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Kati : les épouses des militaires s’indignent

La police a écourté à mi-chemin, dans la matinée du mardi 31 janvier 2012, la volonté des femmes du camp militaire de Kati (situé à 15 Km de Bamako) de rallier Koulouba où elles avaient un message particulier pour les autorités maliennes : «Nos époux peuvent battre les assaillants si on mettait à leur disposition les moyens militaires adéquats».

Celles-ci s’indignent contre l’État qu’elles accusent d’avoir jeter leurs époux, leurs pères et enfants dans une boucherie dans le nord du pays. Depuis le second affrontement entre l’armée et les insurgés touaregs du mouvement national de libération de l’Azawad à Aguelhok, beaucoup de familles ne parviennent plus à retenir leur souffle. Si les combats de Ménaka et la première tentative d’occupation d’Aguelhok n’ont pas été favorables aux insurgés, la situation militaire aurait été dramatique pour les forces de défense et de sécurité lors de la réouverture du front à Aguelhok, le 24 janvier dernier.

On parle même de carnage. Info ou intox ? Selon des sources généralement sûres, l’armée malienne a subi des pertes énormes. On parle même de près d’une centaine de morts. Comment cela est-il arrivé ? Selon nos sources, les militaires maliens auraient manqué de minutions au cours des combats amenant ses adversaires à effectuer des opérations gravissimes.

L’armée n’a pas donné de bilan de ces affrontements. Le communiqué du ministère de la défense et des anciens combattants qui s’en est issu se bornait à dire que «des pertes importantes, tant humaines que matérielles» ont eu lieu «de part et d’autre».

C’est pourquoi les familles des militaires s’inquiètent du manque d’information. Sans crier à la démotivation, ces dernières ont voulu alerter l’Etat à travers une marche pacifique à Kati. Destiné au palais de Koulouba, les marcheurs comprenant essentiellement des femmes et enfants des militaires du camp de cette ville se sont heurtés à mi-chemin à un barrage sécuritaire. Ces manifestants se disent convaincus de la capacité des forces de défense et de sécurité de venir militairement à bout de la rébellion si on mettait suffisamment de moyens à la disposition des hommes.

Seydou Coulibaly

01 Février 2012

©AFRIBONE


Rébellion au Nord du Mali / Les femmes des camps marchent sur Koulouba

Les femmes des porteurs d’uniformes de Kati ont organisé une marche pacifique de protestation contre l’insécurité au Nord-Mali. Elles ont marché de la ville de Kati à quelques deux kilomètres de Koulouba où elles ont été stoppées par les forces de sécurité. C’était hier mardi 31 janvier 2012 aux environs de 11 heures.

Un regroupement des femmes de porteurs d’uniformes a engagé une lutte féroce contre l’insécurité au Nord-Mali et contre le fait que leurs époux et leurs enfants sont en train d’être tués par des rebelles au nord du Mali. Avant-hier déjà, c’est-à-dire lundi dernier, ces mêmes femmes avaient tenté de marcher sur Koulouba. La marche de ce 31 janvier 2012 était donc la deuxième tentative, c’est dire leur détermination à s’exprimer et à se faire entendre des plus hautes autorités. Elles affirment mener jusqu’au bout leur bataille pour obtenir gain de cause.

jpg_kati-3.jpgLa marche, partie de la ville de Kati, est passée par le centre émetteur de l’Office de radiotélévision du Mali (ORTM) et devait se terminer aux portes du palais de Koulouba. Si aucune banderole n’était visible sur le parcours, le but était cependant connu de tous : arrêter l’assassinat de leurs maris et leurs enfants par les rebelles qui écument le nord du pays.

Les marcheurs (il y avait aussi des hommes), plus de cinq personnes, étaient suivis d’un véhicule militaire, transportant une dizaine de militaires, apparemment pour les protéger.

A pied, pour la majorité d’entre eux, (il y avait aussi des motocyclistes et des automobilistes), ils ont parcouru la dizaine de kilomètres du parcours laissant derrière eux de gros cailloux et de pneus enflammés. Aux abords du quartier de Koulouba c’est Natié Pléa, le ministre de la défense et des anciens combattants, en personne, qui est venu à leur rencontre pour calmer les esprits et leur demander de se concerter pour composer une délégation qu’il recevra dès jeudi prochain pour des discussions. Selon des témoignages, plus de 150 militaires maliens sont tombés sous les balles rebelles fautes de matériel adéquat pour faire front.

Certaines femmes aussi ont laissé entendre que leurs époux et leurs enfants vont souvent sur le champ de bataille sans le matériel nécessaire pour pouvoir se défendre et lutter efficacement. « Je marche aujourd’hui avec mes mamans parce que je suis furieux, énervé par la barbarie de ce qui se déroule au nord du Mali. Regarde les rebelles ont tué des militaires maliens, tout près, à 50 Kilomètres de Nioro.

Il faut que cela cesse », disait un jeune mécontent qui s’est joint à la marche. Longtemps les femmes sont restées débout face à la barrière infranchissable des éléments de la garde nationale qui les empêchaient de continuer et d’atteindre le palais de Koulouba, l’objectif alors qu’arrivait sur les lieux le général Gabriel Poudiougou, chef d’Etat major général des armées. Notons que la marche a duré plus de cinq heures.

Aguibou Sogodogo

Le Républicain du 01 Février 2012


Situation au Nord : Poussée de fièvre à Kati

Les épouses, parents, et amis des militaires victimes des attaques survenues à Ménaka et Aguel’hoc sont en colère. Ils l’ont manifesté hier au cours d’une marche pacifique qui est partie du camp de Kati pour aboutir au carrefour des routes du Point G et de Kati.

Cette manifestation était annoncée depuis quelques jours dans la presse et sur certaines radios de place. C’est aux environs de 9 heures que les marcheurs constitués essentiellement de femmes et de jeunes se sont rassemblés sur la place d’armes de Kati réclamant notamment que toute la lumière soit faite sur les événements survenus à Aguel’hoc, Ménaka et Andéramboucane. Rappelons à ce propos que le gouvernement qui avait évoqué « des atrocités » commises par « des djihadistes d’AQMI, des éléments du MNLA et d’autres assaillants », a déjà constitué une commission d’enquête en vue justement de « faire toute la lumière sur les évènements survenus à Aguel’hoc et de saisir, le cas échéant, les juridictions nationales et les instances internationales compétentes ». A Kati, les manifestants seront reçus après une négociation tendue, par le chef d’État major général des armées, le général Gabriel Poudiougou. Après avoir pris note des revendications des marcheurs, celui-ci a promis de les transmettre à qui de droit.

jpg_koulouba-3.jpgOn avait cru que le mouvement s’arrêterait là. Mais s’était sans compter avec la détermination des marcheurs de se faire entendre. C’est ainsi qu’ils prirent la route de Koulouba pour, disent-ils, rencontrer le président de la République. Le général Gabriel Poudiougou a tenté en vain de raisonner des marcheurs visiblement surexcités. Tout le long de leur trajet, ils ont brûlé des pneus et accumulé des pierres sur la chaussée, mais sans véritablement couper la circulation. Aux environs de 12 h 20 les marcheurs sont parvenus au carrefour du Point G et de Kati.

Ici un mur constitué essentiellement d’éléments de la Garde nationale avait été dressé par les forces de l’ordre et de sécurité. Les manifestants tenteront à plusieurs fois de forcer ce barrage tandis que plusieurs hauts gradés les incitaient au calme. Aux environs de 12h40, le ministre de la Défense et des Anciens combattants arrive sur les lieux où le barrage de la Garde nationale fait toujours bonne garde. S’engage alors une négociation qui durera plus d’une heure. Le ministre parvient non sans difficulté à calmer les manifestants. Le ministre a expliqué avoir compris les doléances des marcheurs et proposé de les rencontrer aujourd’hui dans l’après-midi. La proposition a été acceptée. Finalement c’est vers 14 heures que les marcheurs prirent le chemin du retour pour Kati dans des véhicules mis à leur disposition par les forces de sécurité.

Affaire à suivre.

Mercredi 1er février 2012, par Baye Coulibaly

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