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Nos différents marchés ruraux sont envahis ces derniers temps, par des étrangers acheteurs des amandes de karité venant des pays voisins en achetant le produit à n’importe quel prix et sans aucune considération de qualité ou de norme et contraire aux règles de transaction commerciale dans l’espace communautaire que les ressortissants de chaque pays doivent respecter et non perturber.

Cependant, je ne voudrais pas dire par là que ces étrangers ne doivent pas acheter les amandes chez nous, mais qu’ils respectent le règles du jeu, c’est-à-dire s’adresser au groupements de femmes productrices ou aux opérateurs du secteur légalement installés dans les zones de production de karité au lieu d’aller jusqu’aux hameaux de culture, sans aucun respect des principes.

Si ces pratiques continuent sans la moindre mesure, les groupements de productrices de karité, à travers leurs différentes coopératives auront des difficultés à avoir des amandes qui constituent leur activité pour le beurre de karité avec déjà le prix de 200 FCFA/kg en ce mois de septembre alors que le karité n’a pas bien donné au Mali et certains pays de la sous-région.

Sachez aussi que cette situation est créée par les compagnies asiatiques à travers leurs relais en Afrique de l’ouest, qui veulent avoir des quantités énormes, coûte que coûte, car vu la rareté du produit sur le continent, alors que ces compagnies s’approvisionnent auparavant auprès des entreprises européennes, qui s’approvisionnent, à leur tour, en Afrique de l’Ouest.

Le Mali pourrait bien tisser des liens de partenariat avec ces compagnies asiatiques avec le concours des autorités à travers les actions de conquête de ces marchés. Un scénario qui est très plausible.

Aussi, les conséquences des achats non contrôlés des étrangers peuvent mettre en cause les actions des ONG et partenaires au développement. Les achats d’aujourd’hui sont faits sans considération de qualité au moment où le marché de l’Union européenne exige les normes de qualité des produits de karité pour les industries alimentaires (chocolaterie).

Enfin, je pense bien que le programme JITAPE en cours avec le ministère de l’Industrie et du Commerce et le Centre du Commerce International (CCI) pourrait permettre de mieux exporter les produits de karité du Mali sur le marché extérieur à travers une bonne organisation de tous les acteurs de la chaîne de valeur du karité et la solution à cette situation peut se faire par des mesures d’information et de sensibilisation des acteurs de différentes zones de production afin de mieux circonscrire le phénomène.

*Président de l’Association Malienne des exportateurs de produits Oléagineux et de cueillette «AMEPROC»

BP : 2361 Tél : 684 70 15 Bamako

27 septembre 2007.