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Chaque année, le Mali, à l’instar des autres pays du monde, consacre le 2 juin, la journée mondiale du lait. C’est dans cette optique que le Palais de la Culture Amadou Hampaté Ba a servi de cadre, le week-end écoulé, à la célébration de la journée mondiale du lait décrétée en 2001 par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

Au Mali, le sous-secteur élevage occupe une place importante dans l’économie nationale”, a précisé M. Oumar Ibrahima Touré, ministre de l’Elevage et de la Pêche. Avec une contribution de 10,8% du PIB (Produit intérieur brute), l’activité d’élevage est pratiquée par 80% de la population. “Malgré l’importance numérique du cheptel national, estimé à plus de 7 millions de bovins, 22 millions d’ovins et de caprins et 600 000 camelins, force est de reconnaître que la production laitière ne permet pas encore de couvrir les besoins en lait du pays”, renchérit-il.

Selon M. le ministre, la consommation moyenne de lait par habitant et par an se situe au Mali entre 10 et 20 litres ; bien en deçà des chiffres de 80 à 90 litres dans les pays développés, puisque la norme, selon la FAO, étant de 62 litres par personnes et par ans. Il a confessé que pour couvrir les demandes en lait, l’Etat malien est obligé d’importer chaque année en moyenne près de 7 500 tonnes de lait et de produits laitiers. Ce qui correspond à une sortie annuelle de devises de près de 10 milliards de F CFA. Cela est vraiment énorme.

Face à ce manque à gagner, le Mali a adopté en janvier 2004 une politique nationale de développement de l’élevage dont l’un des axes stratégiques demeure l’amélioration des performances zootechniques du cheptel afin d’accroître les rendements des animaux en lait, viande, peau et cuirs.

Estimée aujourd’hui à un potentiel de 1 815 579 tonnes de lait, la production nationale souffre de maux, tels les difficultés de collecte du lait local, la faible capacité de transformation des unités existantes et le caractère encore extensif de notre élevage qui offre le lait dans des zones très éloignées des grands centres de consommations pendant une bonne partie de l’année.

M. le ministre a affirmé que pour valoriser la production locale, le lait est traditionnellement transformé en lait caillé, en beurre ou en fromage. Il a déploré le fait que seule une infime partie du lait localement produit est transformée par les mini laiteries du réseau.

Cette année, la journée mondiale du lait se tient à un moment où l’acquisition des produits laitiers devient de plus en plus problématique sur le marché international ; occasionnant ainsi des difficultés en ce qui concerne la couverture intégrale des besoins nationaux.

M. le ministre a estimé que cette situation regrettable doit, en effet, inciter tout un chacun à plus de motivation pour consolider les acquis de la sous filière lait local et à déployer davantage de moyens pour la promouvoir.

Cette journée nous offre également l’opportunité de créer une synergie de collaboration et de concertation entre l’ensemble des intervenants de la filière lait”, continuera-t-il avant d’affirmer qu’il est persuadé que les professionnels du lait saisiront l’occasion pour s’organiser davantage en vue de mettre en place très prochainement, une organisation interprofessionnelle dynamique et forte de la filière.

M. le ministre Oumar Ibrahima Touré a remercié la représentation de la FAo au Mali dont le soutien a été déterminant dans l’organisation de cette journée. Il n’a pas oublié les ONG vétérinaires sans frontières Suisse et Belge, l’initiative conseil développement (ICD) et l’industrie laitière de Bamako (Mali lait) pour leur appui matériel et leur engagement. “A tous les acteurs et intervenants de la filière lait, je dis merci et vous réaffirme toute la disponibilité et l’engagement du département en charge de l’élevage à oeuvrer avec vous pour le développement intégral de notre élevage en général, et de l’élevage laitier en particulier”, a-t-il déclaré à l’occasion de la célébration de cette journée qui a accueilli nombre de participants et intervenants de la filière lait.

Hawa SÉMÉGA

04 juin 2007.