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La cérémonie était présidée par le chef de l’État, Amadou Toumani Touré. Rien ne saurait justifier la résurgence d’un mal contre lequel des remèdes efficaces sont disponibles. Elle forme avec le sida un duo infernal.

La tuberculose, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, est une de ces maladies opportunistes qui profitent largement de l’existence du Vih. Problème de santé publique, la tuberculose a été déclarée urgence mondiale il y a dizaine d’années. À juste raison car l’on assiste à une résurgence de la maladie surtout dans les pays africains.

La situation est telle qu’elle nécessite une mobilisation générale. C’est dans cet esprit que la journée du 24 mars a été déclarée Journée mondiale de lutte contre la tuberculose. Les activités de la célébration de cette année ont été décalées dans notre pays pour des raisons d’agenda politique.

C’est finalement hier que la journée a été fêtée. La cérémonie était présidée par le chef de l’État, Amadou Toumani Touré. Elle s’est déroulée en présence des membres du gouvernement, des élus de la nation, des responsables d’organisations internationales et de nombreux invités de marque.

Les statistiques indiquent que l’Afrique compte 25% de toutes les formes de tuberculose alors qu’elle ne représente que 11% de la population mondiale. La maladie est par ailleurs responsable de 26% des décès évitables dans la tranche d’âge des 15 à 59 ans avec plus de 2 millions de décès par an. Près de 98% de ces décès surviennent dans les pays en développement.

Dans le cas spécifique de notre pays, la maladie est assez répandue. Par exemple rien qu’en 2007, 32 000 cas de tuberculose toutes formes confondues étaient attendus, dont 16 000 cas de tuberculose pulmonaire contagieuse.
Mais sur ces estimations, 3 781 cas de tuberculose à microscopie positive (la forme la plus contagieuse), 392 cas de tuberculose pulmonaire à microscopie négative et 667 cas de tuberculose extra-pulmonaire ont été dépistés.

Comme pour d’autres maladies contagieuses, la lutte contre la tuberculose nécessite un engagement collectif. D’où le choix du thème de la journée de cette année : « Je m’engage. Halte à la tuberculose !« . En d’autres termes, il est demandé à chacun de s’impliquer personnellement.

Des avancées notables sont enregistrées au Mali dans la lutte contre la maladie. La création d’un Programme national de lutte contre la tuberculose (PNLT) est la manifestation de la volonté politique de circonscrire le fléau. Ce programme s’attache à développer des stratégies efficaces de dépistage et une meilleure prise en charge des malades.

Bon an, mal an, l’État débloque plus de 200 millions Fcfa rien que pour l’achat de médicaments antituberculeux qui sont gratuitement fournis aux malades. Il convient de préciser à ce propos que la tuberculose est classée dans la catégories des maladies sociales dont le traitement est gratuit sur toute l’étendue du territoire national.

A la cérémonie d’hier, le président du Comité antituberculeux du Mali (CAM), le Pr Isaack Mamby Touré a jugé scandaleux qu’une vieille maladie dont le bacille a été découvert en 1882 et contre lequel il existe un vaccin, fasse encore autant de victimes dans le monde.

Le rapport 2007 de l’Organisation mondiale de la santé relève un ralentissement dans les progrès contre la tuberculose, confirmant ainsi une résurgence du mal. Il existe pourtant aujourd’hui une arme efficace contre le bacille de Koch (du nom du biologiste allemand Robert Koch qui a découvert ce microbe en 1882). Il s’agit de la stratégie dite DOTS (traitement sous observation directe). Ce mode de traitement a été largement vulgarisé par l’OMS dans les pays africains.

Le ministre de la santé, Oumar Ibrahim Touré, confirmera que la stratégie DOTS a fait ses preuves et que 980 agents de santé des secteurs privé et communautaire ont été déjà formés à cette stratégie. Évoquant toujours des efforts déployés par l’État, il a noté le recyclage de techniciens de laboratoire, la supervision et le monitorage des activités de lutte contre la tuberculose.

Le ministre a assuré que la lutte contre la tuberculose intègre les priorités gouvernementales. Les résultats obtenus ont d’ailleurs valu à notre pays d’être choisi pour la réalisation d’une étude sur la prévalence de la maladie dans la sous-région, a-t-il relevé.

Le président de la République, Amadou Toumani Touré a réitéré l’engagement des pouvoirs publics d’éliminer la maladie. « Je réaffirme que tous les efforts seront déployés pour stopper la tuberculose« , a-t-il assuré, avant se réjouir du choix porté sur le Mali pour la réalisation de l’étude mentionné par le ministre.

« Nous devons les succès enregistrés aux efforts conjugués avec les partenaires et au dévouement du personnel socio-sanitaire. Nous arrêterons la tuberculose !« , a-t-il promis en adressant une mention spéciale au centre de santé de référence (Csref) de Gao qui a été primé à l’occasion de la Journée, pour ses efforts dans la lutte contre la tuberculose.

Les centres des Communes I et VI du district de Bamako ont également reçu des distinctions. D’autres récompenses individuelles et des prix d’encouragement ont été décernés.

B. DOUMBIA

L’Essor du 11 avril 2008.