Partager

assemblee1.gif
Mais au besoin pressant de savoir s’oppose la sensibilité du dossier qui sera aujourd’hui au centre des échanges avec les Ministres en charge de la Défense et de la sécurité intérieure.

Annoncé depuis fort longtemps dans la presse, l’interpellation du Gouvernement Modibo Sidibé sur la problématique de la Région de Kidal interviendra aujourd’hui à l’Assemblée Nationale du Mali. Tel que prévu dans les dispositions du règlement intérieur de l’Assemblée et décidé par la conférence des présidents de la même institution, les débats se dérouleront dans la grande salle ‘Modibo Keïta‘ qui sera inaccessible au public pour la circonstance.

Les députés ont en effet opté pour une séance plénière à huis clos, certainement à cause de la sensibilité de la question et des éventuels dérapages et accentuation pouvant découler d’une transmission en directe.

Il est ainsi loisible de comprendre que les étapes d’organisation de ladite plénière ont été exceptionnellement verrouillées du début à la fin.

Il nous revient, toutefois, de certaines indiscrétions que l’ensemble des députés, de la majorité comme de l’opposition – si les derniers accepteront le principe d’un huis clos -, condamnent les agissements de l’irrévérencieux Ibrahim Ag Bahan avec la même vigueur qu’avait eu à le faire leur président, Dioncounda Traoré, à la faveur de l’ouverture de la session parlementaire en cours.

Profitant de la présence du chef du Gouvernement et de plusieurs autres membres de l’Exécutif, le N°1 de l’Assemblée s’était sans ambages fait l’écho, en son temps, du ras-le-bol et des excès qu’éprouvent les concitoyens face aux assauts répétitifs et criminels de l’implacable chef de guerre touarègue.

Et Dioncounda Traoré de martelé, par la même occasion, que ni l’intégrité du territoire national n’est négociable ni l’Armée malienne ne reculera de la moindre parcelle de Tinzewaten, une forte réclamation de la rébellion en son temps. Il ne sera donc pas surprenant si le huis clos des députés maliens étaient sanctionnés par une résolution d’un ton tout aussi ferme, à l’issue des débats aujourd’hui à l’hémicycle.

Par ailleurs, le passage des ministres Sadio Gassamba, Natié Pléah et Kafougouna Koné est aussi une opportunité, pour les Élus du Peuple, d’être au même niveau d’information que l’Exécutif sur une question que l’Exécutif a toujours géré sans implication formelle du Parlement.

« Nous voulons savoir ce qui se trame dans cette partie du Mali », a par exemple confié un élu de la Nation, comme pour revendiquer plus d’implication dans une question d’envergure nationale.

Il faut noter, sur tout un autre plan que l’interpellation du gouvernement intervient à un moment où l’Exécutif est plutôt à l’aise sur la problématique, à cause de ses plus récentes évolutions.

Certes les hommes de Bahanga continuent de détenir près d’une centaine de militaires en otage, mais depuis la sanglante attaque d’Abaïbara, la réplique, menée par le colonel Gamou et ses hommes, a finalement donné une nette avance à l’Armée régulière malienne. Elle a non seulement occasionné une sorte de trêve forcée mais également contraint les assaillants à solliciter eux-mêmes le retour à la table des négociations.

Celles-ci, sous la houlette de nombreux facilitateurs, ont regroupé les protagonistes à Tamnarasset en un premier temps, avant que les pourparlers ne se soient transportés à Alger, aux dernières nouvelles.


Seulement voilà :
qu’adviendra-t-il de ces ultimes initiatives diplomatiques si elles vont déboucher sur des concessions qui jurent avec la fermeté et la rigueur parlementaires sur la question Bahanga ? Autre question non moins intéressante : quelle sera l’attitude des députés vis-à-vis de l’un de leurs collègues dont les liens avec la bande armée de Tegharghar viennent d’être définitivement mis à nu par l’Armée malienne.

En effet, le député Deyti Ag Sidimo de Tessalit, actuellement présent sur le terrain avec une casquette de facilitateur, a bel et bien des accointances avec l’adversaire, selon un communiqué de l’Armée malienne parvenu à qui de droit.


A. Keïta

Aurore

19 Juin 2008