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Mesure non inscrite dans l’accord préliminaire du 18 juin intervenu entre le gouvernement malien et les groupes armés du nord du Mali, le gouvernement malien a levé les mandats d’arrêt contre des leaders de groupes armés du nord du pays pour, dit-il, créer les conditions nécessaires à la poursuite des négociations en cours.

Selon nos sources, la mesure restituant cette liberté de mouvement – premier d’un processus en cours – concerne six ex-députés à l’Assemblée nationale, membres du mouvement national de libération de l’Azawad (Mnla) et du haut conseil pour l’unicité de l’Azawad (Hcua). Au ministère de la justice, on estime que cette mesure n’est pas synonyme d’arrêt de poursuites judiciaires mais une «mesure d’assouplissement visant à favoriser les négociations entre le gouvernement et les mouvements armés» du nord du pays.

Les mandats d’arrêts internationaux émis par la justice malienne en février 2013 concernaient une centaine de personnes «soupçonnées d’avoir des responsabilités politiques et morales» qui ont conduit à la prise d’armes contre l’Etat. «Pour cette raison, ce sont des personnes impliqués dans le conflit», reconnait dans un entretien à l’Office des radios et télévision du Mali (Ortm), Me Mohamed Aly Bathily, ministre de la justice, garde des sceaux. Mais s’il faut négocier avec ces groupes armés, il faudrait créer les conditions dans lesquelles les éléments politiques susceptibles de faire les démarches pour construire le retour à la paix, puissent assumer ce rôle de négociateur. Voilà le sens de la démarche gouvernementale qui, il faut le dire, est un clin d’œil à l’endroit de la communauté internationale.

Quel regard fait-on de l’opinion nationale qui y est pour l’essentiel hostile à ces mesures d’assouplissement ? Pour l’animer d’espoir, les autorités maliennes se disent intransigeantes sur l’intégrité territoriale du Mali. Le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta n’aimerait parler ni de séparation ni d’autonomie. «Tout ce qu’il est capable de céder, ce serait dans le cadre de la mise en œuvre de la politique de décentralisation profitable à l’ensemble des régions du Mali, et ce ne serait pas spécifique aux régions nord du Mali», a souligné le ministre Bathily.

Seydou Coulibaly

© AFRIBONE – Le 14 Octobre 2013