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L’opération de déguerpissement des trottoirs et des espaces publics récemment lancée par les autorités de la capitale ne rencontre pas l’assentiment des occupants qui dénoncent la méthode musclée souvent utilisée. Cependant, les populations, notamment les usagers de la route, soutiennent l’initiative et crient déjà victoire.

Mardi 1er avril 2008, à Kalabancoura, le gouverneur du district Ibrahim Féfé Koné à la tête d’une forte délégation soutenue par les forces de sécurité a fait une descente musclée pour déguerpir les occupants illégaux des espaces publics.

En plus de la destruction des kiosques et des étals érigés de part et d’autre des trottoirs, c’est sous le regard du gouverneur du district en personne que le Bulldozer s’est attaqué au grand espace public situé au sud du monument Sogolon (situé sur la route de l’aéroport) suscitant la joie des curieux sortis massivement pour assister à l’opération.

Au centre d’une polémique, les occupants de l’espace se sont longtemps opposés à la volonté d’un homme d’affaires habitant le quartier et qui a tenté de les chasser du lieu à plusieurs reprises.

Selon le maire de la Commune V, Demba Fané, les études sont en train d’être menées pour l’exécution d’un projet d’exploitation de l’espace au profit de la population, une décision qui a suscité l’enthousiasme des populations de Kalabancoura.

En commune V, Kalabancoura se distinguait par ses grands espaces, ses rues assez larges qui offraient aux résidents un meilleur cadre de vie qui leur permettait de se mouvoir et de s’épanouir. Mais, à cause de la spéculation foncière le quartier s’étouffe aujourd’hui.

Au Mali, l’occupation anarchique des voies publiques est devenue un phénomène récurent dans les grandes villes, et principalement à Bamako où les espaces publics et les trottoirs sont transformés en marché par des détaillants.

Des hangars, des kiosques et autres panneaux publicitaires obstruent illégalement les domaines publics réservés normalement aux espaces verts ou d’autres cadres de divertissement au profit des jeunes. Conséquence : les passages sont devenus étroits.

Pour de nombreux observateurs, la bonne application du Projet d’appui aux commerçants détaillants (PACD), initié par les autorités, peut être un début de solution à l’organisation et à la rentabilisation du secteur pour l’heure mal exploité.

Amadou Waïgalo

03 avril 2008.