Partager


Les femmes doivent être au coeur du changement indispensable, dans les habitudes de consommation, quand on sait qu’avec peu de moyens, elles pourvoient à tous les besoins du ménage ” . Tel a été le propos tenu par la Première Dame et présidente de la Fondation Pour l’Enfance, Mme Touré Lobbo Traoré, au cours de son discours d’ouverture de la Journée Panafricaine des Femmes, ce jeudi 31 Juillet 2008, au Palais de la Culture Amadou Hampaté Bâh, en présence des femmes ministres et épouses de ministres maliennes et africaines.

Pour la célébration de ce 46ème anniversaire de l’Organisation Panafricaine des Femmes (OPF), le choix du Mali ‘est porté sur le thème “Mondialisation : Défis et responsabilités des femmes du Mali, face à la cherté de la vie”. Pour Mme Touré Lobbo Traoré, ce choix cadre parfaitement avec la préoccupation de l’heure, quand on sait que la crise actuelle due à la cherté de la vie affecte d’autant plus les ménages qu’elle touche significativement les produits alimentaires, avec des conséquences notables sur le pouvoir d’achat.

Au cours de son discours d’ouverture, la présidente de la Fondation Pour l’Enfance, Mme Lobbo Touré Traoré a rendu hommage au sens de l’effort de ses soeurs et à leur capacité d’imagination et d’adaptation aux situations les plus difficiles. Aussi a-t-elle saisi l’occasion pour saluer les initiatives de l’Etat et de ses partenaires nationaux et internationaux visant à atténuer les effets de la crise sur les ménages, à travers diverses mesures de soutien à la consommation.

Selon Mme Touré Lobbo, cet élan doit être mainteu et même renforcé par le gouvernement, afin d’alléger le fardeau de la cherté de la vie sur les foyers en général, et sur les femmes en particulier. A en croire la Première Dame, le combat contre la cherté de la vie doit aller de pair avec le renforcement du pouvoir économique des femmes. A ses dires, les statistiques montrent non seulement la part qu’elles prennent dans la vie économique du ménage, mais elles révèlent aussi le nombre croissant des femmes qui, sans autre soutien, assurent le rôle de chefs de famille.

Pour la circonstance, Mme Touré Lobbo Traoré a exhorté à mettre à profit cette édition 2008 de la Panafricaine des Femmes, pour engager une étude approfondie sur l’ensemble des questions qui interpellent l’Etat, les opérateurs économiques, les ménages et les citoyens.

Après avoir remercié la Première Dame pour avoir pris part à la cérémonie, la ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille a témoigné son “attachement indéfectible à l’OPF”, au nom de toutes les femmes maliennes. Mme Sina Damba a également adressé des remerciements à ATT. Selon la ministre, le thème retenu par le Mali, à savoir “Mondialisation : défis et responsabilités des femmes du Mali face à la cherté de la vie”, est une analyse approfondie visant à promouvoir le développement durable.

Mme Maïga a par ailleurs rappelé l’engagement des femmes rurales par rapport à l’Initiative riz, afin de contribuer à cette question de cherté de la vie. Au cours de son intervention, la ministre a souligné que ce thème retenu par le Mali n’est pas fortuit, puisque chaque année, au 31 Juillet, l’OPF invite ses pays membres à célébrer l’évènement sous le signe d’un problème brûlant qui affecte la vie des femmes et le développement des pays africains. Aussi, Mme Sina Damba a en fin encouragé les femmes à s’impliquer pour changer de comportement face à la vie chère.

Quant à la secrétaire régionale de l’organisation Panafricaine des Femmes, Mme Alwata Sahi, elle a exprimé sa gratitude à Mme Touré Lobbo Traoré, pour sa présence à cette cérémonie du 31 Juillet dont la journée a été parsemée par une longue lutte des femmes africaines en vue de faire entendre, d’une seule voix, leurs préoccupations sur l’échiquier régional et international, en ce qui concerne le développement de l’Afrique et l’épanouissement des femmes africaines.

Il est universellement reconnu que la femme joue un rôle essentiel et même crucial, non seulement dans le cadre familial, mais aussi au sein de la société, et même sur le plan mondial. En tant qu’actrices principales du développement de nos pays, ce sont elles qui subissent le plus les conséquences de la pauvreté. C’est la femme qui donne la vie, c’est elle qui éduque et c’est elle qui nourrit et entretient la famille“, a déclaré Mme Alwata Sahi.

Et d’ajouter : “Parce qu’elle nourrit la famille, elle est donc plus sensible à tout ce qu’elle peut exploiter à moindre coût, pour ce faire. Alors, son apport est immense en Afrique où elle participe, pour une grande part, à la production agricole. Aussi, nous savons que le renforcement des capacités des femmes est un facteur essentiel au processus visant à faire sortir des millions de personnes du cycle de la pauvreté et de la faim“.

Mme Alwata Sahi s’est dite persuadée qu’en offrant aux femmes des opportunités économiques et éducatives, de même que l’autonomie nécessaire pour tirer partie de telles perspectives, un obstacle important à l’élimination de la pauvreté sera surmonté. Mais pour ce faire, les femmes doivent s’approprier le slogan “Consommons ce que nous produisons, et produisons ce que nous consommons”. Dans cette assertion, chacun des acteurs du développement a une responsabilité et un rôle fondamental à jouer.

Enfin, la secrétaire régionale de l’OPF a salué la détermination et l’engagement de tous ceux qui ont contribué à la réussite de cet évènement, particulièrement la CAFO, la Commission nationale d’organisation, et les partenaires techniques et financiers.

Au nom de la Fédération des Communautés Africaines au Mali (FCAM), son président, M. Ignace Brissi, s’est dit très reconnaissant et a félicité le peuple malien pour l’hospitalité légendaire et agissante qu’il ne cesse de lui offrir. “Le mouvement féminin de ce pays qu’est le Mali fortifie la fierté de la femme africaine“, dira-t-il.

C’est dans cet élan de courage et d’abnégation que le ministère de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, en concert avec le secrétariat régional de l’OPF et les associations féminines, ont porté leur choix du thème à la dimension nationale, pour vivifier l’esprit de leurs soeurs qui habitent dans les zones urbaines, péri-urbaines et rurales.

De l’avis du président de la FCAM, les femmes maliennes constituent un maillon indispensable de ce pays dans les défis à relever, D’ores et déjà, leurs cris et douleurs ont produit un écho si retentissant qu’en Mai 2008, la FAO a réuni tous les dirigeants des pays (dont le Mali) à une assemblée générale extraordinaire, pour chercher les voies et moyens de faire face à la crise alimentaire qui secoue le monde.

C’est sur ce point que la fédération félicite le gouvernement du Mali pour sa clairvoyance dans la recherche des solutions à la cherté de la vie et l’encourage de mener à bien le programme Initiative riz qui est un facteur déterminant à venir à bout à la crise alimentaire”, dira t-il.

Et M. Brissi Ignace, d’ajouter : “Il sera efficace que les femmes se sentent concernées par cette filière de production. La lutte contre la flambée des prix des céréales, c’est d’abord la satisfaction des besoins vitaux des populations par la création des richesses. Or pour bouter la pauvreté, il faut que la majorité des peuples mobilise les ressources humaines et matérielles afin de pouvoir maîtriser son environnement social et économique“.

Le président de la FECAM s’est ostensiblement réjoui de cette marque de sympathie que le Mali a accordée à sa fédération pour participer pleinement à cette journée panafricaine. Et c’est en ce sens qu’il a réitéré ses remerciements au gouvernement malien, au Secrétariat général de l’OPF et à la Commission nationale d’organisation.

Les laureats du concours de cuisine ont reçu leur prix d’une valeur de 30 000 FCFA des mains de Mme Touré Lobbo Traoré. Les premiers prix ont été attribués à la Côte-d’Ivoire et au Mali (Mopti) ; et les deuxièmes prix ont été attribués au Togo et au Mali (Sikasso). Mme Sira Diop, Mme Mariko Fadima Siby, Mme Maïga Worobo Diarra, le Commissariat à la Sécurité Alimentaire (CSA), l’ASCOMA et bien d’autres personnes et structures ont reçu des diplômes de reconnaissance.

Mariétou KONATE

04 Aout 2008