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Accompagné de son éternelle guitare et doté d’une voix toute chaleureuse, Kar Kar est de retour avec des textes toujours aussi évocateurs des réalités africaines. Le bluesman, que d’aucuns ont tenté d’assimiler à Ali Farka (paix à son âme), sera en concert le 15 mars au Centre culturel français (CCF) de Bamako.

Après la sortie de son dernier album, « Kongo Magni » en 2005, le public malien était nostalgique de la mélodieuse guitare du bluesman malien, Boubacar Traoré Kar Kar. Le mari de Pierrete (paix à son âme), dont la musique a fait danser tout le Mali dans les années 1960, va encore offrir de la joie aux mélomanes bamakois. Il sera en concert la nuit du 15 mars au Centre culturel français (CCF).

Kar Kar qui se produit rarement sur les scènes maliennes va certainement provoquer des sensations fortes chez ses nombreux fans qui effectueront le déplacement. Les anciens tubes « Mariama », « Djarabi », « Kayéba », d’autres tubes toujours aussi évocateurs des réalités africaines seront resservis.

Lorsqu’on évoque le blues africain, le nom de Boubacar Traoré, surnommé Kar Kar, revient inévitablement. « A chaque fois que j’écoute Kar Kar j’ai des sentiments de patriotisme, l’envie du retour au pays », nous a avoué un immigré rencontré à Saint-Denis.

Le blues de Kar Kar n’en finit pas de nous interpeller et de nous faire voyager par ses sonorités inimitables. Il a découvert le blues grâce à son grand frère qui était professeur de musique. « Il m’a initié à la guitare et je me suis passionné pour le blues ». Malgré sa riche carrière, Kar Kar ne compte que cinq disques réalisés entre 1994 et 2003.

Cependant, l’artiste a composé beaucoup de chansons entre 1960 et 1994. « J’ai fait beaucoup de chansons, mais les titres étaient uniquement diffusés à la radio. A cette époque, on n’enregistrait pas de disques ou de cassettes en Afrique ». Toutes ces chansons furent des tubes (« Mali Twist », « Mariama », « Djarabi », « Kayéba »…) Ce sont ces chansons qui ont lancé sa carrière.

Sa carrière musicale internationale commence en 1989 avec la cassette Mariama… « Un matin, un producteur anglais, basé à Londres, a découvert ma cassette et m’a fait des propositions. J’étais à Paris de 1989 à 1991, suite à cette proposition de collaboration je me suis rendu en Angleterre ».

Sa carrière prend un nouvel essor quand Londres le découvre. Il y enregistre deux disques, « Mariama » et « Kar Kar ». Il donne des concerts en Angleterre, en Suisse, au Canada et aux Etats-Unis. A Paris, les week-ends, il animait dans les foyers. Connu par de grandes maisons de productions, le vétéran cherche à produire son 3e disque.

Le studio Bogolan à Bamako, à l’initiative de la « Revue Noire », produit son troisième disque « les Enfants de Pierrette », avec la participation de grands de la musique malienne comme Ali Farka Touré, Toumani Diabaté et Kéletigui Diabaté.

Interrogé sur ses grands moments de gloire, l’artiste avait répondu : « Je dois véritablement mon ascension sur la scène internationale au festival de Lausanne (Suisse) auquel j’ai participé en 1992 ».

Toutes ces consécrations sont intervenues après que la télévision nationale l’ait invité enfin en studio en 1987 alors que le public le croyait disparu.

« Alors qu’on me croyait mort, j’ai été redécouvert par un journaliste de la télévision malienne à Kayes. Il a fait une annonce nationale, ce qui m’a valu une renaissance auprès du public », se rappelle l’artiste.

Kar Kar, est cet artiste qui ne cesse d’évoquer le nom de Pierrette, sa tendre épouse disparue qu’il chante.

Amadou Sidibé

13 mars 2008.