Partager

jpg_une-78.jpgA l’instar du reste de la communauté internationale, notre pays a célébré hier, la Journée mondiale de lutte contre le sida. Une journée qui consacre également le lancement des activités du mois de la lutte contre la pandémie.

La cérémonie solennelle était présidée par le président de la République, Amadou Toumani Touré. Beaucoup d’autres personnalités étaient présentes dont le Premier ministre Modibo Sidibé, les membres du gouvernement et des institutions de la République.

La lutte contre la pandémie du sida qui constitue une menace grave pour le développement, est un devoir de génération. Aujourd’hui, il est admis que les efforts doivent surtout porter sur la prévention. A cet effet, des programmes et stratégies de lutte contre le fléau, sont mis en œuvre dans nos pays avec le soutien précieux des partenaires techniques et financiers. Il faut dire que la maîtrise de cette pandémie à l’échelle planétaire, est une exigence de développement. Ceux qui ont le plus de moyens, c’est-à-dire, les pays du Nord, doivent accompagner ceux du Sud.

Plus probable et plus efficace

Le thème de cette année est « leadership : le dépistage volontaire du VIH pour tous, maintenant et partout au Mali ». Ce thème a été justement choisi pour mettre l’accent sur la prévention. Il s’agit de créer le réflexe du dépistage volontaire chez nos compatriotes étant donné que le traitement aux antirétroviraux (ARV) est disponible et gratuit pour toutes les personnes vivant avec le sida.

A ce propos, l’on ne se lassera pas de dire que notre pays a effectué des progrès remarquables en matière de prise en charge des personnes infectées au Vih/Sida. On peut citer entre autres initiatives, la gratuité des ARV pour toutes les personnes vivant avec le VIH/Sida, les textes portant protection des personnes vivant avec le virus de la maladie.

Le secrétaire exécutif du Haut conseil national de lutte contre le sida (HCNLS), Malick Sène, a relevé que si l’urgence était d’accorder les soins à tous les malades, le plus important reste la prévention. Malick Sène a fait un exposé sur l’évolution de la lutte contre le sida au Mali qui passe pour être un des pays ayant le meilleur taux de couverture en terme de soins pour les personnes vivant avec le sida avec plus de 77% de personnes infectées sous ARV.

L’intervention du secrétaire exécutif du HCNLS a été suivie de celle du président du Réseau malien des associations de personnes vivant avec le VIH/Sida (RMAP+), Modibo Kané, qui a témoigné de la reconnaissance des malades aux plus hautes autorités pour les efforts déployés en leur faveur. Pour lui, le défi de la stigmatisation et de la discrimination des personnes infectées et affectées par le Vih, reste cependant à relever. Il a déploré ces attitudes qui, de son point de vue, peuvent selon mettre en cause les acquis.

Le coordinateur résident du Système des Nations unies au Mali, Joseph Byll Cataria, a précisé qu’il y a 7 ans, tous les États membres de l’ONU, ont franchi un pas important en adoptant la déclaration d’engagement sur le Vih/Sida (UNGASS) où étaient énoncés des objectifs précis, ambitieux et assortis de délais d’exécution. Evoquant le cas précis du Mali, il a noté les grands progrès réalisés par notre pays. Cela, grâce au leadership du chef de l’État, Amadou Toumani Touré, et de son épouse.
Le coordinateur résident du Système des Nations unies au Mali a réaffirmé le soutien des partenaires techniques et financiers à la lutte contre le sida. Les campagnes d’information et de sensibilisation ainsi que la forte mobilisation de la communauté entière ont abouti, constatera-t-il, aux brillants résultats enregistrés en matière de lutte contre la pandémie.

De son côté, le ministre de la Santé, Oumar Ibrahima Touré a insisté sur la prévention dans le cadre d’une réponse complète. Il a reconnu que la prévention rend le coût du traitement plus abordable et plus efficace. L’association de la prévention et du traitement a le meilleur impact sur la propagation du virus, a souligné le ministre Touré.

En terme de conseil et dépistage, les chiffres disponibles montrent que les services de conseil sont assurés par 85 centres de conseil-dépistage volontaire dont la gestion relève de la société civile. Ce service intègre le paquet minimum d’activités dans certains centres de santé communautaire (Cscom). La prise en charge des cas est aussi une réalité. Environ 21 640 patients, soit 77% des personnes vivant avec le Vih/sida, sont sous traitement ARV.

Une belle leçon

Le chef de l’État Amadou Toumani Touré a avoué qu’il y a quelques années, lors de chaque Journée mondiale de lutte contre le sida, il se posait beaucoup de questions sur le sort des personnes vivant avec la maladie, car le traitement n’était pas très disponible. Aujourd’hui, le désespoir s’est effacé au profit de l’espoir.
L’Afrique est considérée comme le continent où il y a le plus grand nombre de malades, a souligné Amadou Toumani Touré avant de revenir sur les progrès accomplis dans notre pays où le taux de prévalence est passé de 1,7 à 1,3%.

Pour le président de la République si ces résultats constituent un motif de fierté, la lutte contre le Vih/Sida n’est pas encore gagnée. Pour la gagner, il nous faudra encore remporter quelques batailles. Le chef de l’Etat a appelé à poursuivre la mobilisation et à rester vigilant. Il a rendu hommage aux les associations de personnes vivant avec le Vih/Sida pour avoir eu le courage de s’assumer. « Cela a été la plus belle leçon », a-t-il dit, en relevant qu’il s’agit là de la meilleure campagne sensibilisation.

Amadou Toumani Touré a aussi félicité le secrétaire exécutif du HCNLS et son équipe pour le travail qu’ils abattent dans la lutte contre le sida. Le chef de l’Etat a un autre motif de satisfaction : notre compatriote Michel Sidibé vient d’être nommé directeur exécutif de l’Onusida. Jusqu’à présent, il occupait le poste d’adjoint au sein de cette organisation.
Au niveau mondial, les tendances dans la lutte contre le sida sont encourageantes. Le nombre de personnes infectées est en baisse. Ainsi de 43 millions de personnes en 2004, on est passé à 33 millions de personnes en 2007. Ce fléchissement dénote des progrès réels dans la lutte contre le fléau. Ces progrès sont visibles dans notre pays où les pouvoirs publics ont décidé de rendre les médicaments disponibles pour tous les malades et partout. Comme aime le dire le chef de l’Etat, désormais ce sont les médicaments qui vont aux malades et non l’inverse.

B. DOUMBIA

02 décembre 2008