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Cela fait dix ans que des séides du régime du capitaine Moussa Dadis Camara ont fait irruption au stade du 28 septembre de Conakry, pour en déloger les dizaines de milliers de Guinéens qui ont répondu à l’appel de l’opposition dont l’objectif était de contraindre celui qui, en décembre 2008, est passé du ravitaillement en carburant de l’armée à la tête de l’Etat, à retourner avec sa junte dans les casernes à la fin de la transition. Le bilan de cette expédition des nervis du pouvoir a été particulièrement tragique, 157 personnes ayant été abattues comme du gibier, 1500 autres blessées, dont une centaine de femmes victimes de viols collectifs en plein jour et aux yeux de tous. Dix ans après la commission de ces crimes sans exemple dans l’histoire pourtant très mouvementée de la Guinée, les présumés auteurs se la coulent toujours douce, à l’exception notable de Aboubakar Sidiki alias Toumba Diakité, arrêté dans le quartier Ouakam de Dakar en décembre 2017, extradé à Conakry trois mois plus tard et écroué depuis, à la prison centrale de la capitale guinéenne en attendant l’hypothétique procès dans ce dossier potentiellement explosif pour l’armée guinéenne.LePays