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Le Collectif des femmes, l’Association des jeunes de la Commune rurale de Kalabancoro ont marché hier sur la mairie de ladite commune pour protester contre la grande insalubrité qui règne dans ce quartier. Incapables, les autorités municipales n’ont trouvé d’autres mots que de faire appel aux agents de la brigade pour accueillir les marcheurs.

Rien ne va plus entre les populations de Kalabancoro et leur mairie. Les responsables municipaux, qui sont accusés de tous les péchés d’Israël, viennent d’être une nouvelle fois désavoués par leurs mandants. Des centaines de femmes, de jeunes ont, lundi matin, cessé toute activité pour répondre à la marche organisée par la société civile. Celle-ci a exprimé son mécontentement face au silence coupable des autorités sur la gestion des ordures ménagères, septiques du quartier.

Venus de tous les secteurs du quartier, les marcheurs très remontés scandaient : « Non à l’insalubrité », « Mairie incapable et incompétente »… Sentant l’arrivée des marcheurs, le maire de la Commune Ibrahim Bamba a pris la poudre d’escampette laissant son adjoint dans le feu de l’action. Celui-ci, ne sachant quoi dire aux marcheurs, a simplement fait appel aux gendarmes pour disperser la manifestation.

Arrivées sur les lieux, les forces de l’ordre se sont contentées d’observer la scène. Dans la cour de la mairie, la déclaration lue par la représentante du Collectif des femmes, Mme Kado Mariam Timité, était révélatrice et démontrait la détermination des femmes à voir les ordures ramassées et évacuées loin des familles à défaut d’un site de dépôt final.

« Nous, femmes de la Commune, exigeons des autorités municipales l’assainissement du cadre de vie par l’enlèvement des ordures devant les familles, dans les rues et espaces publics », a attaqué Mme Timité.

L’adjoint au maire a informé qu’une commission sera créée afin qu’une solution puisse être trouvée. Les marcheurs ont fixé un ultimatum d’une semaine pour qu’un site de dépôt final leur soit indiqué. Passé ce délai, ils transformeront l’enceinte de la mairie en dépotoir. La marche d’hier fait suite à l’envahissement des rues par les ordures déposées aux devantures des familles de Kalaban-Plateau et Adekene.

Les GIE, à défaut de site indiqué, avait pris la mauvaise habitude de transformer les devantures des concessions non habitées, des espaces verts, des places publiques en dépotoirs finaux. L’entassement des immondices a contraint des familles avoisinantes à interdire le dépôt des ordures sur les sites indiqués. Ne sachant plus où déverser les ordures, les GIE ont tout simplement renoncé à les ramasser. Tant et si bien que les rues du quartier sont aujourd’hui impraticables à cause des ordures.

Les faits démontrent que dans le plan de développement de la Commune, il n’y a presque pas de politique d’hygiène et d’assainissement. La devanture de l’Ecole fondamentale Mamadou Kounta, qui mène à la rue de la brigade de gendarmerie, une partie du centre de santé, les caniveaux construits à l’occasion de la Can-2002 témoignent du désintérêt des élus communaux pour la gestion du cadre de vie.

Selon un responsable de GIE, la mairie a été maintes fois interpellée. Mais n’a jamais réagi. « Ce sont les questions foncières qui les intéressent le plus. Ils se moquent de notre santé » , a tranché un marcheur.

Aujourd’hui la population veut l’implication des autorités de tutelle pour qu’une solution définitive soit trouvée à ce problème qui coupe le sommeil aux populations.

Amadou Sidibé

25 septembre 2007.