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Comment sortir la justice malienne de l’ornière ? Voilà toute la question qui résume l’organisation d’une journée porte ouverte sur la justice.

Les décisions de justice sont, de plus en plus, critiquées sinon décriées et mal acceptées, les acteurs, de plus en plus, d’attaques de toutes sortes.

Bref, une véritable crise de confiance s’est instaurée entre le citoyen et sa justice entamant ainsi dangereusement le crédit du pouvoir judiciaire et, par ricochet, celui de l’Etat de droit que notre pays ambitionne de bâtir».

Ces propos ont été tenus par Me Lamissa Coulibaly, à la faveur de la journée porte ouverte sur la Justice qui a eu lieu, le samedi 31 mai, au tribunal de première instance de la commune III du District de Bamako dont l’organisateur n’est autre que lui-même.

Cet état de fait, l’orateur l’explique par plusieurs raisons qui, selon lui, se regroupent en deux grandes catégories. D’abord, il y a l’ignorance, le déficit criard de communication et d’information entre la justice et les justiciables lié à la non-diffusion des textes de lois.

S’y ajoute l’inobservation des codes de conduite et d’éthique par certains acteurs de la justice. Ainsi, d’une part, il importe de prendre des mesures urgentes afin d’établir la confiance et, d’autre part, corriger les impairs de certains acteurs de la justice. D’où l’organisation d’une journée porte ouverte sur la justice.

Cette journée, qui ne va pas certainement résoudre le problème, se veut d’être un tremplin et considérée par ses organisateurs comme «le début d’une vaste opération d’appropriation de la justice par les justiciables» soutenue par une série d’activités dont des conférences sur divers thèmes.

Ainsi, le public, composé en grande partie d’étudiants, a eu droit à six exposés : «la magistrature malienne, hier et aujourd’hui» présenté par le Procureur général près la Cour Suprême, Cheickna Dettéba Kamissoko.

«Le rôle du Commissaire priseur» a été le deuxième exposé présenté par Me Zoumana Ntji Doumbia «La conférence des greffiers» a été présenté par Me Baba M. Traoré, Greffier en chef près de la Cour d’appel de Bamako «L’avocat dans la société malienne» présenté par Me Seydou Ibrahim Maïga, «la conférence des huissiers» présenté par Me Sylvain Kéïta et enfin «le notaire par quel acte» présenté par Me Amadou Diallo.

Il s’agissait, à travers ces exposés, de faire connaître le fonctionnement du service de la justice pour mieux appréhender le rôle précis de tous les acteurs qui concourent à l’œuvre de justice, notamment les magistrats et les auxiliaires de justice : avocats, notaires, huissiers, commissaires priseurs et greffiers.

Alassane DIARRA

02 Juin 2008