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La Commune rurale de Kalabancoro est devenue une zone à haut risque. Elle peut même être placée sur la liste rouge des quartiers à éviter à une certaine heure de la nuit. Se priver des divertissements et rester chez soi regarder la télévision ou causer avec sa famille, n’est plus source de sécurité. Les bandits armés ne s’empêchent plus de forcer les portes et fenêtres des maisons pour accomplir leurs sales besognes.

Il y a quelques jours, aux environs de 2 h du matin, la famille Sanogo, a été la cible des bandits lourdement armés. Le vieux M. S., vit avec ses enfants et sa femme dans une villa située en face d’un hôtel qui ne désemplit presque pas. Le son de la musique, les va-et-vient des véhicules font que l’entourage de M. S. est « sous tension ».

Si pour certains le brouhaha occasionné par l’hôtel est source de sécurité, pour d’autres, il constitue une menace avec la présence de toutes sortes d’individus à la moralité douteuse. Eh bien ce malheur est tombé sur le chef de famille M. S. Profitant de l’absence de clientèle à l’hôtel (la clientèle n’était pas à rendez-vous ce jour), des bandits armés ont fait irruption jusque dans la chambre du chef de famille et ce, après avoir défoncé la porte de son salon.

Une fois nez à nez avec un malfrat, le chef de famille est visé à bout portant avec un fusil de fabrication artisanale. Dans sa tentative de se mettre à l’abri des tirs, il a reçu des balles au bras. Avant se retirer de la maison, les malfaiteurs ont emporté avec eux deux motos Jakarta appartenant à deux des filles de la famille Sanogo.

Le bruit occasionné par le coup de feu a alerté les autres membres de la famille et les voisins, mais c’était trop tard. Transporté dans un hôpital de la place, la victime y subit présentement des soins intensifs. Sa vie n’est plus en danger nous confie une source proche de sa famille. Dans les jours à venir, M.S. regagnera son domicile.

Cette attaque prouve que les populations sont laissées pour compte par la patrouille mixte mise en place par le ministre de la Sécurité intérieure. Il a été constaté que les forces de l’ordre se limitent aux abords des axes principales et ne prennent pas eux aussi le risque d’aller à la rencontre des bandits armés.

La mise en place des patrouilles de vigilance et le port d’armes par des chefs de famille n’ont pas dissuadé les malfrats qui sont plus armés et opèrent en groupe avec des véhicules, la plupart sans immatriculation. Les résidents de Kalabancoro-Adeken ne savent plus à quel saint se vouer. Ils disent s’en remettre à Dieu.

Il urge, pour les autorités sécuritaires, de plancher sur le cas de l’insécurité à Kalabancoro.

A. S.

Les Echos du 22 Octobre 2012