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jpg_une-96.jpgL’arrivée du président Amadou Toumani Touré à la tête de l’Etat a permis de donner un cachet particulier à l’événement. Il faut dire que le chef de l’Etat entretient des relations particulières avec les malades de la lèpre pour les avoir côtoyés pendant de nombreuses années en tant que chef de la compagnie des commandos parachutistes basée à Djikoroni.

La Journée mondiale des lépreux célébrée hier, a une nouvelle fois mobilisé grand monde. Le président de la République, Amadou Toumani Touré accompagné de son épouse, Mme Touré Lobbo Traoré a présidé la cérémonie au Centre national d’appui à la lutte contre la maladie (CNAM) à Djicoroni-Para. Il s’agissait de la 56è Journée mondiale des lépreux.

Plusieurs autres personnalités étaient présentes : le Premier ministre, Modibo Sidibé, des membres du gouvernement, le président de la Fondation Raoul Follereau, Michel Recipon et son collègue de l’Union malienne Raoul Follereau (UMRF), Goulou Moussa Traoré, l’archevêque de Bamako, Monseigneur Jean Zerbo, des représentants du corps diplomatique et des partenaires techniques et financiers.

UNE PEUR ABSURDE :

La Journée mondiale des lépreux est non seulement une occasion de mobilisation contre cette maladie mais aussi un moment de recueillement et de reconnaissance à l’endroit du « vagabond de la charité » que fut Raoul Follereau qui a porté au pinacle le combat contre la lèpre. L’événement est célébré chaque année dans 137 pays à travers le monde. L’esprit qui le sous-tend est de faire en sorte que les malades de la lèpre soient traités comme les autres malades et surtout de « guérir » les bien portants de la peur absurde qu’ils ont de cette maladie. On n’oublie pas évidemment ceux qui en sont atteints.

Dans un passé encore récent, la lèpre était un grand problème de santé publique. Heureusement, il est sous contrôle dans notre pays. Cela est le résultat des multiples efforts déployés par les pouvoirs publics, les partenaires au développement et le personnel socio-sanitaire. Au regard de l’évolution de la situation, l’espoir est permis quant à l’élimination totale de la maladie dans notre pays. En effet, le Mali affiche 0,32 cas pour 100 000 habitants. L’Organisation mondiale de la santé fixe le seuil d’élimination de la lèpre à moins d’un cas pour 100 000 habitants. Le compte est donc plus que bon.

Mais au delà de ces résultats probants, notre pays peut se prévaloir d’autres acquis comme la mise en synergie de différentes actions de lutte contre la lèpre et contre toutes les formes de la maladie. Les différents intervenants en la matière inscrivent leurs actions dans une vision globale de solidarité avec les malades.

Ces acquis encouragent à maintenir le cap sur l’œuvre entamée par Raoul Follereau qui fut un modèle d’engagement contre la lèpre et toutes les formes de lèpre. Le président de l’Union malienne qui porte le nom de cet humaniste a rappelé l’engagement du président Amadou Toumani Touré pour la cause des victimes de la lèpre. La présence constante du chef de l’Etat au cérémonies annuelles contribue à la mobilisation sociale et à l’éveil des consciences pour briser « les barrières d’exclusion et faire du lépreux un homme à part entière, un citoyen comme les autres dans un Mali de solidarité, d’amour et de partage », a commenté Goulou Moussa Traoré, le président de l’Union malienne Raoul Follereau.

Dans sa stratégie de lutte contre la lèpre, l’État multiplie depuis des années, les initiatives pour le dépistage précoce de la maladie et la prise en charge des personnes qui en souffrent.

Le porte-parole des anciens malades et handicapés de la lèpre, Mamadou Coulibaly a témoigné de la reconnaissance de ses compagnons d’infortune au président de la République.

La Journée mondiale des lépreux est une fête d’amour et de solidarité qui consacre une tradition bien établie depuis des années. Elle offre l’opportunité de mesurer les progrès réalisés dans la lutte contre la lèpre.

Le président de la Fondation Raoul Follereau, Michel Recipon a expliqué que la compétence du personnel, l’efficacité des méthodes et la qualité du traitement sont nécessaires pour guérir les malades de la lèpre. Il a assuré de l’engagement de la fondation qu’il dirige à soutenir techniquement et financièrement le Programme national de lutte contre la lèpre.

EXCLUSION, PAUVRETE ET MENDICITE :

De son côté, le ministre de la Santé, Oumar Ibrahima Touré, a peint le tableau épidémiologique de la maladie au Mali. Il a relevé que la lèpre n’est plus depuis 2001, un problème de santé publique dans le pays qui a enregistré, 659 cas au 4è trimestre de la même année. Pour un peu plus de 12,5 millions d’âmes aujourd’hui, il a été enregistré en fin décembre dernier, 410 cas de lèpre. Ce qui correspond à une prévalence de 0,32 cas pour 10 000 habitants.

Le ministre de la Santé a cependant précisé que la vigilance reste de mise. Car la persistance de la transmission et les séquelles invalidantes chez les sujets dépistés incitent à ne pas baisser la garde.

La Journée mondiale des lépreux constitue à la fois une occasion pour les malades de partager leurs préoccupations avec les autorités et pour celles-ci de manifester de la solidarité avec les malades.

Le président de la République, Amadou Toumani Touré, a témoigné que la célébration de la Journée mondiale des lépreux reste intimement liée à une bonne partie de sa vie. Il a souligné les avancées faites dans la lutte contre la lèpre dans notre pays. « Quand on parle de lèpre je me sens concerné. J’ai vu la maladie reculer, mais les séquelles sont là. La lèpre est vaincue en tant que telle, mais nous devons nous battre contre toutes les formes de lèpre, notamment l’exclusion, la pauvreté et la mendicité qui en sont les conséquences les plus graves.

Par ailleurs, Amadou Toumani Touré, a rendu hommage à ses prédécesseurs, les présidents Modibo Keïta, Moussa Traoré et Alpha Oumar Konaré, pour avoir toujours présidé les cérémonies de célébration de la Journée mondiale des lépreux.

Le chef de l’Etat a fait don d’un chèque de 3 millions de Fcfa, au jardin d’enfants, les « Moineaux ». Les enfants de cet établissement préscolaire participent activement depuis des années à la Journée.

Une visite de stands où étaient exposés des objets d’art confectionnés par les malades de la lèpre et une signature du livre d’or par le chef de l’État ont mis fin à la cérémonie.

B. DOUMBIA

Essor du 02 mars 2009