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Les relations sont tendues entre le juge et le chef de la brigade territoriale de la gendarmerie de Kangaba. Hier, mardi le malentendu entre les deux personnalités a implosé…

Depuis quelques jours le torchon brûle entre le juge de Kangaba, Amadou Kaly Diallo et son chef de la Brigade territoriale de gendarmerie, Drissa Togola. Hier cette tension latente a fini par imploser lorsque le CB Togola s’est rendu au domicile du juge pour le mettre en garde de ne plus jamais lui intimer des ordres.

Les faits

En fait, tout est parti de la gestion d’une procédure ouverte suite à des altercations éclatées entre 5 femmes. Saisi de l’affaire, le CB et ses éléments ont pris la décision d’eux-mêmes de faire payer par chacune des belligérantes la somme de 10 000 FCFA contre une liberté totale. Informée de cette entorse à la loi, le juge Amadou K Diallo aurait instruit au CB de reprendre les préalables de la procédure conformément au code pénal. A la demande du juge de reprendre les différentes parties en conflit, le CB est resté sourd. Sur l’instance du juge, Drissa Togola a vertement soutenu que les bagarreuses ont toute quitté la ville pour Bamako. Ce qui, n’était pas vérifiable, c’est pourquoi le juge aurait tenu à ce que toutes les 5 dames lui soient présentées conformément à la loi après un procès-verbal régulièrement établi par la gendarmerie.

Face à un second refus du gendarme de se plier aux ordres de sa hiérarchie, le juge Diallo a donné mandat à un de ses gardes de retrouver les belligérantes qui se trouvaient encore dans la ville et de les conduire à la gendarmerie pour la reprise des procédures. Le CB Drissa Togola les a encore relâchées sous prétextes qu’il n’y a pas lieu de les reprendre. Dans un échange téléphonique, le CB aurait même affirmé au juge qu’il s’assume de sa décision, n’en déplaise au juge.

Pire, accompagné de certains de ses éléments il se serait rendu, hier mardi 10 septembre en début de soirée, au domicile du juge Diallo pour répéter ce qu’il venait de lui dire au téléphone. Là encore, le CB aurait proféré et des menaces et d’autres propos de désobéissance à l’égard du juge. Selon nos sources, ce dernier n’a eu son salut qu’à la présence à son domicile (au moment des faits) du chef de peloton de la gendarmerie.

Contacté par nos soins, le juge a confirmé les faits tout en témoignant que le CB, accompagné d’autres gens, venait de débarquer à son domicile pendant le temps de notre communication téléphonique. Pour présenter ses excuses ou pour enfoncer le clou ? Nous vous le dirons dans nos éditions futures.

Pour l’heure, la situation entre les deux hommes reste très tendue.

Markatié Daou

L’Indicateur du Renouveau du 11 Septembre 2013