aller à la présidence à Koulouba.

Leur intention connue, des bérets rouges ont sécurisé les lieux, se sont déployés sur les routes menant au palais et postés devant le camp militaire de Djicoroni.

Des militaires de Kati, à bord de quelques pickups, sont descendus à Bamako et se sont rendus à l’ORTM où ils ont fait évacuer les bâtiments, ne demandant qu’à voir le directeur. De fait, depuis ¬16h, les deux chaines nationales ont cessé d’émettre.

Face à l’échauffement des hommes en tenues, beaucoup de commerces ont fermé en fin de matinée à Kati. Craignant pour la sécurité des travailleurs, plusieurs services ont écourté la journée des travailleurs dans la capitale.

Selon RFI, le président devrait s’exprimer cette nuit.

Malgré les événements de la journée, et les soldats fidèles au pouvoir déployés autour de certains points stratégiques, les bamakois circulent normalement et la ville parait calme.

Des tirs se font entendre depuis les concessions de Hamdallaye ACI, notamment sur l’axe Bamako-Kati via Samé.

Les soldats mutins seraient au nombre de 200 et auraient réquisitionné une dizaine de véhicules pour leurs déplacements.

Nous recueillons en ce moment les sentiments de quelques bamakois et katois.

AFRIBONE

20h15, mercredi 21 mars 2012

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ORTM : Panneau noir depuis 16h ce mercredi

Suite à la sortie des militaires de Kati hors de leur garnison et à leur intention déclarée de marcher en direction de la présidence à Koulouba, des bérets rouges ont barré la route aux soldats. Les commerçants de Kati avaient fermé boutiques dès 13h suivie par toute l’administration katoise à 15h.

Au vue de la situation incertaine que connaît la ville, de nombreux services ont préféré laisser les travailleurs rentrer chez eux dès 15h.

Les maliens ont pu constater l’arrêt d’émission de l’ORTM, la télévision nationale, depuis 16h.

A Bamako, des bérets rouges, à bord de BRDM se sont positionnés devant le camp para de djicoroni aux environs de 16h30.

AFRIBONE – 17h30


Une rencontre entre militaires et quatre ministres dont celui de la Défense se solde par un tir de semonce

Kati a a connu des heurts ce mercredi 21 mars. La ville garnison de la capitale, située à 15 kilomètres de Bamako a vécu une certaine effervescence ce jour.

Après les 31 janvier et 1er février derniers, la ville avait retrouvé un calme qui selon toute évidence, restait précaire. Avant-hier, lundi 19 mars, les jeunes scolaires de la localité avaient voulu récidiver. Leur marche a été interrompue par les hommes en tenues, gendarmes et policiers. Les médias n’avaient pas eu accès à la zone.

Ce mercredi matin, une rencontre entre quatre ministres et les militaires de la garnison de Kati, dont le but aurait été de calmer les soldats suites aux différentes manifestations vécues par la ville, s’est terminée par un tir de semonce du garde de corps d’un des ministres présents. Selon nos sources, parmi les quatre ministres, il y avait le ministre de la défense et des anciens combattants et celui de l’Administration territoriale et des collectivités locales. La situation aurait dégénéré à l’issue d’une joute oratoire opposant les ministres aux militaires.

Afin de ramener le calme, selon plusieurs témoignages de katois, le garde du corps d’un des ministres aurait été amené à tirer en l’air pour dissuader ces confrères d’intenter toute action contre les ministres en compagnie desquels il aurait quitté les lieux très vite. Une fois les visiteurs partis, les militaires se seraient dirigés vers les dépôts de munitions et se seraient emparés des armes.

Des tirs auraient été entendus au-delà des murs de la garnison, toujours selon les habitants. Cette démonstration de force serait leur marinière de montrer leur mécontentement vis-à-vis de la guerre qui persiste dans le septentrion du pays.

Au moment où nous mettons cet article en ligne, les tirs auraient cessés et les militaires très remontés, après avoir quadrillés la ville, auraient promis de se rassembler pour se rendre à Koulouba aux environs de 17h. Certains militaires seraient en train de réquisitionner des véhicules appartenant à des civils. Tous les carrefours seraient occupés par les militaires.

Le camp militaire ainsi que les locaux du Prytanée militaires auraient été pillés.

Des coups de feu seraient régulièrement tirés par des militaires depuis des véhicules sillonnant les rues de la ville. Les civils observeraient tout cela un peu comme un spectacle.

A bord de BRDM et de chars combats, les militaires de Kati faisaient face à 14h30 aux bérets rouges à la sortie de la ville. Pas d’affrontements.

Seydou Coulibaly

21 Mars 2012

ML: 15h 00 TU

©AFRIBONE