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En Afrique surtout au Mali, la mécanique est considérée comme un métier d’homme. Du fait de leur fragilité, la couche féminine est quasiment absente contrairement aux hommes qui colorent d’huile noire des moteurs des engins. Kadiatou Kanté est une exception car à 24 ans, elle se dit fière d’évoluer dans ce domaine.

A chaque personne son rêve d’enfance. Kadiatou qui se voyait en journaliste verra son destin modifié car dit-on : « l’Homme propose et Dieu dispose ». « Une jeune fille comme moi qui rêvait de tendre le micro aux gens pour recueillir de l’information, travaille aujourd’hui au milieu des clés, moteurs et et ’huile de moteur.» dit-elle.

Mécanicienne de formation, Kadiatou a suivi des formations en mécanique dans plusieurs entreprises maliennes notamment la Compagnie Malienne pour le Développement des Textiles (CMDT) avant d’être une véritable professionnelle du milieu pour ensuite exercer au sein de la MINUSMA comme une mécanicienne depuis fin 2017.

Grâce à ce métier, Kadiatou Kanté est devenue indépendante avec un bon salaire. Elle fait ses petits besoins et aide également ses parents à Koutiala. « Aujourd’hui, je ne dépends plus de personne, je mène ma vie grâce à la mécanique et j’aide mes géniteurs en cas de problèmes » clarifie-t-elle.

La mécanique a aussi des difficultés comme tous les autres métiers et Kadiatou Kanté fait face à certaines difficultés et critiques de la société. Ce métier demande beaucoup de courage d’après elle. Kadiatou ajoute également qu’il est fatigant et qu’une fainéante ne pourrait le faire. « Je me fatigue trop. La mécanique, tout le monde sait que c’est un boulot pas facile. Je comprends maintenant pour quoi les filles l’évitent. Certains vont même jusqu’ à me dire que la mécanique n’est pas faite pour les femmes. Les femmes mécaniciennes sont confrontées à des critiques virulentes et agressives » ; dit-elle.

Kadiatou Kanté pense que les jeunes filles sont braves et qu’elles sont capables de faire ce que les hommes peuvent faire. Elles les invitent à le métier qui les passionnent. La jeune mécanicienne ne compte pas abandonner car elle envisage de créer un garage en son nom afin de donner l’opportunité aux autres filles rêvant de devenir elle aussi « une mécanicienne ».

Bamako, le 23 Septembre 2020

Adama Sanogo

@Afribone