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De tous les artistes maliens, Kassé Mady Diabaté est celui qui a une voix exceptionnelle. Cette voix associée à son talent, lui a valu toute la célébrité qu’on lui connaît. Parti du vil­lage de Kéla dans le cercle de Kangaba, ce griot nourri à la source traditionnelle de l’art griotique s’est lancé à la conquête de l’univers. Son parcours.

Issu d’une prestigieuse famille de griots, Kassé Mady Diabaté est né en 1949 à Kéla, village mandingue, situé à quelques enca­blures de Kangaba. Comme tout bon griot, il fut très tôt initié à la chose musicale dans la pure tradition de grand griot du manding.

Son talent inné, doublé d’une voix exceptionnelle, l’a vite conduit à être sollicité pour les cérémonies de baptême, de mariage et de diverses fêtes. Mais, cela ne pouvait pas durer. Car l’artiste avait beaucoup de talent à revendre et ne pouvait pas se contenter des manifestations ponctuelles de baptêmes et de mariages.

Il prit la ferme décision de saisir une opportunité qui s’offrait à lui à quelques kilomètres de son village natal. En 1970, sur des conseils appuyés de certains amis, il décide d’intégrer l’orchestre « Super Mandé » de Kangaba.

Pendant deux ans, il fait le bonheur des mélomanes de ce cercle malien, situé à environ une centaine de kilomètres de Bamako. Mais, n’ayant plus rien à prouver dans cette localité, l’artiste voulait vivre d’autres expériences.

Il prit la direction de la capitale Bamako, où de nombreux orchestres rivalisaient d’ardeur pour se constituer une clientèle fidèle dans les différents espaces culturels qu’ils animaient plusieurs nuits dans la semaine.

Le talentueux Kassé Mady Diabaté n’eut pas beaucoup de difficultés pour se faire une place dans un orchestre de choix de la capitale malienne. En 1972, sa belle voix lui permit d’intégrer le « Badema National« , orchestre créé par le gouvernement malien au lendemain de l’indépendance pour matérialiser sa politique d’encouragement et de valorisation de la culture nationale.

Après un bref passage dans l’orchestre « Las Maravillas du Mali« , il revient à l’orchestre « Badema » rebaptisé « National Badema du Mali« . Cet orchestre va marquer les esprits de nombreux Maliens pendant de longues années à cause de la voix exceptionnellement mélodieuse de Kassé Mady Diabaté, avec des titres tels que « Sindiya » et « Fodé».

Du reste, « Fodé » sera le titre du premier album solo de Kassé Mady Diabaté, sorti en 1988, arrangé par Boncana Maïga et produit par Ibrahima Sylla. Cet album sera suivi en 1990 par l’album « Koulandjan Kela » qui a été distribué chez Mélodie. Inspiré et apprécié par les mélomanes, l’artiste mettra sur le marché en 2002, « Mandé Music From Mali » et en 2003, l’opus « Kassi Kassé« .

Parallèle à cette production discographique soutenue, Kassé Mady sera impliqué dans le projet d’identités croisées « Songhaï 2« , avec le groupe flamenco j espagnol Ketama et I Toumani Diabaté. Il va aussi participer à une autre expérience avec Toumani Diabaté et Taj Mahal.

Habitué à se faire accompagner par le virtuose malien de Ngoni Bassékou Kouyaté, Kassé Mady Diabaté n’eut aucune difficulté à intervenir dans l’album « Segu blues« . Ce chef d’œuvre de Bassékou vient d’enlever deux awards de la Radio BBC à Londres.


Assorte Koné

15 Mai 2008