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La Journée mondiale des lépreux est célébrée le dernier dimanche du mois de janvier.

C’est dans la bonne tradition que le président de la République, Amadou Toumani Touré a présidé hier au Centre national d’appui à la lutte contre la maladie (CNAM), la célébration de la 55è Journée mondiale de lépreux.

La cérémonie s’est déroulée en présence du Premier ministre, Modibo Sidibé, du président de l’Assemblée nationale, Dioncounda Traoré, de membres du gouvernement, des présidents des autres institutions de la République et des représentants du corps diplomatique.

La Journée mondiale des lépreux est célébrée le dernier dimanche du mois de janvier. Mais c’est pour des raisons de calendrier que notre pays a fixé sa propre date pour cet acte de solidarité en faveur des malades de la lèpre.
Raoul Follereau surnommé « le vagabond de la charité« , aurait découvert pour la première fois la lèpre dans notre pays, à Gao. La présence à la cérémonie du vice-président de la Fondation française Raoul Follereau, Pierre Ives Thiebault qui a servi dans cette région dans le cadre de la lutte contre les grandes endémies était donc chargée de symboles. Il représentait le président de la Fondation, Michel Récipon retenu cette année dans son pays pour des raisons sociales.

En fait, la célébration de la Journée mondiale des lépreux est un devoir de mémoire et de reconnaissance envers Follereau. Cet humaniste convaincu a consacré sa vie à la lutte contre la lèpre sous toutes ses formes. Son œuvre est aujourd’hui soutenue par des hommes et des femmes déterminés à éradiquer le bacille de Hansen (l’agent de la lèpre).

Au Mali la lutte contre la maladie en général et la lèpre en particulier connut aux premières de l’Indépendance, des difficultés liées à l’inaccessibilité géographique et financière aux soins de santé primaires pour plus de 70% de nos concitoyens. Dans les années 1960, l’on dénombrait plus de 4 cas de lèpre pour 10.000 habitants. Cette prévalence culminait parfois à 10 cas pour 10.000 habitants dans certains districts sanitaires.

INITIATIVES ET LES STRATEGIES ORIGINALES

Aujourd’hui grâce aux efforts soutenus déployés par le CNAM (ex-Institut Marchoux), le Programme national de lutte contre la lèpre en collaboration avec l’Union malienne Raoul Follereau et l’Association française Raoul Follereau, la maladie a fortement reculé. Les initiatives et les stratégies originales sont multipliées pour le dépistage et la prise en charge des malades. A cause de son caractère social, le traitement est gratuit dans notre pays.

Selon les statistiques du ministère de la Santé, dans les 785 centres de santé communautaire (CSCOM) fonctionnels, les médicaments contre la lèpre sont disponibles et gratuits. L’extension de la couverture géographique a permis d’aller au plus près des malades. C’est-à-dire que le dépistage et le traitement de la lèpre ont été rapprochés des communautés éloignées ou enclavées. Et il est heureux de constater que les malades de la lèpre ne sont plus considérés comme des « pestiférés« , relégués au ban de la société.

Le pays dispose d’un potentiel important en matière de prise en charge de la maladie, en ce qui concerne le diagnostic et le traitement. Chaque district sanitaire dispose de personnel capable de poser le diagnostic de la lèpre et d’accompagner les victimes de la pathologie.
Le ministre de la Santé, Oumar Ibrahim Touré a révélé qu’à la fin du 4è trimestre de l’année dernière, il a été enregistré dans nos établissements sanitaires publics, 439 cas de lèpre pour plus de 12 millions d’habitants. Ainsi de plus de 4 cas pour 10.000 habitants dans le temps, notre enregistre aujourd’hui 0,36 cas pour le même nombre d’habitants.

C’est dire que le principal objectif que s’était fixé le Programme national de lutte contre la lèpre a largement été atteint, à savoir réduire le taux de prévalence à moins d’un cas pour 10.000 habitants.

Autre constat réconfortant : l’épineuse question de la gestion des terrains mis à la disposition des malades est en passe de trouver une solution définitive. Le président de l’Union malienne Raoul Follereau (UMRF), Goulou Moussa Traoré a révélé à ce propos qu’une commission de gestion des problèmes domaniaux a été créée. Elle est présidée par Abdel Kader Traoré, directeur du CNAM. Dix-neuf hectares ont été affectés pour le recasement des malades de la lèpre à Kalanbambougou et 5 autres à Djicoroni-Para.

DES POCHES DE RESISTANCE

Le président de l’UMRF Pierre Ives Thiebault a souligné la fragilité des résultats acquis dans la lutte contre la lèpre dans notre pays. En effet, il existe encore selon lui des poches de résistance où le taux de prévalence reste élevé. Ives Thiebault a rappelé que la Fondation française Raoul Follereau mène ses activités grâce à la générosité de donateurs en France.

Les malades blanchis de la lèpre par la voix de leur porte-parole, Mamadou Coulibaly, ont témoigné de leur reconnaissance à l’endroit des autorités pour la solidarité et l’assistance dont ils ont toujours bénéficié. Parmi les actions initiées, il a mis l’accent sur les activités génératrices de revenus en faveur des malades et les projets de réinsertion sociale.

Le président de la République qui est un familier des malades de la lèpre (pour avoir dirigé la compagnie des commandos parachutistes pendant de longues années) s’est félicité des résultats probants obtenus par notre pays dans la lutte contre la maladie. « J’ai vu la lèpre reculer de 1972 à maintenant. J’ai vu des hommes engagés pour la cause, notamment Raoul Follereau, André et Michel Récipon, le doyen Ali Cissé (ndlr : ancien président de l’Union malienne Raoul Follereau) et d’autres. Nous prenons l’engagement d’annoncer 0 cas dans les années à venir« , a promis Amadou Toumani Touré qui a précisé que même si la lèpre disparaît physiquement, il y a les anciens malades dont il nous faut être toujours solidaires.

Il a réaffirmé le devoir de solidarité que chacun a envers les lépreux. « Une partie de ma vie a été consacrée à la lutte contre la lèpre« , a rappelé le chef de l’État.

La cérémonie a été marquée aussi par les prestations de l’Ensemble instrumental Raoul Follereau, le ballet des enfants de l’Institut Marchoux et la visite de stands d’exposition.

B. DOUMBIA

Journée mondiale des lépreux : SOLIDARITÉ CONCRÈTE

Notre pays a célébré hier la 55è Journée mondiale des lépreux (voir article ci-contre).

L’opérateur de téléphonie mobile Orange-Mali a participé généreusement à cette célébration en offrant 10 boeufs et 250.000 Fcfa à l’Union malienne Raoul Follerau (UMRF).
La cérémonie de remise du don s’est déroulée vendredi dans les locaux de l’UMRF en présence de Goulou Moussa Traoré, le président de l’Union malienne Raoul Follerau, de Mme Coulibaly Adiaratou Camara, chef de service à la Fondation Orange-Mali et des responsables de la Fondation Raoul Follerau.

Le président de l’UMRF, Goulou Moussa Traoré, a remercié le donateur pour son accompagnement en faveur de l’épanouissement, l’émancipation et la réinsertion socio-économique des malades, anciens malades et handicapés de la lèpre. Cet accompagnement, a-t-il noté, s’inscrit en droite ligne de la pensée de Raoul Follerau qui jugeait qu' »on est jamais seul quand on garde un rêve à poursuivre« .

Pour Mme Coulibaly Adiaratou Camara, le geste traduit la volonté de Orange-Mali de rester une entreprise citoyenne soucieuse du bien-être des populations. C’est dans cet esprit que la fondation a entrepris depuis 2005 une initiative originale en direction des personnes âgées : des consultations ophtalmologiques gratuites avec interventions chirurgicales, à Bamako et à l’intérieur du pays.

Elle a aussi rappelé l’octroi d’un scanner numérique à l’hôpital Gabriel Touré. Toutes ces oeuvres prouvent l’existence d’une réelle synergie d’action entre le secteur privé et l’État dans la lutte contre la pauvreté et pour l’amélioration des conditions de vie des populations, a jugé Mme Coulibaly Adiaratou Camara.

L. DIARRA – L’Essor

17 Mars 2008.