Partager

Dans l’exercice de ses fonctions, le très célèbre investigateur douanier Yacouba Tolo, trésorier de la Fédération malienne de judo, est porté disparu dans les eaux du fleuve Niger dans la Commune rurale de Kalabancoro après un accrochage avec des trafiquants dans la nuit de lundi à mardi 17 juillet 2007.

La famille des gabelous est aujourd’hui frappée par un deuil avec la disparition de Yacouba Tolo, réputé dans la traque des trafiquants sur terre et sur eau.

Flash-back. Dans la nuit de lundi à mardi, Yacouba Tolo est informé de la présence de pirogues douteuses contenants de la cigarette de contrebande sur les eaux du fleuve Niger. Immédiatement, il se rend à la carrière de sable de Kalabancoro. Aux environs de 1 h 30 du matin avec sa pirogue équipée de moteur, il se met aux trousses des trafiquants en compagnie d’un jeune piroguier avec qui il mène toujours ses opérations fluviales.

Dans un îlot touffu, il aperçoit des bandes de trafiquants en pirogues. Faisant preuve de professionnalisme, il parvient à mettre la main sur une première pirogue qu’il fait amarrer sur la berge.

Déterminé à mettre la main sur tous les bandits et leurs marchandises, le douanier Tolo se lance à la recherche de la 2e pirogue. C’est à ce moment que le pire lui arrive.

Sans savoir exactement ce qui s’est passé au moment précis de l’accident nos sources révèlent que M. Tolo et un trafiquant se sont retrouvés dans l’eau. Yacouba n’a plus refait surface. Les versions divergent à ce niveau. Car, si pour certains de nos interlocuteurs il était dans la pirogue des contrebandiers, pour d’autres, il y a eu bagarre.

Alertés, les exploitants de sables « bozos » auraient refusé de secourir leur cousin dogon au motif que, selon la tradition bozo, quand un des leurs porte secours à un Dogon qui se noie, il aura la malchance de ne plus survivre au cas où il ne le retrouve pas. Jusqu’au moment où nous mettions sous presse hier dans l’après-midi, Yacouba Tolo n’avait pas été retrouvé.

Les mardi et mercredi avant l’arrivée des sapeurs-pompiers, la brigade de gendarmerie de Kalabancoro, dirigée par le major Alassane Samaké, s’est saisie de l’affaire. Des plongeurs ont été engagés pour retrouver le corps. Des marchandises saisies ont été acheminées à la brigade de gendarmerie, nous a indiqué le major Samaké.

Selon ce dernier, les produits de la contrebande sont composés de cartons de produits pharmaceutiques. Sans savoir la provenance des produits frauduleux, des exploitants de sables témoignent qu’ils ont l’habitude de croiser très souvent sur le fleuve des gens avec ces marchandises frauduleuses en provenance des villages proches de la frontière guinéenne. Les enquêtes sont en cours pour démanteler le réseau et appréhender les trafiquants.

La carrière de sable de Kalabancoro, de source sécuritaire, a plus que jamais besoin d’être surveillée. Pour notre part, nous disons qu’en plus de la dotation de la brigade de gendarmerie en moyen logistique pour la surveillance, il est nécessaire sinon obligatoire d’installer une brigade fluviale dans cette Commune.

Amadou Sidibé

19 juillet 2007.