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Au Mali et principalement à Bamako, les aides ménagères font face à plusieurs violations des droits humains.  Ces injustices à l’endroit de ces bonnes ou 52 dans le jargon Bamakois sont très nombreuses : l’exploitation, le manque de protection, l’insuffisance du salaire par rapport au service fourni, le viol ,  les abus sexuels sanctionnés par des grossesses non désirés,  le manque de contrat écrit entre l’aide ménagère et l’employeur, les injures graves par les employeurs, l’agression , la discrimination, la marginalisation, la stigmatisation, pire le crime.  Pour mettre un frein à ce fléau, l’Association de défense des droits des aides ménagères et domestiques a vu le jour. A l’occasion de la journée mondiale du travail célébrée chaque 1 Mai dans le monde,  ladite association a décidé aussi de magnifier les aides ménagères comme tous les travailleurs. Aïchata Koné, ex aide ménagère, jeune militante et communicante au sein de l’Association de défense des droits des aides ménagères et domestiques ( ADDAD). Interview. 

– Pouvez-vous nous parler de l’Association de défense des droits des aides ménagères et domestiques ( ADDAD) et ses principaux objectifs recherchés ? 

AK: L’initiative de l’Association de défense des droits des aides ménagères et domestiques ( ADDAD) a été prise et décidée en 2009 et officiellement reconnue en 2013. Elle a été créée par les aides ménagères elles-mêmes pour leur autoproduction et autodéfense. En outre, elle a été créée pour promouvoir, protéger les droits de nous les filles migrantes travailleuses domestiques à travers les textes de lois afin d’améliorer notre condition de vie et de travail pendant notre parcours migratoire dans les grandes villes. Aujourd’hui, l’ADDAD couvre plus de 1000 membres au niveau du Mali. Elle n’existe pas seulement au Mali, elle existe dans huit pays de l’Afrique de l’Ouest. A commencer par le Mali (Bamako, Ségou et Koulikoro), nous avons le Burkina Faso, la Côte d’ivoire, la Guinée Conakry, le Sénégal, le Togo, le Bénin et la Gambie. Avec ces pays, Nous menons des activités ensemble comme par exemple chaque deux ans,  nous organisons un forum sous régional, des missions de sensibilisation, des interventions dans les cas de violences des droits des aides ménagères. Nous faisons l’accueil des aides ménagères, leur assistance juridique, leur accompagnement et orientation de celles en situation de détresse. 

– En ce 1 Mai, journée mondiale du travail, qu’avez-vous fait pour honorer ces aides ménagères ?

AK: Dans le cadre du 1er Mai, nous avons organisé une conférence de presse à Ségou pour interpeler  l’opinion publique et les autorités afin que  la ratification de la convention 189 de l’organisation Internationale des travailleurs soit appliquée.  En effet, Nous nous battons aujourd’hui pour la ratification et l’application de cette convention et tous les textes qui parlent de la promotion et protection de la femme et de l’enfant afin que la condition de cette couche vulnérable soit améliorée. Cette journée est aussi faite pour nous, car le travail domestique est un travail tout comme les autres.

Adama Sanogo

@Afribone