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Accourue en urgence au chevet du Mali, la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) peine, depuis une dizaine de jours, à accorder les violons des frères ennemis maliens engagés dans un bras de fer qui risque d’être fortement préjudiciable à la paix et à la stabilité dans un pays déjà fortement fragilisé par les attaques terroristes. En effet, après trois tentatives de conciliation entre Ibrahim Boubacar Keita (IBK) et ses contempteurs réunis au sein du M5-RFP, la situation n’a guère connu d’évolution positive, les positions restant figées. Même la trêve de la Tabaski décrétée unilatéralement par les croquants et que voulait mettre à profit la CEDEAO pour recoller les morceaux de la fracture sociale et politique entre les protagonistes, n’a pas réussi à ramener la sérénité sur les rives du fleuve Djoliba. En effet, ses propositions de sortie de crise dont les dernières émanent d’un sommet extraordinaire des chefs d’Etat tenu par visioconférence, le 27 juillet dernier, n’ont pas été jugées suffisantes pour calmer la furie des manifestants.
En volant d’échec en échec, on se demande si la CEDEAO ne finira pas par jeter l’éponge. Conséquence, c’est dans une ambiance de veillée d’armes que les Maliens se préparent à fêter la Tabaski 2020 ; les manifestants ayant promis de redescendre dans la rue dès le 3 août prochain s’ils n’obtiennent pas gain de cause.LePays