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Le 5 octobre, les enseignants du monde entier ont célébré le 41e anniversaire de la Journée de l’enseignant. Au Mali, l’événement n’est pas passé inaperçu pour le monde des enseignants. La Fédération de l’éducation nationale (Fen) en a profité pour informer l’opinion nationale des préoccupations de ses militants et en même temps décortiquer les insuffisances du système éducatif. Elle appelle les enseignants à maintenir le cap de la mobilisation.

« Le déroulement d’une année normale dépendra en grande partie de la satisfaction de certains points de nos revendications » . Ces propos du secrétaire général de la Fen, Youssouf Ganaba, à l’occasion de la Journée de l’enseignant en dit long sur la détermination de ce syndicat à faire aboutir ses revendications à la rentrée prochaine.

Accompagné des membres de son bureau, M. Ganaba, qui était face à la presse vendredi dernier, a dépeint le sombre tableau de l’école malienne et donné d’amples explications sur les revendications déposées sur la table du gouvernement. Ces revendications contenues dans un document se résument en dix points. Il s’agit, selon le conférencier, de la finalisation de la relecture de la convention collective de l’enseignement catholique, la révision à la hausse des primes et indemnités liées aux examens, la levée des obstacles juridiques concernant les enseignants contractuels…

Youssouf Ganaba, qui n’entend pas se laisser tourner en bourrique, revendique aussi l’alignement de la grille des contractuels sur celle des fonctionnaires, l’octroi des primes de logement à tous les enseignants, la mise sur place du Conseil supérieur de l’éducation, l’organisation régulière et la proclamation dans les meilleurs délais des contrôles pédagogiques et du concours d’agrégation dans l’enseignement secondaire…

« Nous attendons que les classes soient ouvertes pour faire connaître ces points aux autorités » . Il a lancé un appel à tous les militants de rester mobilisé pour la cause du syndicat. Pour M. Ganaba, les préoccupations syndicales de la Fen sont axées sur l’atteinte des objectifs que la nation malienne s’est fixée en matière d’éducation ; objectifs, à ses dires, définis dans la loi n° 99-046 du 28 décembre 1999 portant loi d’orientation de l’école.

« Nous n’avons pas pour objet de nous étendre sur tous les objectifs de la nation en matière d’éducation, mais nous nous attarderons sur l’article 11 de la loi qui stipule que le système éducatif malien doit former un citoyen patriote et bâtisseur… » .

A ses dires, l’atteinte de cet objectif passe par le retrait de l’école des programmes d’ajustements structurels (Pas) dont les conséquences sont incalculables pour le système éducatif malien. Parmi celles-ci, il a cité la transformation de l’école en boutique de commerce en train de prendre des proportions dangereuses devant le constat d’absence du rôle de régularisation de l’Etat qui reste sourd à l’appel de la Fen, notamment au sujet de la création du Conseil supérieur de l’éducation.

Se prononçant en son nom sur l’éclatement du ministère de l’Education en deux entités, M. Ganaba a indiqué que cette scission ne peut résoudre les problèmes de l’école malienne. « Il faut une bonne politique éducative et un engagement patriotique de tous les acteurs du système éducatif pour qu’on puisse voir le bout du tunnel » , a-t-il suggéré. Si les autorités affirment que la rentrée s’est déroulée sans problème majeur, M. Ganaba a mis un bémol, estimant qu’elle a été précipitée au regard des problèmes auxquels sont confrontés tous les ordres d’enseignements. « Il ne s’agit pas de dire qu’il y a rentrée, une rentrée doit préparer la fin d’une année » .

Le secrétaire général de la Fen, après avoir condamné l’incarcération de leur collègue, Bassirou Minta dans l’affaire de « La maîtresse du président » , a exigé que M. Minta soit réhabilité parce que, expliquera-t-il, la justice ne doit pas s’immiscer dans les affaires qui relèvent du conseil de discipline de l’école.


Amadou Sidibé

Liste des étudiants emprisonnés

Moussa Yacouba Sanogo , 5e année médecine, SG comité AEEM, 2 ans de prison ferme

Yamoussa Karabenta : 4e année médecine, SG adjoint AEEM, 2 ans de prison ferme

Salif Koné : 5e année médecine, secrétaire aux revendications AEEM, 2 ans de prison ferme

Moussa Sambou Dembélé : 5e année médecine, secrétaire à l’organisation, 2 ans de prison

Bourema Dembélé : 5e année médecine, secrétaire aux relations extérieures adjoint, 2 ans

Amadou Koné , 6e année médecine, responsable de classe, 18 mois de prison ferme

Sekou Yattara : 1re année médecine, responsable de classe, 18 mois ferme

Basséré Magassa : 5e année médecine, 18 mois ferme

Chaka Kéita : Coordinateur national des faisant fonction d’interne, 2 ans ferme

08 octobre 2007.