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C’est dans un discours très explicite que la Ministre des affaires étrangères et de la coopération internationale, lors de la conférence intergouvermentale de Marrakech, a réaffirmé la volonté du Mali à se conformer aux engagements fixés par le pacte mondial pour la migration des Nations Unies. Ce dernier est un code international de bonne conduite en matière de politique migratoire des pays du monde. Prévue sur deux jours ( 10 et 11 décembre dernier), la conférence intergouvermentale de Marrakech pour la migration qui coïncide avec le 70ème anniversaire de la déclaration universelle des droits de l’Homme devrait être une étape purement formelle du processus onusien sur les questions migratoires.

ckc.gifPlus de 150 pays ont adopté lundi à Marrakech, le Pacte mondial sur les migrations des Nations Unies, nonobstant les critiques des nationalistes et partisans de la fermeture des frontières. Antonio Guterres, le secrétaire général de l’ONU, a exhorté le monde en ces mots : « Nous ne devons pas succomber à la peur », avant l’adoption formelle de ce texte destiné à renforcer la coopération internationale pour une « migration sûre, ordonnée et régulière ». Il a finalement été formellement approuvé, mais le document doit encore faire l’objet d’un ultime vote de ratification, le 19 décembre à l’Assemblée générale des Nations unies à New York.

C’est aussi le souhait de notre ministre des affaires étrangères et de la coopération internationale, Kamissa Camara, qui défendait la migration « aussi vieille que le monde » mais une migration optimisée et mieux cadrée. Pour elle, « le pacte mondial est une opportunité unique pour optimiser l’ensemble des avantages de la migration mais aussi pour contenir ces effets pervers dans les pays de départ, de Transit et d’accueil ».

Sauf que tout le monde n’entend pas cette affaire de la même oreille. En effet, le sujet déchaîne les passions. Car une quinzaine de pays (Autriche, Australie, Bulgarie, Chili, Estonie, Hongrie, Italie, République tchèque, République dominicaine, Lettonie, Pologne, Slovaquie, Slovénie et Suisse) n’y adhéreront pas et ont annoncé leur retrait dans la foulée. C’est un coup dur pour le pacte qui se voit désormais boudé par des pays de transit ou d’accueil très fréquentés par les migrants, comme l’Italie et la Suisse.

C’est en ce sens que la ministre malienne des affaires étrangères et de la coopération internationale, interpellait les Etats sur le caractère « non-contraignant » de ce pacte. « Ce pacte n’est certes pas parfait, il aurait été s’il était contraignant. Mais il représente d’abord et surtout un espoir renouvelé pour les 248 millions de migrants internationaux ».

Malgré que le Mali par sa voix « regrette le retrait de certains Etats membres de ce pacte fruit de compromis dynamiques entre les différentes sensibilités de la communauté des Nations Unies », notre Ministre reste optimiste de la bonne foi de cet instrument international portant sur une question des plus alarmantes de notre génération.

Elle rappelle d’ailleurs les efforts impulsés par notre pays dans son combat pour restructurer les déboires de la migration clandestine. Comme la création, depuis 1992, du Ministère des Maliens de l’extérieur, qui assure un meilleur encadrement des questions migratoires. Aussi la création d’un centre d’information et de gestion sur la migration ; et de la politique nationale de migration adoptée en 2014.

Et l’organisation maîtresse ( ONU ) continue ses efforts pour soigner cette plaie béante de la migration irrégulière. Dans son dernier rapport sur la migration et le développement, le montant officiel assignés aux envois de fonds vers des pays à revenus faible ou intermédiaire, s’est élevé à 466 milliards de dollars en 2017. Ce qui a permis de tirer des millions de personne de la pauvreté, de favoriser leur sécurité alimentaire, leur éducation, leur santé et logement.

Aissata Keita

Bamako, le 12 Décembre 2018

©AFRIBONE