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Dans la société malienne, les personnes vivant un handicap font face à d’énormes difficultés d’ordres sociaux, économiques, intellectuels. Kadiatou Coulibaly, communément appelée Katoucha, membre de l’Association des Paralysés du Mali (APM) nous explique davantage ce sujet travers un entretien.

– Qu’est-ce qu’une personne vivant avec un handicap et comment doit-elle se comporter dans la société ? 

Kadiatou Coulibaly: Pour moi, une personne vivant avec le handicap, c’est une personne qui a une déficience. D’abord, la personne peut tomber malade et la maladie peut laisser des séquelles qui peuvent amener une déficience. En réalité, c’est la société qui crée le handicap. La personne a un handicap, mais par exemple si la personne veut avoir accès à une infrastructure, c’est-à-dire les services sociaux de base et que la personne est dans une chaise il n’y a pas de rampes et d’ascenseur, c’est en ce moment qu’on peut appeler la personne vivant avec un handicap. Nous sommes des personnes comme les autres. Nous avons cette déficience, mais cela ne veut pas dire que nous sommes différents des autres. Nous sommes des citoyens comme les autres. Une personne vivant avec un handicap doit se comporter d’abord comme une personne en tant que telle. Cela ne doit pas l’empêcher à faire ce qu’elle veut : la recherche du travail, les mariages et avoir des amis. Il doit se sentir à laisse avec son handicap au lieu de se laisser pour compte. Il ne doit pas s’inclure lui-même, mais il doit se battre que pour sa propre survie et de sa famille. 

Quelles sont les difficultés auxquelles les personnes vivant avec un handicap sont confrontées en général et plus particulièrement l’Association des Paralysés du Mali ? 

Kadiatou Coulibaly: Il y a beaucoup de difficultés. Il y a la discrimination. En réalité, les personnes vivant avec un handicap sont discriminés sur tous les plans. Il y a plusieurs types de handicap. Il y a le handicap sensoriel (les malvoyants, les sourds, les déficients intellectuels, qu’on appelle souvent, les personnes vivant avec le handicap moteur. Quand on parle d’éducation dans notre pays, elle n’est pas inclusive en tant que telle. C’est-à-dire les sourds-muets ne peuvent pas étudier avec les autres enfants qui n’ont pas cette déficience. On doit leur donner de l’information en langage de signe. Ce qui n’est pas possible. Il y a l’école des déficients auditifs (EDA), mais les études s’arrêtent à la 9e année. Et après cette étape, ils ne peuvent plus poursuivre. Les enfants doivent étudier ensemble, c’est très important. C’est en ce moment qu’ils peuvent s’accepter et il n’y n’aura pas la discrimination entre eux. Il faut mettre la personne à l’épreuve pour voir si la personne est capable ou pas. Une personne vivant avec le handicap que cela soit homme ou femme ont des problèmes de mariage. Si tu n’as pas les ressources nécessaires, c’est difficile pour cette couche d’avoir une femme. Parce que c’est le côté handicap qui sera vu et cette déficience sera une barrière. Tous les types de handicap ont presque les mêmes difficultés : l’accessibilité aux infrastructures, mais aussi à l’emploi, à la formation professionnelle, l’éducation. Ce sont des difficultés que nous confrontons au quotidien. L’APM n’a pas de partenaire financier là où nous sommes. Les membres de l’APM ont ce problème. Ceux qui n’ont pas été à l’école ne peuvent parler de la fonction publique ou l’opportunité de travailler dans le secteur privé. Mais ils ont des projets, des activités génératrices de revenus qu’ils veulent entreprendre. Comment faire pour aider ces gens-là. Il y a notamment la mobilité des membres. Nous sommes des personnes vivant un handicap moteur (APM) fait beaucoup d’activités. Nous avons une menuiserie métallique. Presque toutes les motos à 3 roues sont fabriquées à l’APM. Les autres peuvent imiter, mais c’est fabriquer à l’APM. Et c’est une personne vivant avec le handicap moteur qui fabrique cela. 

Pour l’épanouissement de cette couche, que devons-nous faire ?

Kadiatou Coulibaly: Nous sommes des personnes comme les autres. Nous avons droit à l’épanouissement et à tout ce qui peut rendre une personne heureuse. Pour cela, il faut que la population arrête de voir les personnes vivant avec un handicap comme des objets ou des personnes moins importances. Alors que nous sommes les mêmes. Il ne faut pas que le handicap soit un obstacle et que la population essayer de mettre fin à la mauvaise perception du handicap. Avant c’était pur, mais aujourd’hui la situation s’améliore. L’Etat a signé beaucoup de conventions. Il a signé la convention internationale relative avec les personnes vivant avec un handicap. Cette convention a été signée et ratifiée par le Mali. Et dans cette convention, ils ont puisé dedans pour en faire une loi, 20 18 027 du 12 juin 2018. Maintenant, nous entendons la signature du décret d’application de cette loi. Que les autorités essayent de signer le décret d’application. Pour que les personnes vivant avec un handicap puissent s’épanouir. Dans cette loi, il y a l’accessibilité, l’éducation, la formation professionnelle, l’emploi. J’ai l’habitude de dire que « nous ne sommes pas des incapables. Nous sommes des handi – capables.  

Jacques Coulibaly

@Afribone