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Le Mali à l’instar de la communauté internationale a célébré vendredi 1er décembre, la journée mondiale de lutte contre le sida avec comme thème cette année : « Tenons nos promesses, accélérons la prévention ».

La célébration de l’événement a eu lieu sous la présidence du chef de l’état, Amadou Toumani Touré, à Kalabancoura-extension, précisément au Parc des expositions (le site de la Febak).

Etaient également présents, le Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga, membres du gouvernement, chefs des missions diplomatiques, représentants des organisations internationales, et responsables des structures et associations engagées dans le combat contre la maladie.

De même, la journée à été mise à profit, pour procéder au lancement de la campagne nationale de lutte contre la pandémie.

Un sinistre tableau de la situation épidémiologique est dépeint par l’Onusida :

Selon les statistiques de l’Organisme onusien, 40 millions de personnes sont atteintes du virus de la pandémie à travers le monde dont plus de 24 millions en Afrique subsaharienne.

De l’apparition de la maladie en 1980 à nos jours, environ 50 millions d’Africains ont été infectés et 22 millions en sont décédés.

Selon le système des Nations unies, l’on assiste à une recrudescence de la mortalité infantile liée à la maladie. Ainsi, à cause de la maladie, l’espérance de vie dans certains pays est tombée à 32 ans.
Aussi pour contrer ce fléau, un renforcement de la prévention s’avère nécessaire. Cette dernière doit se faire à travers des actions et stratégies d’intervention.
Cette réalité est bien perçue dans notre pays qui a accompli de gros efforts dans la lutte contre le sida.
Le premier cas de sida a été découvert au Mali en 1985. Selon l’enquête démographique et de santé (EDS III), le Mali, avec un taux de prévalence de 1,7%, figure parmi les États africains les moins touchés. Cependant, ce taux ne doit pas nous faire baisser la garde, au contraire, il doit nous inciter à redoubler d’efforts dans la prévention.
Certains pays d’Afrique australe qui avaient des taux de prévalence moins élevés, il y a quelques années, sont aujourd’hui ravagés par la maladie, car ils n’ont pas pu se doter de stratégies efficaces de prévention.
Aussi, nos pays doivent donc accélérer la prévention conformément aux orientations du 55è comité régional de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour l’Afrique tenu en août 2005 à Maputo.

Depuis la découverte du premier cas en 1985, pouvoirs publics et autres acteurs concernés se donnent la main pour atténuer les conséquences dramatiques de la maladie à défaut de les circonscrire définitivement.

C’est ainsi, que parmi les actions entreprises par nos dirigeants dans la lutte contre le sida, figure en bonne place, la mise en œuvre d’un Plan stratégique national de lutte contre le fléau qui couvrait la période 2001-2005.

Cette année, un Cadre stratégique national qui s’étendra sur les quatre prochaines années a été élaboré.

En 2004, la gratuité des antirétroviraux pour les personnes vivant avec le Vih-sida a été instaurée par les autorités. Aujourd’hui plus de 8000 personnes atteintes de la maladie sont sous traitement antirétroviral parmi lesquelles environ 6000 sont régulièrement suivies.

Selon le rapport du Haut conseil national de lutte contre le sida (HCNLS), la vision stratégique du Mali en la matière, est celle d’une nation engagée et volontaire, acceptant de voir la réalité en face et de l’affronter avec courage et détermination. La lutte contre cette maladie requiert la collaboration de tous : des secteurs public et privé, de la société civile, ainsi que des partenaires au développement.

Mme Oumou Diarra du Réseau malien des personnes vivant avec le sida (RMAP+) a, au nom des autres malades, pris l’engagement que les personnes infectées feront tout pour ne pas contaminer des personnes saines.

Rappel a été fait par Joseph Bill Cataria, coordinateur du Système des Nations unies, du caractère sournois de la pandémie. Le sida, a indiqué Mr Cataria, constitue un véritable problème de santé publique et de développement dans nos pays. Les couches vulnérables, notamment les femmes et les enfants, sont les plus exposées à la maladie.

Quant au représentant de l’OMS au Mali, le médecin colonel Lamine Cissé Sarr, lui a souligné que le sida se féminise de plus en plus. Chaque jour, 6000 jeunes de 15 à 24 ans en majorité des jeunes filles d’Afrique subsaharienne, sont infectés par le Vih.

Pour la ministre de la Santé, Mme Maïga Zeïnab Mint Youba, dans le domaine de la prévention de la transmission mère enfant (PTME), actuellement, les services sont offerts dans toutes les régions et dans le district de Bamako.

Le nombre de sites PTME est passé en 2005 de 59 contre 78 cette année.

Les centres de conseil et de dépistage volontaire sont passés de 26 en 2005 contre 37 cette année.

Tout en saluant les efforts du gouvernement, du département de la Santé et du HCNLS dans le cadre de la prévention et de la prise en charge des cas, le président Touré a souligné que les actions importantes ont été accomplies en ce sens, comme la disponibilité des médicaments pour les malades.

En effet, des dépôts de médicaments sont disponibles dans les régions pour ravitailler les malades et le président Touré a rappelé à plusieurs fois, que les médicaments doivent aller aux malades.

De même, le chef de l’état, a estimé qu’il était important de manifester de la solidarité aux orphelins du sida et à toute autre personne vivant avec le virus de la maladie.

Durant la cérémonie, une prestation artistique très émouvante d’enfants infectés et affectés par le sida a eu lieu.
Une visite de plus d’une heure des stands où étaient exposés divers supports pour la prévention de la maladie par le président de la république, a mis fin à la cérémonie.

04 décembre 2006.